IMPRIME PAR NOS SOINS


Journal d'information et de débat du plateau de Millevaches
publication papier trimestrielle

IPNS décline différemment ses initiales dans chaque numéro :

INSPIRE PAR DES NAVIGATEURS SOLIDAIRES
 
 
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Recherche logement désespérément… Version imprimable Suggérer par email
Recherche logement désespérément…

On le sait : le logement est sur le plateau un frein important à l'accueil. Or ce verrou n'est pas facile à faire sauter. D'une part il touche à la question de la propriété et du patrimoine, sujets quasi tabous et intouchables. D'autre part les investissements que réclame l'immobilier sont tout de suite très importants et même les collectivités locales n'ont pas toujours les moyens d'intervenir dans ce domaine... En ouvrant le dossier du logement, IPNS s'associe à la réflexion actuellement en cours au sein du réseau d'acteurs de la Montagne limousine pour trouver des solutions nouvelles à ce problème crucial.

Des chercheurs de toit témoignent

Ils sont plusieurs à la recherche d'un toit sur le plateau, avec un peu ou pas mal de terrain autour. Voici, brut de décoffrage, leurs témoignages qui disent bien les difficultés rencontrées. La recherche d'un logement ou de terrains ? Un véritable parcours du combattant.

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Vendredi 10 décembre 2004
Nous nous promenons à pied sur la route à la sortie d'un hameau de la commune d'Ars (à 15 kilomètres à l'ouest d'Aubusson). Une Polo noire arrive à vive allure et s'arrête à notre hauteur. Son chauffeur, au sourire soucieux d'efficacité, baisse la vitre automatique et demande sans autre détour : "Bonjour, je travaille pour une agence immobilière. Je cherche des maisons à vendre. Savez-vous s'il y en a par ici ?". Nous nous regardons, un peu estomaqués. L'un d'entre nous lui demande sa carte :
M. XXX
Agence Marcon Immobilier (Century 21)
Aubusson

Fin novembre 2004
Appel à une vingtaine de mairies du nord du Parc naturel régional
On nous a dit qu'il fallait appeler les mairies car ce sont des carrefours d'information dans les communes. Nous établissons la liste des mairies situées sur le PNR et les appelons systématiquement, en commençant par le Nord-ouest. Nous demandons large : locations, ventes, maisons vides en attente de clarification (rénovation, mise en vente, habitation par les petits enfants, etc.) dont on pourrait contacter les  propriétaires pour leur proposer une location courte… Extraits de conversations :
"Les anglais achètent beaucoup… Il y a bien une maison à 40 000 € dans le bourg mais ce n'est pas très grand… Je vous donne les numéros de deux agences immobilières à Peyrat et à Eymoutiers".
"Il n'y a pas de location sur la commune... Quant aux ventes, les transactions ont lieu avant qu'on sache qu'il y avait mise en vente… Appelez le pôle local d'accueil de la communauté de commune de Royère-Bourganeuf".
"Je prends vos coordonnées… J'ai entendu dire que la vente d'une maison à des anglais aurait échouée. Peut-être qu'en attendant…"
"Je prends vos coordonnées au cas où… C'est rare ces choses-là que vous demandez…"
"Allez voir Century 21 à Bourganeuf, ils vendent une maison, je vous donne le numéro…"
"Il n'y a rien à louer… Je regarde pour les ventes mais c'est très vite acheté par les anglais…"
"Il y a très peu de logements vacants, ce sont surtout des maisons secondaires… Aujourd'hui on ne sait même plus quand les maisons sont à vendre. Le temps de le savoir elles sont déjà vendues… Il y a une maison à louer : meublée,  4 chambres et un bureau, 400 €"
"Il n'y a rien… Attendez, je demande derrière… Non rien"
"Ici, aussi bien en privé qu'en communal, il n'y a rien. Peut-être y a-t-il des possibilités sur X ou Y"
"Au niveau communal, il n'y a rien. Je me renseigne dans le privé et s'il y a quelque chose je vous appelle"
"Dès qu'une maison est à louer, elle est prise d'assaut, sans même passer par nous… Je note votre demande, mais sans grand espoir…"
"Nous avons un logement HLM… Sinon, essayez par les notaires si vous avez des offres à faire pour des maisons à vendre ou vacantes"
"Au niveau des ventes, il y a la clientèle anglaise… On a de la demande, il y a une OPAH, on espère que ça va faire bouger les gens… Je vous donne les numéros de trois agences à Saint Léonard"
Sur les 53 communes repérées, nous en avons joint une vingtaine. Toutes ont pris nos coordonnées, aucune ne nous a rappelés.

Du côté de la SAFER
Nous sommes retournés à la SAFER. C'était plus positif que la première fois, où nous avions été à peine accueillis : on avait dû demander pour qu'ils prennent par écrit nos coordonnées et notre demande. Ils avaient l'air de s'en foutre alors que nous sommes l'archétype du public prioritaire : des jeunes cherchant à s'installer. Ils nous avaient dit que c'était bien de revenir régulièrement. On a vu plus de monde : comme on cherche sur une zone à la frontière entre quatre zones SAFER, on a rencontré quatre personnes différentes. Ils n'avaient rien à proposer car ils avaient tout soldé ce qu'ils avaient en 2004. Ils repartent maintenant sur 2005.

La SAFER reçoit les propositions pourvu qu'on se donne la peine d'écrire un projet d'installation. Ils n'ont pas tant de demandes que cela, donc ils ne sont pas mécontents d'avoir des dossiers à instruire. Passer par la SAFER permet de faire des économies : pas de frais de notaire et leur rôle est d'éviter la hausse du prix des terres. Le problème est qu'ils ont peu d'offres. Ils nous ont dit n'avoir que deux fois tous les trois ans des grandes surfaces avec du bâti. Et c'est souvent très cher. Le truc aussi est qu'il faut les appeler tous les jours pour qu'ils bougent (se rappellent de ton dossier, sachent où il est, puis le trouvent…).

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… Et du PNR
Nous avons appelé le PNR (le chargé de mission accueil et développement économique) par curiosité, pour leur demander ce qu'ils pensaient faire sur la question du logement et du foncier. Deux choses principalement : L'opération programmé d'amélioration de l'habitat (OPAH), soit une aide financière aux propriétaires souhaitant rénover leur résidence principale ou du bâti à louer comme logement, et un projet de sensibilisation des propriétaires qui laissent des bâtiments à l'abandon, via une plaquette et un article dans le journal du PNR. Sur la question de la multiplication des maisons secondaires, il se disent impuissants car cela relève du secteur privé. Aucune loi n'empêche de vendre. C'est du ressort des mairies qui ont un pouvoir de préemption.

D'autres pistes à explorer…
Nous avons aussi contacté le pôle d'accueil limousin en expliquant notre situation et nos démarches. Réponse : "Vous avez tout fait ce qu'il fallait faire, on ne peut rien faire de plus".
Nous avons appelé France bleue Creuse pour qu'ils passent une annonce. Aucun retour sur cette annonce pour le moment…
Quant aux maires, ils nous disent qu'il y a plein d'opérations vente achat sur leur commune dont ils ne sont pas au courant.
Nous avons aussi été parler dans les villages. Une fois j'ai passé une heure avec un vieux qui m'a dit que peut-être là-bas, une maison… Nous avons été vérifier au cadastre. Finalement, dans ce genre de plan, la terre est soit réservée à un  neveu, soit elle est exploitée et les bâtiments sont abandonnés. Il y a tout de même des vieux qui veulent barrer la route à l'agrandissement de leur voisin. Il faut y retourner plusieurs fois. Dans un village, un jour, on m'a dit qu'il n'y avait rien. Le deuxième jour, peut-être une maison, le troisième peut-être des terres avec et le quatrième c'était 6 ha. Il y a aussi le cas, dans les bourgs, d'un voisin qui ne veut pas de nouveaux voisins et donc rachète les maisons voisines de la sienne. "

Nous avons aussi envoyé une version abrégée de notre projet à 130 maires. Un sur dix nous a répondu. Depuis c'est par ces quelques maires (Tarnac, Bugeat, Peyrelevade) que nous avons eu des touches. Nous utilisons alors la SAFER pour faire baisser les prix. Il y a des mairies qui se bougent, d'autres non.

Il y a aussi l'agent immobilier d'une agence immobilière d'Ussel. Il joue l'affectif avec les vieux et réussit à négocier des maisons pas très chères avec quelques hectares autour (souvent 1 ou 2, parfois plus). Sinon, on a été voir tous les notaires et toutes les agences, c'est déprimant. Ils n'ont que des trucs pour les anglais. On a vu dans une agence un truc à 285 000 € que nous avions vu partir à 105 000 € dans une vente aux enchères (vente des domaines).

Témoignages de plusieurs groupes de personnes recueillis par Loïc Bielmann.


Et du côté des terres agricoles…
Autant que le bâti, le foncier agricole ne se trouve pas facilement sur le plateau. Exemple concret avec les cantons creusois de Royère de Vassivière et Gentioux-Pigerolles que Guillaume Challet a étudié à la loupe.

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Depuis 1979, on observe un déclin de l'activité agricole ; selon les chiffres des recensements de la DDAF1, l'activité agricole du plateau de Millevaches s'est significativement réduite depuis quelques dizaines d'années. Le nombre de paysans a fortement chuté et la surface agricole utilisée (SAU) a beaucoup diminué, essentiellement au profit des plantations de conifères. De 1988 à 2000, alors que sur le département de la Creuse, la surface agricole a diminué de 2,4 %, sur le canton de Royère elle a reculé de 11 % (et 22 % entre 1979 et 2000). La diminution du nombre d'exploitation est encore plus flagrante : il y avait 206 exploitations en 1979, 144 en 1988 et 99 en 2000, soit une diminution de 32 % en 21 ans !

L'extensification des systèmes de production
Sous le joug du contexte politique agricole (très "encadrant") depuis la première PAC (Politique agricole commune), l'agriculture du plateau de Millevaches a beaucoup changé. Dans un contexte de baisse permanente des prix agricoles, la faible qualité des terres du plateau a provoqué l'abandon des cultures et une extensification des systèmes de production. Cette extensification a logiquement entraîné un fort agrandissement des surfaces moyennes et une spécialisation dans l'élevage bovin et caprin. En 1979, l'agriculture du canton de Royère était relativement diversifiée et la taille moyenne des fermes était seulement de 28 Ha. 1213 Ha de terres étaient destinées aux cultures pour nourrir autant de vaches que de volailles, de moutons ou de porcs. En 2000, la spécialisation est flagrante : on compte 2 fois moins de terres cultivées, 4 fois moins de volailles de moutons et de porcs. Seuls le nombre de bovins et de caprins a augmenté. Les systèmes de production agricole s'appuient presque uniquement sur l'élevage de bovins en extensif avec d'importantes surfaces de prairies permanentes. La taille des exploitations professionnelles2 a logiquement augmenté en passant de 46 Ha en moyenne en 1979 contre plus de 90 Ha aujourd'hui.

L'agriculture n'est plus aujourd'hui l'activité principale du territoire
Afin de souligner les particularités actuelles du territoire de Millevaches, je me suis appuyé sur un état des lieux des transactions foncières (achat-vente) des cantons de Royère et Gentioux, du mois d'avril 2004 au mois de février 20053. Ces transactions concernent aussi bien le bâti que des terres seules.
Les chiffres sont très parlants et montrent sans grande surprise que l'agriculture n'est plus l'activité rurale principale : une petite moitié seulement des surfaces non bâties ont été échangées dans le milieu paysan et durant la période étudiée, 14 % des surfaces échangées sont sorties de l'activité agricole. Une autre donnée importante nous indique qu'aucun agriculteur n'a acheté de foncier bâti, ce qui nous permet de supposer que les transactions foncières continuent d'alimenter l'agrandissement des fermes décrit précédemment.
Cette petite étude fait surtout ressortir un élément relativement nouveau qui marque particulièrement les problématiques territoriales du plateau aujourd'hui : sur la période étudiée, 20 % des transactions ont bénéficié à des personnes extérieures au monde paysan et domiciliées à l'étranger. Cette nouvelle concurrence apparaît uniquement sur le foncier bâti, puisque 7 habitations (sur 11 vendues au total) ont été acquises par des anglais. Cette nouvelle donnée a un impact non négligeable sur le prix des bâtiments et participe fortement à la spéculation du foncier. La hausse des prix touche particulièrement les maisons mais s'étend plus largement aux (anciens) bâtiments agricoles et aux terres en général.

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Aujourd'hui, les freins à l'installation agricole sont nombreux
La spéculation des bâtiments limite fortement les installations. Leur prix rend les fermes presque inaccessibles aux jeunes porteurs de projets agricoles qui doivent soutenir un budget d'installation de plus en plus colossal. Et lorsque le bâti est séparé d'une ancienne ferme, le reste des terres est vendu plus facilement à l'agrandissement. Sans bâti, il reste encore la solution de construire ses propres bâtiments, mais il est aussi difficile d'obtenir quelques hectares pour s'installer face aux personnes extérieures à l'agriculture ou à des voisins paysans "hectarivores", malheureusement très soutenus par le contexte politique départemental. Et si toutes ces barrières sont franchies, il reste au jeune installé à faire le pari de pratiquer une agriculture moins gourmande en surface mais rentable, à "contre courant" de la PAC.

Les outils de gestion du territoire sont loin d'être suffisants !
Il existe pourtant des outils étatiques, mis en place pour contrôler les transactions foncières. Les SAFER sont des sociétés anonymes à but non lucratif destinées au contrôle des transactions foncières. Chaque transaction foncière est étudiée par un comité technique pluri-représentatif chargé de donner un avis sur chaque dossier. La SAFER a pour mission d'éviter que les terres sortent abusivement du domaine agricole. Elle possède pour cela un droit de préemption qui lui permet de devenir automatiquement acquéreur de terre pour la redistribuer à un paysan qui en fait la demande. Chaque transaction foncière donne lieu à une notification notariale de vente qui doit être diffusée pendant deux mois avant la signature définitive de la transaction pour permettre à un tiers de se porter concurrent à l'acquisition. C'est malheureusement à cette étape qu'apparaissent les lacunes du système car force est de constater que la diffusion de ces informations est objectivement insuffisante (quand elle n'est pas inexistante).
Les locations sont quant à elles contrôlées par la Commission départementale d'orientation agricole (CDOA). Créées en 1995, elles se réunissent tous les mois à la DDAF. Elles ont pour rôle de donner un avis sur chaque location de terre agricole faisant passer une exploitation à plus de 90 Ha de surface. Les CDOA réunissent des représentants de l'Etat, des représentants du monde agricole et des représentants d'associations. Chaque demande de location concernée donne lieu à une demande préalable d'exploiter (DPE), qui doit être diffusée pour permettre à une tierce personne de poser une éventuelle candidature concurrente. Une fois de plus, on ne peut que regretter le manque d'effort de communication sur ces DPE qui limite fortement la concurrence.

Quels leviers d'action nous reste-t-il ?
La Confédération Paysanne de la Creuse s'intéresse depuis toujours au problème de la distribution des terres entre les paysans et avec le monde rural. Militant pour que chacun puisse accéder équitablement au foncier, elle souhaite aujourd'hui être plus efficace au sein des organisations départementales de gestion des structures. Il semble important de pallier les lacunes du système au niveau de la distribution des informations. Le travail syndical a débuté par la mise en place d'un réseau départemental de paysans et paysannes chargé de diffuser les informations sur les transactions foncières. Ce réseau d'interlocuteurs permet de diffuser les notifications notariales de vente et les DPE mais aussi de recueillir les informations de terrain afin de défendre au mieux les projets considérés comme intéressants dans les comités techniques SAFER et en CDOA. Si ce réseau fonctionne actuellement à l'échelle cantonale, il semble intéressant aujourd'hui de créer un maillage d'interlocuteurs locaux plus dense et particulièrement sensibilisés aux problèmes du foncier.
Une première réunion sur le plateau devrait réunir beaucoup de forces rurales sensibilisées aux problèmes d'accession à la terre et au bâti afin de partager les différentes visions du territoire. Il s'agit de créer un réseau de diffusion d'information et de créer un éventuel groupe de pression capable de faire pencher la balance en faveur des projets que chacun souhaite voir se développer sur son territoire. A n'en point douter, d'autres perspectives seront envisagées mais cela dépendra de la dynamique dont ce travail fera écho.

1 Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt
2 Exploitations dont le nombre d'unité de travail annuel (UTA) est supérieur ou égal à 0.75
3 Etude statistique à partir des notifications notariales de vente par la Safer

guillaume challet
Guillaume Challet est animateur de la Confédération Paysanne creusoise
Contact : 05.55.81.92.78


UTO-ECO-CONSTRUIRE
Yvan Rayer construit lui-même sa maison, avec de la paille et du bois. A ses yeux “ auto-éco-construire” est une des solutions les  plus pertinentes au problème du logement sur notre territoire. Témoignage.

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Introduction Politique Nécessaire pour la Suite
Auto-construire pourquoi ? Quelle question ? Tout le monde ne peut pas construire sa maison. Et au risque de paraître prétentieux il faut un peu de connaissances, un certain goût du risque et un minimum de condition physique. Mais rien n'est impossible à celui, "l'humain", qui veut, celui qui cherche, celui qui pousse la réflexion jusqu'à mettre en doute ce que cette maudite société de consommation nous propose avec insistance : emprunter pour des années en faisant travailler des banques qui au passage vous ponctionnent en payant des constructeurs souvent peu scrupuleux qui exploiteront quelques sous-traitants pour faire un travail vite fait et pas souvent bien fait  qu'on n'a pas toujours la compétence de contrôler, et j'en passe …
Nous sommes conditionnés par un mode de penser dicté par l'école, l'éducation parentale, la télé etc. On nous pousse à consommer, on nous rend inapte. Pourquoi chercher, quand on vous trouve la solution ? Notre culture s'effrite pour engrosser des lobbys.
Auto construire c'est se débrouiller seul en grande partie, se prendre en charge, se tester, imaginer, dessiner, calculer, pour concevoir sa maison selon ses propres envies.
Et même si vous vous trompez quelque part, ça n'est pas la fin du monde… Seul notre orgueil en sera affecté, pour le reste, tout se corrige … Nos réalisations nous enrichissent même si elles comportent des erreurs.
Vous me direz qu'il faut bien faire marcher le commerce, faire avancer le monde.
Oui mais a quel prix ? En avons-nous  les moyens ?
Quel monde voulons nous faire avancer ?  Il vous plait, ce monde régi par  l'argent où toutes les formes de profits s'imposent au détriment de notre santé ?
Souvenons nous des scandales de la vache folle, de l'amiante, des hormones de croissance. Redevenons responsables et cessons de nous en remettre à cet autoritarisme que seul le profit motive. Ce monde où l'on consomme  à outrance à la recherche d'un confort illusoire que nous obtenons en polluant, jetant et gâchant sans nous soucier des lendemains laborieux que vivront nos enfants à corriger nos erreurs, sans nous soucier des trois quarts du globe qui bien loin de ce relatif confort, essaient simplement de survivre …
Le futur n'est possible que si nos erreurs passées se corrigent au présent.
Ce monde où les trois quarts de l'humanité sont touchés par la pauvreté alors que le quart restant se gave sans souci de celui ou celle qui se meurt de n'avoir plus rien.
Peut être pensez vous que je m'égare …
Non, je vous assure que non. Construire sa propre maison court-circuite  bien des formes d'exploitation de l'humain et, par là même, l'emprunt que vous ferez à la banque sera moins conséquent.
La sueur chaude qui coulera quand vous bâtirez aura beaucoup moins d'impact que la sueur froide d'une traite impayée.

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Instaurer le Pouvoir de la Nature Salutaire
Commençons par démystifier l'auto construction.
Quand on entreprend de construire son logement quel que soit le pourcentage de travaux que vous allez réaliser c'est d'abord dans un souci d'économie que vous allez travailler par  vos propres moyens. Et de plus, à quoi bon copier la construction traditionnelle en utilisant des matériaux polluants produits dans des usines qui ne le sont pas moins ?
Après notre couverture épidermique et nos habits, la maison est notre troisième peau. Alors pourquoi lui donner les moyens de nous empoisonner sournoisement en employant des matières comme le PVC, les peintures, le polystyrène, les laines de verre ou de roche, et j'en passe ?
Il est reconnu aujourd'hui que ces matériaux installés dans nos maisons libèrent des poisons pendant des années, sans compter qu'ils sont chers et produits à grand renfort de ces fumées qui génèrent tant de soucis dans nos villes.
Je me souviens de mon père dont le métier était de poser des faux plafonds utilisant des plaques contenant de l'amiante. Je me souviens l'avoir interpellé, moi, jeune fiston tombé dans la marmite écolo abreuvé de mes lectures de "baba-cool".
Aussi il s'était offusqué de mes propos, si ces plaques étaient vendues dans le commerce il n'y avait rien à craindre, tout est contrôlé, tout est vérifié …
Quand aux matières comme la laine de verre, la laine de roche, le PVC et toutes ces peintures, lasures et autres produits soi disants miracles, que l'on nous vante à grand renfort de publicité, je suis persuadé qu'elles connaîtront le même sort à court terme.
Des années plus tard, cet ami Paul (celui qui avait accompagné mon père comme tâcheron dans cette aventure qui n'en était pas une puisque leur souci était de nourrir leur famille), Paul est mort de ce fameux cancer de l'amiante. Paul est mort d'avoir fait confiance.
Coupable d'avoir travaillé pour gagner sa vie, c'est un comble !!!
Où est l'erreur ?
La nature nous apporte tout ce qu'il faut pour couvrir nos besoins en matière de construction comme ailleurs. Il suffit de se creuser un peu la tête, de chercher, et de retrousser ses manches en ayant se petit côté aventurier qui fera que votre maison ne ressemblera à aucune autre. Ce sera la vôtre, à dix, quarante ou quatre vingt pour cent, peu importe, mais elle sera la vôtre.
De plus votre bourse s'en trouvera moins démunie je vous l'assure.
Ce besoin ancestral de nous protéger des rigueurs du climat, ne nous incite-t-il pas à employer des matériaux sains et donc sans danger pour notre santé quand on sait que nous passons la plus grande partie de notre vie sous cet abri ?
Donc concrètement…ECO-CONSTRUISEZ ! C’est aussi une manière de construire sans se mettre sur la paille.

Ignorer le Poids de la Norme par Sauvegarde
Est-il possible aujourd'hui de se bâtir une maison confortable pas trop chère, saine,  et qui sera économique à l'usage car très bien isolée ?
Est-il possible de construire une maison avec des matériaux naturels qui n'ont rien à envier à ceux que l'industrie nous propose ?
Bien sûr que si ! Mais il nous faut revenir à une époque où la maison était construite par le futur habitant, avec des matières qu'il trouvait sur place, comme la terre, la pierre, le bois, la paille, etc. Et que se soit la chaumière de Normandie ou la masure en pierre du Limousin, le coût de la construction ne justifiait pas un emprunt conséquent à la banque.
Aussi il n'est pas question pour moi d'être passéiste,  mais au contraire de regarder vers un futur plus raisonnable, gardant les techniques économiques et écologiques d'hier pour les moderniser et les adapter aux besoins d'aujourd'hui.

Rêvons d'un futur sans argent, où l'échange de services entre gens, aussi noble et chargé de bon sens, servirait à construire ensemble.

Ma maison est en bottes de paille, un concept développé par les pionniers américains dans les années 1900. Ils édifièrent d'abord des granges puis leurs habitations, empilant les bottes de paille avec ou sans ossature bois. Mais l'ère industrielle avec le lobby des cimentiers entre autres, entraîna la construction paille en désuétude pour quelques années.
Mais voilà que depuis, les limites de cette industrialisation effrénée nous apparaît finalement comme une hérésie. Depuis,  la construction paille revient en force.
En effet, quel matériau peut allier l'économie, l'écologie, un fort pouvoir isolant tout en rendant une maison saine ?

Idéal de Paille pour un Nid Sain
Cette merveille c'est la paille. Construire des murs en paille dans une ossature bois est rapide et relativement simple il suffit de les enduire de terre ou de chaux pour avoir une maison saine et sûre, car des tests en Allemagne et ailleurs ont prouvé que la résistance au feu à une température de 1000 degrés est de une heure et demi sans que la paille ne s'enflamme.
Le pouvoir isolant d'une botte de paille est équivalent à trente centimètres de laine de verre.
Quant à la résistance de la paille dans le temps, la plus vieille construction a 100 ans et est encore en très bon état. La paille à l'abri de l'humidité est quasiment indestructible puisque chargée de silice. Quelle revanche pour ce sous produit agricole qui sert de litière aux animaux et que l'on brûle parfois. Bref, la fable des trois petits cochons n'est qu'une histoire …
Voilà en gros pour ce qui est de la paille. Pour ce qui est des finitions, les peintures aux pommes de terre, au lait, à la terre, à la farine, aux œufs, à l'huile de lin etc., ne sont pas une blague mais bien des substituts naturels aux cocktails poisons proposés dans le commerce.
Les cloisons intérieures se composent d'une structure bois avec remplissage par banchage d'un mélange de chaux, d'anas de lin (résidus du lin après filature), et de sable enduits avec de l'argile. L'isolation du plafond est faite de trente centimètres de laine de mouton brute car le suint la protège des insectes. Quant à l'odeur, elle n'a jamais été perceptible dans la maison.
Les murs extérieurs sont recouverts de trois couches de tuf et de chaux.
Enfin la toiture sera recouverte de bardeaux-planchettes en châtaigner.
Le bois, la paille, le tuf et l'argile qui ont servi en grande partie à la construction ont été achetés et récupérés dans le secteur proche, d'où une diminution évidente du coût engendré par le transport.
La construction a débuté en Juillet 2004 et j'ai emménagé en octobre de la même année dans une maison hors d'eau, hors d'air, isolée et chauffée. Aujourd'hui je pense finir la construction en  Juillet 2005.
Tout cela est un échantillon de ce qui compose ma maison et je n'ai dépensé en matériaux que 23 000 euros pour la construire. 225 euros (1500 frs) du mètre carré qui dit mieux ?
Mon souhait aujourd'hui est de susciter, d'accompagner ce genre de construction, et ma porte sera grande ouverte à qui veut voir.

Invitation à un Partenariat Non Simulé
Le Limousin n'a pas bénéficié comme d'autres régions de cette richesse éphémère procurée par l'industrie et l'agriculture intensive, mais sa richesse est ailleurs, car relativement  préservée des différentes pollutions engendrées par cette évolution insensée.
Cette si belle contrée ne refleurira que par vous, messieurs les décideurs élus de tous bords. Des infrastructures adaptées à notre temps sont nécessaires  en Limousin puisque absentes. Une crise du logement se profile, due à la montée fulgurante du prix des maisons anciennes et des terrains constructibles qui deviennent de plus en plus rares
L'auto-éco-construction est le moyen pour des petits budgets d'accéder au logement et donc de repeupler le Limousin qui pourrait d'ailleurs devenir un modèle … Alors si le but de votre mandat est d'être au service du peuple, Mesdames et Messieurs les élus… S'il vous plait !  SERVEZ LE. 

à Hervé …                              
yvan rayer
Villepragoux ST ANNE ST PRIEST  06 26 11 02 31


Monsieur le Maire... “Si  vous aviez une petite baraque”

Ecrire aux mairies est une des méthodes les plus utilisées pour trouver un logement sur le plateau. Nos maires reçoivent régulièrement des courriers venus des quatre coins de France, de citadins ou de ruraux, à la recherche d'un toit, d'un bout de terrain et parfois d'un rêve…
Extraits de correspondances reçues par une mairie du plateau en fin d'année 2004.

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A la recherche du bâtiment idéal…
"Désireuse de m'installer dans la région de mes racines pour enfin y vivre une qualité de vie bien vite oubliée de beaucoup dont je faisais partie, je sollicite votre aide et votre soutien quant à la mise en place de mon projet. Je souhaiterais acquérir une habitation sur votre commune ou alentours afin de mettre à disposition des chambres d'hôtes". Suit la description de la maison recherchée : "Maison de village de type 5 pièces et plus, avec terrain clos, dépendances avec au moins 5 chambres, éventuellement petits travaux à prévoir". Le budget est également précisé : "environ 150 000 euros".
Voilà sans doute l'archétype de la demande reçue par les maires : la petite fermette avec dépendances et un peu de terrain pour y installer un gîte ou des chambres d'hôtes. Autant dire une des choses les plus difficiles à trouver sur le plateau.
Dans une autre lettre, trois personnes recherchent à acheter un gros bâtiment permettant de loger une dizaine de personnes pour y créer un lieu de vie pour 3 à 7 jeunes avec une activité apicole comme support pédagogique. Là deux ébénistes sont demandeurs pour une maison avec un atelier ou une grange pour y installer leurs machines (60m≈ minimum en 3 pièces de 20 m≈ en rez de chaussée). Une autre personne, actuellement installée en Haute Loire, souhaite créer une structure de tourisme équestre qui servirait de centre de loisirs pendant les vacances et de lieu d'accueil pour des handicapés le reste de l'année : "Je n'ai pas les moyens financiers de créer un tel centre, mais si une Communauté de communes dispose de terrains et de locaux, je suis prêt à investir tout mon dynamisme et mon expérience pour la réussite de ce projet". Un retraité écrit pour son fils : "J'ai un gamin de 35 ans, marié avec trois enfants. Avec son épouse ils sont fanatiques de nature, champignons, lacs, etc. Leur souhait serait de s'installer et monter une affaire comme gîte ou autres activités. Disposez-vous de logements ou de bâtiments ?".

La solution de construire
Conscients de la difficulté de trouver le bâtiment idéal, d'autres, qui souvent connaissent déjà la région, se tournent plutôt vers la construction :
"Je souhaite construire ma maison dans un environnement naturel privilégié avec des matériaux s'intégrant au paysage (bois, pierre, terre…). Cette implantation est à la fois privée et professionnelle car je vais créer dès 2005 une activité de télétravail et de vente à distance nécessitant trois emplois à moyen terme. A cet effet, je recherche un terrain constructible d'environ 5000 m≈ (2000 m≈ immédiats avec une option sur 3000 m≈ supplémentaires dans la perspective d'une extension) disponible pour une installation courant 2006".
Dans la même veine, voici deux personnes qui cherchent pour "créer une structure d'accueil à vocation protection de la nature et de l'environnemen, un terrain à bâtir suffisamment spacieux (2 à 3 hectares, variable suivant la situation et la topographie)".

Une petite baraque...
Mais tout le monde n'est pas aussi exigeant, comme en témoigne cette touchante lettre par laquelle nous terminerons :
"Il y a des artistes et des poètes qui cherchent des villages encore préservés des touristes américains et des cars de japonais. Je suis nouvellement retraitée, avec le minimum vital et l'allocation logement. Je veux reprendre l'artisanat : compositions florales, travaux de déco, etc. Si vous aviez une petite baraque avec un coin fleurs + tomates + petit coin pour un âne… et que ce serait pas cher (location à l'année), je serais intéressée à partir du printemps 2005. J'ai aussi cinq chats et une colombe ! (…) Je vous prie d'être assez aimable pour me répondre, même pour une baraque un peu isolée : je suis à la fois très sociable quand les gens sont sympathiques et très indépendante".
 
 
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