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Le maire et la mondialisation |
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Michel Pinton, maire de Felletin depuis 1995 nous a adressé son dernier ouvrage paru en juin 2007 : Le maire et la mondialisation. Editions F-X de Guibert, collection : combat pour la liberté de l’esprit, 225 pages.
Dans les cent premières pages, il nous livre son analyse du fonctionnement de la classe politique française dans la perspective d’une mondialisation idéalisée, c’est à dire ouverte à la liberté de circulation des marchandises, des capitaux et des hommes. A partir de son expérience de co-fondateur de l’Union pour la Démocratie Française en 1978 et d’élu au parlement européen en 1989 il montre avec rigueur et en homme du sérail comment cette classe
dirigeante s’est investie dans l’omnipotence de l’Etat. Un Etat providence et protecteur de l’individu au mépris de toute liberté et responsabilité citoyenne. Son diagnostic sévère et quelque peu pessimiste met en évidence les exaspérations et les tensions persistantes entre une «France d’en haut» et une «France d’en bas». A les maintenir c’est prendre
le risque d’ébranler les fondements de notre démocratie.
Dans sa seconde partie, fort des acquis de ses deux mandats de maire à Felletin il prend de la distance vis à vis de cette élite politique et parisienne. A la lumière du particularisme limousin et à l’heure de la décentralisation il esquisse quelques jalons pour la réorganisation du tissu politique français face aux défis de la mondialisation.
Si l’auteur prend soin de nous définir la caste dirigeante comme «tous ceux qui par l’argent, les relations ou le savoir occupent les premiers rangs de la société» il cible plus particulièrement le personnel politique. Mais il demeure curieusement silencieux sur le pouvoir exorbitant qu’exercent les forces économiques dans la sphère du politique et l’inflexion qu’elles donnent à la concurrence acharnée qui est au principe de leur mondialisation.
De même qu’il reste trop vague dans son approche de la France d’en bas. La souveraineté populaire ne se limite pas au suffrage universel. D’autres forces et bien des organisations contribuent sous divers registres à promouvoir et mobiliser la responsabilité citoyenne.
En bonnes feuilles IPNS a retenu l’importance que Michel Pinton accorde à l’organisation associative dans l’éducation à la liberté citoyenne.
“La vie felletinoise ne serait pas ce qu’elle est sans l’activité de ses associations”
Face à l’Etat envahissant, les citoyens sont très faibles par eux-mêmes. Ils tombent dans l’impuissance et le désintérêt s’ils n’apprennent pas à s’aider librement. L’institution associative est indispensable à la pérennité de la démocratie. La vie felletinoise ne serait pas ce qu’elle est sans l’activité de ses associations.
L’accueil des touristes aussi bien que l’aide aux personnes âgées, les loisirs offerts aux enfants et les randonnées pédestres sur le territoire communal ne sont pas, chez nous, assurés par la mairie. Des bénévoles en ont pris la responsabilité. Il ne suffit pas, pour nous, que les individus se regroupent pour pratiquer ensemble un sport ou une occupation utiles à eux-mêmes. Nous voulons en plus que les citoyens manifestent leur solidarité avec ceux qui en ont besoin. La municipalité veille à faire naître et encourager les initiatives de cette nature. Jamais notre attente n’a été déçue.
Mais ce qui est naturel à d’autres sociétés, comme celle des Etats-Unis, ne va pas de soi chez nous. Notre classe dirigeante est chargée d’une lourde hérédité. La liberté d’association fut absente de la déclaration des droits de l’homme de 1789. Elle fut réprimée par le code civil de 1805. Au XIX° siècle, tout groupe organisé fut suspect à l’Etat. A peine quelques lueurs - en 1791 puis en 1848 – montrent que l’idée cheminait souterrainement. En 1901, enfin la loi reconnaît la liberté d’association, mais la limite aussitôt par des restrictions partisanes destinées à briser l’élan des congrégations religieuses. Un siècle plus tard, les textes n’ont guère changé. Notre classe dirigeante ne s’y intéresse pas. Elle a tort. Notre époque a des aspirations et des besoins dont les ancêtres n’avaient même pas l’idée. Le cadre légal dans lequel les associations doivent entrer, est devenu à la fois désuet et vague. Il brime un élan citoyen sans lequel l’Etat ne fera pas bouger la société française.
Toutes les associations ne sont pas également utiles. Toutes ne méritent donc pas le même soutien des pouvoirs publics. A Felletin comme partout en France, elles sont nombreuses à demander une aide financière au Conseil Municipal. Le critère qui guide la sollicitude des élus, c’est leur efficacité concrète dans l’action sociale, telle que chacun peut la voir et la toucher. Nous avons une résistance instinctive à subventionner les grandes organisations nationales, même si l’Etat leur a accordé la qualité d’utilité publique, parce qu’elles sont souvent entraînées à devenir son image, c’est à dire lourdement bureaucratiques, plus enclines à attendre qu’on aille les solliciter qu’à venir au devant des hommes. Nos clubs sportifs, les regroupements de personnes âgées, les réunions d’anciens combattants ne soulèvent pas d’hésitations. Ils sont animés par des bénévoles que chacun connaît et apprécie. Ils ont une vocation simple et claire dont l’utilité sociale est évidente. Ils s’abritent sous des fédérations nationales qui garantissent leur sérieux. Dès lors que l’examen de leurs comptes annuels justifie leur demande de subvention,
il y est répondu. Comme notre ville est petite et que chacun sait ce qui s’y passe, il est aisé de vérifier que l’argent accordé est bien utilisé. Au demeurant, il s’agit rarement de sommes importantes. Le budget communal n’en est pas grevé.
Michel Pinton
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