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  • IPNS31
    Juin 2010
    Salut Stéphane !
    Action des Salariés du Secteur Associatif
    Notre forêt pour demain
    2010, année de la Biodiversité
    Le vélo, ça roule même à la montagne
    Etre du Plateau de Millevaches
    François Christin
    Donnons du sens à notre épargne
    A Meymac, la perle de la chiraquie
    Du chanvre à la fête de l'éco-construction
    Festival en herbe
    Sanfourche
  • IPNS30
    Mars 2010
    Les très petites communes ont-elles encore un avenir ?
    Des bestioles qui souffrent du chaud ?
    L’espace Alain Fauriaux
    Uranium : un limousin très enrichi
    Les ambiguïtés du mécénat populaire
    Sur le chemin de soi
    Café installation en agriculture
    BRAVO ! le bio à l’école
    L’Amap des jardins de Celle
    Le Lac de Vassivière : le futur Sentier de Rives
  • IPNS29
    Décembre 2009
    Tarnac, un an après piètre remake
    Un an après, BMS à Meymac
    Co-voiturage, auto-partage
    Mobiles sans l’auto - témoignages
    Demain une révolution ferroviaire
    Un village de l’économie sociale
    Rurale & Glam
    Déchets durables
    Maquisarbres, la pépinière des nouveaux combattants
    Une Société Coopérative d’Intérêt Collectif
  • IPNS28
    Septembre 2009
    On ne transige pas avec le devoir de mémoire
    Paysans - forestiers, retour sur quelques conflits emblématiques
    Ados des villes, ados des champs se reconnaître pour vivre ensemble
    MIAM ou l’auberge espagnole
    Association TeC (Transports en Commun)
    De “la montanha“ au “plateau de Millevaches“ - Petite étude d’un mythe toponymique
    “Entreprendre autrement“ ou quand le PNR de Millevaches encourage une autre vision de l’économie
    Un millier de commis voyageurs du Meymac près Bordeaux
    Joseph Rouffanche
    La mémoire de l’eau
    Les cascades d’Augerolles
  • IPNS27
    Juin 2009
    Tarnac - Consultons nos dossiers aux RG !
    La fin de la Chiraquie - Bristol Myers Squibb
    Innovation sociale ou précarisation
    Les nouveaux contours de l’emploi associatif
    Habiter ensemble ou nettoyer les marginaux?
    L’affaire des yourtes de Bussière Boffy
    Vassivière ... à la dérive
    Les “purins d’ortie et compagnie“en danger
    Sports mécaniques des loisirs innocents ?
    Le temps des cerises - Une épicerie bio itinérante
    L’art en lieux
    L’Arthothèque du Limousin
    Les monuments aux morts du Plateau
  • IPNS26
    Mars 2009
    Brèves Des colères qui grondent
    L’Atelier face à la violence
    Dossier : il court, il court, le circuit court
    Pesticides 4ème et dernier épisode : quelles alternatives ?
    Histoires d’eau et de robinets Dossier Eau - suites
    Face à la crise, pour une économie citoyenne
    409 hectares à réinventer Que faire avec un ancien camp militaire ?
    Le diamant à Felletin Une génération flouée
    Habiter ici un territoire Artistes en liberté
    Menace pour les salariés associatifs La fin de l’exo ZRR ?
    Un photographe au foyer Cédric Martigny
  • IPNS25
    Décembre 2008
    Tarnac : la fabrique du terroriste
    Dossier eau : État de l’eau sur le Plateau
    Assainissement : Doit-on épurer nos standards de modernité ?
    Eau potable : Régie directe ou gestion privée ?
    Le Limousin, laissé pour compte des politiques de gestion de l’eau
    Une peste de plus avec les pesticides, 3éme partie
    Les moutonniers sur la paille
    “La bête du Limousin“, histoire de loups et psychose sociale
    La Pommerie, lieu d’ancrage de l’art contemporain sur le Plateau
    Page écriture, les mots en liberté
    Patrimoine : autour de l’eau
  • IPNS24
    Automne 2008
    Alain Fauriaux - Hommage
    Les désastres de la nucléocratie
    Electricité à partir de la biomasse en Limousin
    Dossier Habitat
    Un “compaillon“ sur le plateau : “Retour sur un cheminement“
    La Millevaches Une nouvelle bière sur le plateau
    Santé et Nucléaire
    Une peste de plus avec les pesticides : 2éme partie
     Ni Dieu ni maîtres toujours ! Entretien
    Le creusois a 40 ans Gastronomie
    La page littéraire Les mots au champ d’honneur
    Patrimoine Le barrage de Monceaux la Virole (Viam)
  • IPNS23
    Juin 2008
    Des histoires de com’
    Ecole rurale Enquête et découvertes autour de la classe unique
    Dossier Municipales
    Installations agricoles Dur dur
    Bonne santé sociale du Limousin - Sur un nouvel indicateur
    Une peste de plus avec les pesticides 1ère partie : les envahisseurs
    La pelleterie à Crocq Histoire
    1917 : les mutins de la Courtine Livres
    Regard subjectif d’un photographe en Creuse
    La page littéraire Les mots au champ d’honneur
    Les ponts planches de St Martin Château Patrimoine
  • IPNS22
    Printemps 2008
    Les bourdes de jean Auclair
    Des médecins en Creuse ? Réponse à Roselyne Bachelot et aux carabins
    PNR : Quel contrat ? Dossier
    L'apéro chez les voisins Bande dessinée
    Comptes et décomptes des oiseaux limousins Entretien
    Via Campesina Globalisons la lutte, globalisons l'espoir
    Ca chauffe du côté des chaudières à bois Remise à l'heure des pendules
    Pas à pas - Association
    Nanterre pas tes rêves ! A afficher partout...
  • IPNS21
    Automne-hiver 2007
    Eoliennes en Limousin Un état des lieux des projets
    Journée mondiale du refus de la misère Initiative
    Eloge de la loi de 1901 Débat
    Les maçons limousins à Lyon (1914-1940) Histoire
    Crustine et Grindella écoutent Mémé... Bande dessinée
    Relocaliser l'agriculture Dossier
    L'agriculture bio en Limousin Dossier
    La mort des abattoirs
    Pour qui roule la SAFER ? L'affaire Stéphane Rozet
    Maudite soit la guerre ! Souvenirs d'un 11 novembre
  • IPNS20
    Eté 2007
    Le maire et la mondialisation / Brève de comptoir
    Le futur Refuge des résistances d'Armand Gatti
    Objecteurs de croissance
    Vasi jeunes a dix ans
    Quartier Rouge à Felletin
    Réinventer des liens de solidarité
    Millevaches, ce pays que j'aime
    Guy Moquet instrumentalisé
    L'homme aux gants Gérard Villain
  • IPNS19
    Printemps 2007
    Comment va le monde ? Lendemain d’élection
    Saines lectures Lu et approuvé
    Trophée de l’accueil, deux ans après Le réseau d’acteur de la Montagne limousine
    L’Epicerie d’Art Collectif d’artisans et de créateurs du Plateau de Millevaches
    Ecoquartiers à Faux la Montagne et à Chavanac
    Des pelleteuses dans les tourbières ? Agriculture et développement
    Menaces sur le rural Actualité
    Roland Cros, Graves gravures Une oeuvre originale
    Facteur de trouble Service public
    Quand la télé-brouette devient télé-vélo
  • IPNS18
    Hiver 2006
    PNR cris et chuchotements Débat
    Entreprendre collectivement Terre de liens - Terrain de vie
    CESAM Coopérative d’entrepreneurs salariés
    La SCI Chemin faisant Initiative
    Transmettre son activité Les héritiers de la DRIC
    DOSADO Cinq jeunes filles et des notes
    Démographie médicale à Felletin
    Projets électricité biomasse en Limousin Suite
    Autour de Marius Vazeilles Grand homme barbu
    Avec l’accent
    Libres plumes Poèmes
  • IPNS17
    Automne 2006
    Bonjour vous n’avez aucun message L’arboretum.
    PNR nouveau désert
    Regards de femmes sur leur vie en Creuse
    Pivoine, un accompagnement à dimension humaine L’association Pivoine.
    Info Limousin Initiative.
    Comme on fait son pain La quète de l’autonomie.
    Croque le plateau Dessins et B.D.
    Les projets électricité biomasse en Limousin Risques et incohérences.
    Libérons les semences Pétition.
    L’art du bref Antoine Coudert raconté par Richard Millet.
    Souvenirs paysans Lu et approuvé.
    A la recherche d’un agent électoral Conte
  • IPNS16
    Eté 2006
    Sans papiers : sans droits ? Ca se passe à côté de chez nous.
    Transport ferroviaire et aménagement du territoire
    “Jo” le fraudeur. Les prouesses de Georges Pérol.
    Faut-il replanter du chanvre ? Initiative agricole.
    Cartes sur tables : les micro luttes en Limousin. Dossier.
    Chemins de Rencontres. Les raisons d’une absence.
    Un Robin des bois limousin. Note de lecture.
    Un curé agitateur. Aux origines de Télé Millevaches.
    Des médias libres. L’Appel de Marseille. Les 20 ans de Télé Millevaches.
    “Deux heures”. Une nouvelle noire de Serge Vacher.
    Les maçons limousins à Lyon au XIXème siècle. Histoires
  • IPNS15
    Printemps 2006
    Brèves de comptoir (et d’ailleurs)
    Les hêtres à terre Débat
    Le printemps des lycéens Echos de la lutte anti CPE
    Quel développement durable pour le Plateau ?
    Des journaux sans journalistes Creuse Citron, L’Herbe folle, le Piaf
    Echos des assises du Limousin
    Bouillie participative Quand la Haute-Vienne consulte ses habitants
    Initiatives / Lutte Mémoire à vif, CESEDA
    Marcelle Delpastre Un itinéraire du local à l’universel
    Hommage à Guingouin Par Armand Gatti
    Perquisition Par Henri Nanot
    Pêches subtiles Pierre Bergounioux
  • IPNS14
    Hiver 2005
    Coups de gueule Sarkosy et France 2 épinglés
    PNR Le vent tourne... contre les éoliennes
    Georges Pérol et le développement durable
    “Le Limousin doit pouvoir se nourrir” Dossier
    Chemin faisant Un tour de France de l’assiette à la terre
    Le marathon des creusois à New York
    Faux-tographies
    Armand Gatti sur le plateau
    Lu et approuvé Lectures et cuisine
    Bienvenue au village ! Théâtre
    Souvenirs de Pigerolles Laurent Bourdelas et Marie-Noëlle Agniau
  • IPNS13
    Automne 2005
    Actualités Accueil / Expulsion / Internet
    Marée brune sur le parc Arrêtez vos cochonneries !
    Charte paysagère de Vassivière Les recommandations de Gilles Clément
    Mets de l’huile L’association Roulons vers...
    Tracer un chemin de paix D’Hiroshima à Gentioux
    L’oeil de Roger Vulliez Photographies du plateau hier et aujourd’hui
    Marcelle Delpastre à fleur de mots Poèmes
    Tourbière de légendes Les légendes du plateau revisitées par Simon Louradour
    La félis felletinoise Naissance d’une bière creusoise
    Au p’tit baz’art Une nouvelle vitrine à Eymoutiers
    Le retour des paysans Bonnes feuilles
    Silence d’usine Quand Aubusson se confie à Wajdi Mouawad
  • IPNS12
    Eté 2005
    Courrier / Lu et approuvé Limoges 1905
    Leader moins Les aléas de Leader +
    Vassivière Entre dialogue et autisme
    Le piège Leçons alpines pour le Limousin
    TNT la télévision numérique terrestre Quels usages, quels contenus ?
    Une coopérative d’emploi et d’activité sur le plateau de Millevaches
    Energies pour demain L’eau et le vent
    Les Mahorais de la Creuse
    Poulidor et les autres Grande saga de la petite reine en Limousin
    Agriculture Regards de jeunes, regards de femmes
     Mille ans qu’elle tourne ! Petite histoire de la vielle à roue
  • IPNS11
    Printemps 2005
    Services publics - Penser rentabilité globale
    Robert Savy, son oeuvre, ses soucis - Entretien
    Recherche logement désespérement - Dossier
    Des Anglais en Limousin
    Immigrés en Limousin
    Des lendemains qui chantent - Association
    Les étangs limousins en question - Débat
    Le retour de la loutre
  • IPNS10
    Hiver 2004
    Un parc citoyen ? Témoignage
    Haut débit ou la maladie du tuyau - Petite histoire d’Internet
    Culture et ruralité
    Figures du Limousin rebelle - Dossier
    Lo Sendaron - Association
    Tristes tropiques de la Creuse Note de lecture
    Lu et approuvé - La belle limousine
    Pot de terre contre pot de fer - La carrière du Mont Larron
    Le doigt à la roue - Georges Prudent
  • IPNS09
    Automne 2004
    J'ai rêvé d'un parc - Témoignage
    Le Limousin existe autrement - Débat
    Panier paysan - Initiative
    Jardiner local, penser global
    Folie ! les mots - Initiative
    Echos de RELIER
    Pierrot, une enfance avant guerre - Spectacle
    La photo du siècle - Initiative
  • IPNS08
    Eté 2004
    Quel Limousin ?
    Les Pays en université
    Retour sur le dossier "cochons"
    Pas d'OGM dans ma commune
    Vassivière... à réinventer
    La vache qui lit... du polar
    Les maçons de la Creuse - Naissance d'une association
    Artémis en Creuse
    Vivre sans nucléaire - Initiative
    Louis Olivier Chesnay - Peinture
    Culture et ruralité - Rencontres
    Les luttes en pays Limousin - Georges Guinguin
  • IPNS07
    Hiver 2003-2004
    Conseillère générale à 14 ans
    Jeunes ruraux - Positiver la migration
    Se loger en rural - Exemple cévenol
    Une mer de déchets
    Libres leçons de développement local
    Mon gaulois du XXème siécle
    Transgénial - Nouvelle
    Ecole et nature
    Brig Laudier - Dévoreuse de livres
  • IPNS06 Automne 2003
    Nucléaire - Du risque au mensonge
    Le PNR - Vaille que vaille
    Ailleurs dans le monde : Québec, Burkina Faso
    Djem, le sultan à Bourganeuf
    Femmes dans l'agriculture - Encre dans la prairie
    Le temps des forums
    Aux jeux citoyens - Maison des jeux en Limousin
    Clédat et Viam - D'hier à aujourd'hui
    Avenir des associations - Ma télé multimédia
    Kouam Tawa - Le dit de la grand route
  • IPNS05
    Eté 2003
    Services publics - Résistance
    Emplois jeunes - La fin programmée
    Tempête - 3 ans après
    Ecocertification forestière - Concept simple et noble
    Produits fermiers - Attention dérapages
    Accueil en Limousin
    Tom Pousse
    Palestine, chaises longues, l'Atelier
    René Limouzin - Mes initiations à la musique
  • IPNS04
    Hiver2002-2003
    Retour sur les porcheries avec Françoise Meltzer
    Mieux comprendre le pays Limousin Marie-France Houdart
    Bande Originale - bAssociation de bienfaiteurs
    Le Monde allant vers… Ressourcerie
    Décentralisation acte 2 - Le projet Raffarin
    D’Egletons à Quito Rencontres des populations de montagne du monde
    Lettre ouverte à Jean-Pierre Raffarin
    Ussel en mai Photographie
    La tremblante du mouton
    Les défricheurs Un compagnonnage particulier
    La coopérative diamantaire “La Felletinoise”
    Le Plateau de Pierre Bergounioux
  • IPNS03
    Automne 2002
    Un Haut-Viennois qui Perse - Portrait
    “Associations de champignons” vénéneuses
    La révolution au village Démocratie participative
    Mieux comprendre le pays Limousin - Marie-France Houdart
    Un groin de paradis - Dossier porcheries industrielles
    La lenga quo es la vita - Institut d’études occitanes
    Pôle d’accueil inter associatif
    Lez’Arts & Salamandre
    La légende de la croix du mouton - René Limouzin
    L’arbre et le paysage - Notes de lecture
    Paul Rebeyrolle Poseur de bombes
    IPNS02
    Juillet 2002
    La Présidentielle sur le Plateau
    An english creusoise
    Chiche ? Quelques propositions pour le PNR
    Du côté d’Eole
    Vassivière, un autre regard - Dossier
    Contrechamps
    A la campagne
    Comédiens à 12 ans - Le festival Escapade
    Cinéma - Le court métrage peut en dire long 
    Le plateau d’Emile
    Ma “conquête” du Pays de Millevaches
    Olivier Masmonteil
  • IPNS02
    Juillet 2002
    La Présidentielle sur le Plateau
    An english creusoise
    Chiche ? Quelques propositions pour le PNR
    Du côté d’Eole
    Vassivière, un autre regard - Dossier
    Contrechamps
    A la campagne
    Comédiens à 12 ans - Le festival Escapade
    Cinéma - Le court métrage peut en dire long 
    Le plateau d’Emile
    Ma “conquête” du Pays de Millevaches
    Olivier Masmonteil
  • IPNS01
    Avril 2002
    Pour un Plateau vivant
    PNR Les illusions (pas encore) perdues
    Envahisseurs Baba-cools et pègre citadine aux portes du plateau
    100 ans d’association sur le Plateau de Millevaches
    Bénévolat contre lucravolat 
    40 ans après la guerre d’Algérie Une mémoire toujours à vif
    Eclats de Rives Vous connaissez ?
    Le Caroussel Des échanges “sélidaires”
    Solidarité Millevaches
    Le Jean Gabin à Eymoutiers Comment ça marche ?
    Drosera se jette à l’eau  
    Josef Koudelka au Centre d’art contemporain

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Transgénial

  • Année
    2004
  • Numéro
    n°7
  • Auteur
    Aurélien Bernier
  • Vote
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lle essaya de garer la voiture assez près du poulailler, tout en évitant les plus grosses flaques. Ce genre de manœuvre commençait à être difficile : il pleuvait sans discontinuer depuis onze jours et la cour de la ferme ressemblait de plus en plus à une bauge à cochons. Elle descendit, et en posant le pied par terre, elle enfonça sa botte de plusieurs centimètres dans la boue. Une fois redressée, elle dût tirer la jambe d'un coup sec pour décoller le caoutchouc du sol. Les semelles alourdies, elle marcha jusqu'au coffre qui s'ouvrit en grinçant, et sortit la caisse pour la poser à proximité de la porte grillagée. Accroupie, elle regarda entre les lattes de bois pour apercevoir les deux grosses boules duveteuses qui se tenaient recroquevillées dans un coin. Elle resta là quelques minutes à les observer en se disant que, décidément, c'était beau des poules avec des plumes !


Des mois qu'elle en cherchait, et il avait fallu qu'elle aille jusque dans la Creuse, à plus de cent cinquante kilomètres de là, pour enfin trouver de vraies poules avec de vraies plumes. Rien à voir avec ces espèces de cadavres sur pattes, inventés par de grands généticiens, dont la peau complètement nue faisait penser à un bout de viande qui se serait échappé d'un rayon de grande surface.
Tout en imaginant la volaille déchirant elle-même le film plastique pour sortir de sa barquette en polystyrène et courir dans les allées au milieu des caddies, elle était entrée dans le poulailler et avait libéré les deux belles. Les gouttes de pluie glissaient sur leur plumage brillant,
et elle trouva cet instant particulièrement magique.
Pourtant, elle aurait bien dû savoir que ça ne servait plus à rien... Quel intérêt pour un animal d'être beau de son vivant, alors qu'il sera vendu mort et emballé ? Pour tellement de gens, il ne s'agissait que d'un produit comme un autre, sur lequel planchent les ingénieurs pour le rendre plus performant, et les commerciaux pour le rendre attrayant. Est-ce qu'on demande à un écrou d'être beau ? Est-ce qu'un ouvrier a du temps à perdre au point de regarder ses écrous et de les trouver beaux ? Parfois, elle aurait aimé se faire une raison, mais elle s'en savait incapable. Impossible de ne pas s'attacher à ses bêtes : c'était une habitude prise une fois pour toutes, dont elle n'arriverait plus à se défaire. Sinon, à quoi bon faire ce métier ? Autant aller bosser à l'usine et ne plus se poser de questions.
En fait, il n'avait pas fallu bien longtemps pour voir disparaître les plumes des volailles. Les variétés transgéniques, tellement plus rentables pour les industriels - combien de millions d'heures de travail par an économisées sur le plumage ? Combien d'emplois, c'est-à-dire de grévistes potentiels, supprimés ? - avaient très vite remplacé les espèces classiques. Les croisements entre poules technologiques et poules passéistes se multiplièrent et, pour finir, une épidémie particulièrement meurtrière à laquelle les bêtes génétiquement modifiées furent moins sensibles permit de simplifier radicalement le choix des éleveurs. Des bruits avaient couru que cette maladie en arrangeait bien certains, qu'elle n'était peut-être pas tout à fait due à la malchance. Mais comme toujours, pas la moindre preuve. Et puis de toute façon, il était beaucoup trop tard : c'est bien avant qu'il aurait fallu se battre. Elle était là depuis plusieurs minutes, immobile sous la pluie, à réfléchir en regardant ses poules claquer du bec. Le froid et l'humidité commençaient à pénétrer ses vêtements. Elle décida qu'il était grand temps de rentrer au sec. A l'intérieur, le feu était sur le point de s'éteindre. Il restait juste assez de braises pour recharger la cheminée et rêvasser en regardant les flammes grimper. Petit à petit, ses pensées se perdirent dans des souvenirs lointains et vagues, sans consistance, sans contours précis. Elle s'y enfonçait comme on se coule sous une couette en hiver et elle s'y sentit bien malgré tout le reste. La chaleur dégagée par la flambée commençait à l'imprégner. Elle somnolait presque et souriait. C'est seulement au bout d'une longue période qu'elle reprit ses esprits, comme si ses neurones, encore éparpillés quelques secondes avant, se remettaient dans un ordre bien défini. L'ordre dans lequel il faut ranger ses neurones pour affronter la réalité. Elle se dirigea lentement vers le bureau, tira la chaise sur le parquet, et s'assit pour ouvrir son agenda. Demain mardi, 14h15, visite de la D.S.I.V. : Direction des services d'inspections végétales. Dans le meilleur des cas, elle en aurait pour trois heures. Les contrôles avaient tendance à devenir de plus en plus stricts : inspection détaillée de la comptabilité, vérification des semences, tests génétiques sur les plantes cultivées, validation des attestations de passage pour les produits de traitement. Elle était toujours en règle, mais elle se méfiait. Il n'y avait pas plus pinailleurs que ces gens-là, et les non-conformités coûtaient une fortune.
Tout ce cirque avait démarré il y a presque huit ans, quand les deux principales transnationales positionnées sur le marché avaient fusionné. Genotechs, le géant ainsi créé, devenait purement et simplement incontournable : une sorte de Microsoft de l'agroalimentaire qui tenait sous sa coupe tout ce qui se cultive dans tous les champs de la planète. "Le progrès scientifique au service de votre alimentation", comme dit leur publicité !
En fait, le slogan le plus juste aurait été : "Des OGM brevetés au service de nos intérêts financiers !".
La véritable catastrophe est arrivée l'année suivante, au moment des contractualisations avec l'Etat. En échange d'une rallonge de subventions - une de plus ! - les agriculteurs s'engageaient pour cinq ans à acheter des semences transgéniques à très haut rendement, évidemment vendues par Genotechs. A partir de là, le ministère imposait à chaque contractant les surfaces à ensemencer, pour chaque production. La seule initiative que conservait l'agriculteur était le choix des parcelles ! Pour tout le reste, il suffisait de se reporter à la documentation technique et aux directives ministérielles. C'était presque amusant de voir comment un gouvernement libéral mettait en place des politiques quasi soviétiques, tout en prônant la compétitivité ! Amusant aussi qu'une idéologie basée sur la concurrence amène au monopole, ou que la théorie de la liberté d'entreprendre aboutisse à l'asservissement des paysans. En fait, la seule chose qu'on ne pouvait pas enlever à ces gens-là, c'était cet immense talent à nous faire gober tout et n'importe quoi.
Ça, elle l'avait compris depuis longtemps. Alors, quand ils avaient pondu cette saloperie, elle s'était bien juré de ne jamais signer. Pas question de se vendre. Pas question de devenir un ouvrier spécialisé, ni de laisser leurs plantes pourries envahir ses champs. Si elle avait choisi ce métier, c'était pour être libre, maître de ses décisions, et pas pour obéir à un technicien en costume, effrayé à l'idée de salir ses chaussures en marchant dans la boue. Elle croyait possible de résister au moins quelques années : jusqu'à ce qu'elle puisse passer la main à des jeunes, moins fatigués qu'elle, et mieux disposés à lutter. En tout et pour tout, elle avait tenu six mois.
A la page du mercredi, un cercle rouge entourait 21 heures, et son écriture soignée indiquait : "réu. syndicat ".
Elle eût un léger haussement d'épaules, presque rien, mais qui voulait dire : "Est-ce que ça sert encore à quelque chose, tout çà ?". Elle repensait à l'époque où ils pouvaient s'opposer, agir. Aujourd'hui, s'il fallait détruire ne serait-ce que les plantes transgéniques - sans parler des animaux -, non seulement il faudrait le concours de l'armée, mais en prime on ne trouverait quasiment plus rien à manger dans le pays ! La France irait rivaliser avec la Zambie et l'Angola en matière de pénurie alimentaire ! Pourtant, leur combat avait bien démarré : "l'opinion publique", comme disent les journalistes, était longtemps restée hostile aux manipulations. Même les transnationales renonçaient à s'implanter en Europe de peur d'y perdre du temps et de l'argent. Il a suffi de quelques procès pour tout foutre en l'air. Dès qu'il a été question d'envoyer des militants en prison pour des actions de destructions, les radicaux - dont elle faisait partie - et les modérés s'empaillèrent allègrement. Elle se rappelait avec quel malin plaisir les médias firent leurs choux gras de ces engueulades. Rapidement, leurs grands discours sur la solidarité internationale furent occultés par les conflits de personnes, et le public les lâcha. En y repensant, elle avait l'impression d'un  immense gâchis. Elle ne savait pas exactement quand les choses avaient dérapé, mais elle était persuadée qu'ils auraient pu l'éviter. Qu'ils auraient dû tout faire pour l'éviter !
A présent, c'était foutu : les autres avaient gagné, si tant est qu'il puisse y avoir des gagnants à ce jeu de cinglés. Une seule chose était sûre : il n'y avait plus d'alternative en face. Les manipulateurs de génome avaient mis tout le monde K.-O. : l'agriculture conventionnelle, les paysans, la bio. La bio ! Ça lui semblait appartenir à une autre vie, une autre époque qui remontait tellement loin.
Une époque où les gens s'arrachaient littéralement ses produits. Une époque pleine des yeux grands ouverts d'enfants de la ville qui venaient chaque mois visiter sa ferme. C'est justement cet aspect des choses qu'ils n'ont pas supporté : qu'on ait pu prouver qu'un autre modèle était possible ! Un modèle sans les centaines d'hectares de primes à perte de vue, sans les hectolitres de produits chimiques, sans les machines énormes et impossibles à rembourser. Mais un modèle qui faisait rêver les enfants.
Et ça, il fallait forcément qu'ils le détruisent.
"Soyez réaliste, vous comprenez bien que le risque zéro n'existe pas !".
"On ne peut rien contre la dispersion du pollen : c'est la nature !".
"Et puis, ne vous inquiétez pas : même avec quelques traces d'OGM, la bio restera la bio".
Quand elle y repense, elle se demande comment ils ont été assez faibles pour se laisser faire. C'était tellement évident ! On acceptait 1%, puis 2, puis 5, et c'en était fini. Bien sûr, de la bio aux OGM, ça faisait hurler tout le monde : les convaincus la boycottaient et les autres continuaient d'acheter au moins cher. Pour tomber définitivement dans le ridicule, on a changé de logo et d'appellation : l'agriculture biologique est devenue la "qualité environnement". Au bout de six mois le marché était mort et enterré.
Elle aurait voulu pouvoir tout recommencer, comme dans un jeu de cour d'école : dire "pouce”, reprendre au début et faire autrement. Cette fois, elle y aurait consacré toute son énergie. Avec les autres, ils se seraient démenés pour harceler les politiques, pour dénoncer les pratiques des industriels, la complicité des scientifiques, pour convaincre le public dans la rue ou à l'entrée des supermarchés !
Le bruit sec d'une larme tombant sur la page de l'agenda la fit sursauter. Elle enrageait tellement qu'elle ne s'était même pas aperçue qu'elle pleurait. La boule qui lui agrippait la gorge venait aussi bien de sa haine envers les vrais responsables - actionnaires, décideurs, élus et chercheurs collabos - que du dégoût de sa propre passivité.
Elle raya brutalement la ligne qui annonçait sa réunion mensuelle pour écrire dessous, en lettres majuscules :
"TROP TARD !".
Installée dans le vieux canapé une revue à la main, elle alluma machinalement son poste de télévision. Elle tomba en plein milieu de Transgénial !, la nouvelle émission entièrement consacrée aux biotechnologies. Une heure de propagande non-stop, pour ceux qui auraient encore besoin d'être conditionnés - ou rassurés. Habituellement, les reportages s'enchaînaient pour exposer au bon peuple les incomparables avantages de nouvelles pommes de terre enrichies en fer ou de chats génétiquement modifiés afin d'éviter les allergies.
Cette fois-ci, le ton était plus grave. Elle comprit rapidement qu'une catastrophe venait d'arriver, mais il lui fallut plusieurs minutes pour mettre bout à bout tous les éléments. On avait annoncé ce matin même qu'une variété de blé transgénique - le M027 - développait dans certaines circonstances rares et encore indéterminées une toxine mortelle. Les premiers résultats de l'étude lui attribuaient trois décès survenus ces derniers mois, et dont les causes étaient restées mystérieuses jusqu'à aujourd'hui. Elle entendit vaguement les différents intervenants déclarer ce qu'il faut déclarer dans des cas comme celui-là. Que ce phénomène était totalement imprévisible ! Que personne, vraiment personne, n'aurait pu se douter. Que le risque zéro - toujours lui ! - n'existe décidément pas, et ce malgré tous les progrès de la science. Que dorénavant, des moyens supplémentaires seraient consacrés à l'évaluation. Qu'une nouvelle commission de vigilance serait créée dès que…
Tout ça lui parvenait de très loin. Elle était comme sonnée par un coup reçu en pleine figure. Un seul chiffre passait en boucle dans son cerveau : huit hectares. C'était la surface de blé M027 qu'elle avait semée dans ses champs l'année dernière.
Avant de fondre en larmes, elle entendit juste ce détail atroce : parmi les trois victimes figurait une petite fille de huit ans atteinte de myopathie. Cette nouvelle semblait consterner le présentateur, à moins d'un mois du prochain Téléthon.
Dix jours plus tard, dans Le Nouvel Agriculteur, à la page des petites annonces, on trouvait ces quelques lignes :
AV, Nord Charente, exploitation agricole. 48 ha céréales + poulets + 30 chèvres.
Disponible de suite. Prix : 250 000 euros.


N.B
Ces quelques pages d'agriculture fiction sont bien évidemment pure imagination. Ceci dit, toute ressemblance avec des faits existants ne serait pas obligatoirement fortuite. En effet : En mai 2002, le professeur Avigdor Kahaner, de la faculté israélienne d'agronomie de Rehovot, annonçait la création de poulets sans plumes, héritant par transgénèse des caractères d'un oiseau à peau nue et d'une poule ordinaire.
La D.S.I.V. n'existe pas. Mais la société Monsanto (qui détenait en 2000 environ 94 % des surfaces cultivées en plantes génétiquement modifiées dans le monde) emploie une agence de détectives privés pour surveiller les agriculteurs américains. Une ligne téléphonique a même été ouverte spécialement pour permettre la délation.
Fin 2002, un céréalier américain a reçu une amende de 780 000 dollars pour avoir réutilisé des semences brevetées par la firme.
José Bové a bel et bien été condamné à 14 mois de prison ferme pour destruction d'OGM. De telles décisions provoquent des tensions au sein même du mouvement social, divisé entre les pro José et les anti-Bové.
Si l'agriculture biologique existe toujours, on ne peut pas dire que ce soit grâce au lobby des biotechnologies. En moins de dix ans, le soja bio a totalement disparu de certaines régions des Etats-Unis, à cause de la contamination génétique des cultures OGM.
En 1989, un antidépresseur de la firme japonaise Showa-Denko produit en utilisant une bactérie génétiquement modifiée s'est révélé, après commercialisation, secréter une toxine mortelle. Le bilan fut de 37 décès et 1500 handicapés à vie. Et malgré tout, les organismes génétiquement modifiés continuent à progresser.
Pour l'année 2000, sur le budget total capté pour le développement des biotechnologies, moins de 1% était consacré à l'étude de leurs impacts.

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