IMPRIME PAR NOS SOINS


Journal d'information et de débat du plateau de Millevaches
publication papier trimestrielle

IPNS décline différemment ses initiales dans chaque numéro :

INSPIRE PAR DES NAVIGATEURS SOLIDAIRES
 
 
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Une mer de déchets Version imprimable Suggérer par email
Qui, en se baladant sur le plateau, n'a jamais vu au détour d'un chemin, au bord d'une route ou au milieu d'un pré, une carcasse rouillée de voiture, un tas de poubelles ou, pire, une véritable décharge comme on en voyait un peu partout en France il y a encore quelques années ?
Avouons-le, au regard de la loi de 1992 qui interdit désormais toute décharge dans la nature, nous avons encore quelques retards… La partie Haute-Vienne du plateau par exemple offre quelques beaux spécimens de décharges quasi sauvages et la Corrèze n'a pas encore mis en place le tri sélectif des déchets. Bref, on a encore chez nous du travail à faire pour gérer correctement les tonnes de déchets que nous produisons chaque année…
Pour nous y aider, nous avons demandé à l'association Le Monde allant vers… qui projette la création d'une "ressourcerie" à Eymoutiers, de faire pour nous le tour de la question. Et si vous pensez que l'enjeu est d'importance, que vous soyez élus ou simples citoyens, rendez-vous la semaine du 29 mars pour un événement au cours duquel Le Monde allant vers… vous dira tout (ou presque) sur les déchets, la manière de les gérer et d'en produire de moins en moins. Ce sera "un pas plus loin" après la lecture de ce dossier.

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La ressourcerie culturelle Le Monde allant vers…
Quand le déchet devient ressource

La consommation de nos sociétés augmente de 3% chaque année. Cela nécessite de prélever toujours davantage dans les ressources de la planète qui n'a plus les capacités de les renouveler.
En France, nous produisons chaque année plus de 20 millions de tonnes de déchets ménagers, soit plus de 40 tonnes chaque minute !
Un développement durable sur la planète nécessite de mettre en œuvre la réduction des déchets, leur réutilisation maximale et leur recyclage.
Conscient de ces enjeux, un groupe de personnes nouvellement arrivées sur le plateau de Millevaches a décidé de travailler concrètement sur cette problématique.
En novembre 2002, l'association Le monde allant vers... est créée (Cf. IPNS n°4). Elle a pour objectif de mettre en place une structure appelée ressourcerie culturelle, et compte actuellement une soixantaine d'adhérents. Nous avons demandé à ses promoteurs, Guillaume Codet, Olivia Garnier et Yvon Le Sidaner, de nous présenter ce projet.

IPNS : Pouvez-vous nous expliquer ce qu'est une "ressourcerie" ?

Le Monde allant vers... : Une ressourcerie est un centre de valorisation des déchets et de promotion de comportements plus respectueux de l'environnement.
Concrètement, une ressourcerie met en pratique trois thèmes majeurs concernant la gestion des déchets : la réduction à la source, le réemploi et le recyclage.
En ce qui concerne la réduction à la source, chacun sait bien que les déchets qui coûtent le moins cher au citoyen et qui n'ont pas d'incidences sur l'environnement sont ceux que l'on ne produit pas !
La sensibilisation et l'information peuvent permettre de changer nos comportements, de retrouver un bon sens que, pour beaucoup, nous avons perdu en une génération. Il s'agit de mettre en pratique au quotidien les gestes qui permettent de réduire le gaspillage et les déchets pour que nos enfants ne vivent pas sur une planète pillée et dévastée.
Notre deuxième axe c'est le réemploi. Beaucoup d'objets qui partent en décharge ou en déchetterie peuvent être réutilisés, soit en l'état, soit après réparation, soit en pièces détachées après démontage. Ils peuvent aussi être détournés de leurs fonctions premières pour d'autres utilisations (artistiques par exemple). Donner une deuxième vie aux objets, c'est réduire les tonnages en décharge et donc les coûts pour les citoyens. C'est également offrir à la vente des objets à prix modiques.
Enfin, en dernière solution, il y a le recyclage. Certains objets, inutilisables, peuvent être démontés afin de séparer les matières pour les valoriser. Par exemple un canapé convertible hors service qui va normalement à la décharge peut être démonté et valorisé en bois, tissu et métal. Cette action participe encore à la réduction des tonnages en décharge. Elle a également une incidence sur la préservation des réserves de la planète car les matières recyclées servent à refabriquer des objets sans prélever dans les gisements naturels.

IPNS : Concrètement, que fera votre ressourcerie ?

M.A.V. : Le projet du Monde à l'envers... se déclinera de quatre manières :
 des collectes à domicile sur rendez-vous, en porte à porte ou en apport volontaire. Ces collectes sont faites délicatement (les objets ne sont donc pas jetés en vrac dans des bennes) afin de préserver les objets dans le but de leur réemploi ou de leur recyclage.
. des ateliers de valorisation (tri, réparation, remise en état, démontage).
. un magasin de vente pour offrir à prix modiques les objets remis en état.
. la sensibilisation (dans le magasin de la ressourcerie, dans les écoles, les lieux publics…) qui permet de prendre conscience de l'impact de nos comportements sur notre environnement. Elle favorise la maîtrise de notre consommation et donc des déchets produits.

IPNS : Aujourd'hui quelles sont vos activités ?

M.A.V : Actuellement nous menons une étude de faisabilité pour valider la pertinence d'une telle initiative sur le pays Monts et Barrages en Haute-Vienne (cantons d'Eymoutiers, Châteauneuf la Forêt et St Léonard de Noblat). Nous recherchons un local à Eymoutiers ou en périphérie pour y installer notre magasin. En effet, nous avons déjà commencé des collectes auprès des particuliers, trié et valorisé les objets recueillis et nous organisons des ventes mensuelles sur le marché d'Eymoutiers. Enfin, nous préparons une grande manifestation d'une semaine à Eymoutiers au printemps 2004 : "Un pas plus loin…", qui montrera grandeur nature ce que peut faire une ressourcerie (voir programme de cette manifestation page 9).
En attendant, si vous avez un grenier à vider, une cuisinière ou un poêle dont vous n'avez plus l'utilité, des vêtements que vous ne portez plus, et tous objets dont vous voulez vous débarrasser (livres, vaisselle, électroménager, bibelots…) vous pouvez faire appel à nos services gratuitement.

IPNS : On a bien compris les missions d'une ressourcerie. Mais pourquoi une ressourcerie "culturelle" ?

M.A.V. : On ne veut pas faire que des collectes, du tri et de la remise en état. Notre action se justifie surtout si elle débouche sur une évolution de nos comportements de consommateurs… C'est une véritable évolution culturelle qui est nécessaire. Nous ne travaillons pas seulement sur la matière et le déchet, mais sur tout ce qui autour, dans nos manières de vivre, d'acheter, etc. génère ces déchets. Concrètement la ressourcerie ne sera pas seulement un lieu où l'on trouvera des objets recyclés. On pourra y organiser des débats, y présenter des expositions, proposer de la documentation ou bien demander à des artistes d'intervenir au sein même de notre structure. C'est pourquoi nous parlons de ressourcerie "culturelle".

L'association Le Monde allant vers... intervient sur les territoires suivants : cantons d'Eymoutiers, Saint Léonard, Châteauneuf la forêt, communauté de communes de Royère-Bourganeuf, communauté de communes du plateau de Gentioux et cantons de Bugeat, Sornac et Treignac.
Les prochaines ventes mensuelles à Eymoutiers auront lieu les samedi 13 mars, 10 avril, 8 mai, 12 juin, sous la halle couverte (sous la bibliothèque).
Si vous désirez soutenir l'association et participer à ses actions, l'adhésion est de 10 euros par personne ou 15 euros par famille. Vous serez alors régulièrement tenus au courant de ses activités par l'intermédiaire d'une petite feuille de chou.

contact : association le monde allant vers… 87120 Eymoutiers.

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Aujourd'hui, en Limousin, il existe encore des décharges autorisées plus ou moins sauvages

La société de consommation est aveugle : il n'est pas de croissance infinie possible sur une planète dont les ressources sont limitées. Nous risquons d'avoir épuisé la majeure partie des réserves en pétrole et en métaux avant 2050. Les pollutions déséquilibrent le climat et affaiblissent notre santé. La biodiversité s'effondre.
La société de consommation engendre un pillage : 20 % de la population de la planète, les pays riches, consomment 80 % des ressources planétaires. Elle nous réduit à une seule dimension : consommateur.


insi nous produisons environ 400 kg de déchets par an, soit 1 kg par jour. Cette quantité augmente dangereusement de 2 à 3% par an.
Notre poubelle se compose d'une moitié d'emballages (papier, carton, verre, plastique, métaux), d'un tiers de fermentescible, le restant de petits éléments, de textile, de déchets divers (encombrants et déchets ménagers spéciaux) et de complexes (tetrapack…)  
En 1975, la première "loi déchets" initie timidement la politique relative à l'élimination des déchets et à la récupération des matériaux. Cette loi définit la notion de déchet et précise les responsabilités et les obligations de leurs producteurs.
Les gros groupes se ruent et investissent, la manne doit être intéressante, les incinérateurs avec leur joli panache se mettent à pousser comme des champignons et les décharges se transforment en centre d'enfouissement technique (CET).
Malgré son titre, cette loi ne comprend aucune disposition sur la récupération des matériaux !
Il faudra attendre la loi de 1992. Il y apparaît la notion de déchets ultimes : en effet, ceux-ci ne pourront plus aller directement dans un trou au bout du village, mais devront subir un tri, un traitement, une valorisation avant leur incinération ou leur enfouissement technique.
C’en est fini les décharges brutes à coût zéro. En fait, sous-estimé à l'époque il sera payé par la génération suivante (réhabilitation de décharges, impact écologique et sanitaire par pollution des eaux).
Pour relayer ces dispositions nationales, le territoire est organisé par des plans départementaux d'élimination des déchets ménagers et assimilés, qui optimisent les choix et distribuent les rôles. L'intercommunalité évolue pour que les collectivités aient des compétences au bon niveau. Mais on a souvent à faire à un embrouillamini.
Cette loi fait faire à la société française un saut important en passant d'une fonction d'élimination des déchets à une fonction de valorisation de matière.
Les collectes sélectives des emballages, qui occupent quasiment la moitié de notre poubelle, commencent à se mettre en place (la Corrèze n'en est pas encore pourvue !).                                             Cet été, les éco-points se sont remplis avec frénésie, la population est sensibilisée et effectue bien le tri, mais faut-il se féliciter de boire autant de boissons embouteillées alors que nous avons encore une eau d'excellente qualité aux robinets de notre région?
Les déchèteries fleurissent partout en France et tentent de résorber les dépôts sauvages en accueillant les encombrants et les toxiques.

Cette loi s'était fixée l'échéance de 2002 et notre plateau limousin apparaît bien morcelé et hétérogène pour la mise en application définitive de ce dispositif.
En effet, certains territoires ont joué rapidement la carte de l'intercommunalité, ont mis en place la collecte sélective et ont construit des déchèteries avec des collectes d'encombrants en complément pour desservir les communes éloignées. D'autres au contraire, n'en sont encore qu'aux balbutiements et accusent un retard plus que certain ! (Voir page 8  "reconnaissez votre décharge ?")
Aujourd'hui sont mises en place des filières spécifiques :  médicaments, piles, huile de vidange, batteries et pneus retournent chez les revendeurs. Demain ce sera le tour de l'électroménager d'être démantelé dans des filières spécialisées.

Mais que dire de nos déchets verts, dont des quantités industrielles arrivent dans les déchèteries, dans le meilleur des cas ? Ce compost, ainsi fabriqué avec les déchets verts des villes et des particuliers, répond-il à l'appauvrissement des sols de nos champs, qui ont perdu la moitié de leur humus en 50 ans ? Ne faut-il pas plutôt remettre en question notre production agricole et horticole et laisser nos tontes et élagages pourrir au fond du jardin ? Dans le pire des scénarios ils finissent tout bonnement aux ordures pour atterrir dans un centre d'enfouissement ou un incinérateur à 80 km de là !
Que dire également de nos encombrants (entre 50 et 100 kg/personne par an) qui symbolisent bien notre société du jetable. Auparavant, une machine à laver, un réfrigérateur ou un téléviseur vivaient une quinzaine d'années et nous pouvions espérer les réparer en cas de panne. Aujourd'hui cinq ans paraissent tenir du miracle et le réparateur s'est transformé en commercial à "promo" !
Le matériel informatique, quant à lui, bat tous les records puisqu'il est soi-disant obsolète en deux ans.
Le progrès nous apporte l'aggloméré, la mousse et le tissu synthétique difficilement démontables et recyclables.
De même pour les jouets de nos chérubins fabriqués en plastiques non recyclables et forts consommateurs de piles.
Qui n'a pas des fonds de pots de peinture, des insecticides, de l'acide et des produits de jardinage sur une étagère dans son garage ? Les déchets ménagers spéciaux (DMS) sont des produits contenant des éléments dangereux pour la santé ou dommageables pour l'environnement. Chaque personne se débarrasse de 2 kg par an de ces poisons. Une infime partie en est traitée. Où va le reste ? Dans l'évier, à la poubelle ou au fond du jardin ?
Aujourd'hui en 2004, en Limousin, il existe encore des décharges autorisées plus ou moins sauvages où l'on dépose quotidiennement impunément des réparables (gros électroménagers), des recyclables (verre, carton, pneus, métaux, emballages, vêtements), des toxiques qui vont polluer la nappe phréatique (médicaments, télévisions, peintures, batteries, piles) et des non-recyclables (jouets, objets en plastiques qui feront sans doute le bonheur des archéologues de demain).

Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir si nous voulons renverser la courbe de progression de la production de nos déchets. Le grand défi de demain est la réduction à la source, qui  représente l'étape incontournable la plus difficile et passe par un changement radical de nos comportements. Cette phase ne dépend plus de procédés industriels onéreux mais de la sensibilisation, surtout auprès des plus jeunes.
Seule la réduction à la source permettra de réduire la facture à payer qui devient de plus en plus lourde, malgré le tri et l'effort demandé à la population ! On se rend compte, en fait, que ce qui coûte le plus ce n'est pas la collecte sélective mais toujours ce qui échoue en CET, et c'est cette part non "valorisable" qui augmente d'année en année. Il faut absolument s'attaquer à la réduction des déchets à la source !

Il faut passer du statut de simple consommateur à celui de consom'acteur.
Quand nous effectuons nos courses, donnons nous quelques repères pour la protection et la durabilité de l'environnement. Dans quelle région ou quel pays le produit a-t-il été fabriqué ? Avec quel mode de production, quelle consommation d'énergie ? Sans oublier l'éthique du fabricant autant à l'égard de la toxicité et de la recyclabilité des ingrédients, qu'aux conditions de travail des salariés. Toutes ces questions rassemblées, il nous reste à regarder le contenu de notre porte monnaie et le temps dont nous disposons. En pensant que demain le suremballage et les sacs plastiques de sortie de caisse seront surtaxés. L'acte d'achat se transforme en véritable parcours du combattant.
Bon courage et à Bientôt !

yvon le sidaner

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Déchets de l'informatique

Nous avons trop facilement tendance à voir les "nouvelles technologies" de l'électronique et de l'informatique comme des industries "propres". La réalité est nettement moins rose. En particulier on ne sait absolument pas quoi faire de tous ces ordinateurs qui sont condamnés au rebut soit parce qu'ils sont devenus obsolètes (de plus en plus rapidement), soit parce qu'il revient moins cher d'acheter du neuf que de faire réparer (essayez de faire réparer un magnétoscope, juste pour voir…).
Pour l'année 2000, la France aura mis à la poubelle 1,5 million de tonnes de déchets électroniques. Aux Etats-Unis, ce sont plus de 50 millions d'ordinateurs qui sont jetés à la poubelle chaque année !
Des filières de recyclage tentent de se mettre en place mais restent limitées en raison du coût. Les sociétés de recyclage spécialisées ne survivent que grâce à la volonté de quelques rares entreprises qui font le choix de l'écologie. Ainsi, la quasi totalité de ces appareils finissent en décharge ou incinérés. Or ils contiennent des substances telles que le plomb, le cadmium et le mercure, le chrome ou l'arsenic, particulièrement toxiques qui risquent de polluer l'environnement.
Devant la difficulté de traiter ces déchets, un inquiétant commerce s'est développé pour les exporter vers des pays pauvres peu regardants sur ce qui arrive sur leur territoire.

Les destinations de préférence de ces machines rejetées sont la Chine, l'Inde et le Pakistan. Là-bas, une main d'œuvre qui gagne la misère s'applique à les démonter pour récupérer l'or, l'argent et le platine dont une machine contient à peu près 40 grammes de chaque.

La sécurité sur les lieux de travail n'existe guère dans de telles entreprises de récupération, qui relèvent plutôt d'un artisanat primitif alimenté, donc contrôlé, par des réseaux d'importation assez puissants pour pouvoir éviter toute intervention éventuelle de la part des autorités. Et comme les processus de récupération exigent des mélanges chimiques hautement toxiques (le plus souvent à base d'acide), en plus de squelettes d'ordinateurs toxiques par dizaines de millions, ces entreprises engendrent une pollution chimique qui menace tant les eaux de la surface que les nappes phréatiques.

Pour s'opposer à cette déferlante, les pays pauvres appuyés par nombre d'ONG tentent l'interdiction de tout déplacement de matières toxiques. La France, qui s'adonne par ailleurs au commerce de déchets nucléaires, est bien entendu fermement opposée à une telle interdiction…


Réduire, c'est possible !

Certains l'ont fait, et aussi incroyable que cela puisse paraître, ils ont même obtenu des résultats !
Le Massachussets, aux Etats-Unis, est parvenu à réduire sa production de déchets toxiques de 50% en dix ans, grâce à des planifications obligatoires pour les entreprises dans le cadre de la loi TURA (Toxic Use Reduction Act) adoptée en 1989.
L'Irlande, en appliquant une taxe sur les sacs plastiques, a entraîné une baisse de leur consommation de 90%.
A Dilbeek, en Belgique, l'application du principe pollueur payeur, au travers d'une facturation par foyer proportionnelle au volume de déchets non recyclables et d'une bonne information, a contribué à réduire la production de déchets, et le coût pour la collectivité s'en est trouvé réduit également.

Source : CNIID Infos, n°14 (4ème trimestre 2003)



La vie de vos dechets

Trognon de pomme : de quelques jours à six mois
Mouchoir en papier : trois mois
Ticket de bus : trois à quatre mois
Mégot sans filtre : trois à quatre mois
Mégot avec filtre : un à deux ans
Allumette : six mois
Chaussette en laine : un an
Chewing-gum : cinq ans
Boite de conserve en fer : 10 à 100 ans
Briquet jetable : 100 ans
Canette en aluminium : 200 à 500 ans
Sac en plastique : 450 ans
Bouteille en plastique : 100 à 1000 ans
Bouteille en verre : 4000 ans

Source : IFREMER (Institut français de recherche pour
l’exploitation de la mer)

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Les gestes

Evitons les produits jetables !
Fabriqués pour être jetés : le comble de l'absurde ! Le service rendu est sans commune mesure avec leur impact sur l'environnement.

Limitons l'achat des piles :
Leur fabrication nécessite 1000 fois plus d'électricité qu'elles n'en redistribuent. De plus, une fois usées elles restent encore très polluantes.  Préférez, un branchement secteur ou à défaut, utilisez des piles rechargeables qui se réutilisent environ 1000 fois.

Achetons et consommons des produits de saison et locaux :
C'est agir pour une réduction des coûts énergétiques de production, de transports et participer au dynamisme local.

Evitons les emballages superflus :
Ils sont payés deux fois : à l'achat et à l'élimination.

Ayez toujours un panier, un sac ou un cabas à roulette dans le coffre de votre voiture.
Cela évite d'utiliser les sacs plastiques distribués (trop) généreusement en caisse…
Un sac plastique met 400 ans (6 générations) à se dégrader.

Eteignons réellement la télé, l'ordinateur…
La position "veille" de vos appareils, peut représenter jusqu'à 70% de leur consommation totale. Vous pouvez vous munir de prises multiples à interrupteur.

Investissons dans les lampes économes :
Elles consomment 5 fois moins d'électricité et ont une durée de vie 6 fois supérieure, soit un rendement 30 fois meilleur que les "vieilles" ampoules à incandescence.

Ne nous servons pas de notre cheminée comme d'un incinérateur…
Jeter au feu des déchets domestiques qui contiennent notamment du plastique et des teintures peut être dangereux pour la santé : cela dégage des polluants toxiques lors de la combustion.

Lavez propre …
Impitoyables avec les taches et les graisses la plupart des détergents le sont aussi avec l'environnement. Les phosphates des lessives provoquent la prolifération d'algues microscopiques, dangereuses pour la vie aquatique. Aujourd'hui, les quantités de phosphates mesurées dans les rivières sont 10 à 15 fois supérieures aux teneurs naturelles. Utilisons les produits les plus respectueux pour l'environnement et sachons les doser.

Ne jetons plus les fermentescibles :
Nos poubelles contiennent en moyenne 30% de déchets organiques (épluchures de légumes, déchets de jardin) qui, déposés dans le jardin, se transformeraient naturellement en humus, et peuvent même servir de compost pour fertiliser le sol.

Réfléchissons à notre chauffage :
Préférons d'abord le bois, ressource locale.
Adapter si on peut son chauffage à ses besoins permet des économies considérables :  un degré de moins dans un logement représente 7% d'économie d'énergie.

N'hésitons pas à dégivrer le réfrigérateur !
Si la couche de givre dépasse 3 millimètres sur les parois de votre appareil, cela crée un effet isolant et une surconsommation d'énergie de 30%. Par ailleurs, évitons d'y introduire des éléments chauds, et utilisons des boites hermétiques pour les restes.

Ne jetons pas nos huiles de vidange n'importe où !
Un litre d'huile de vidange dans une rivière, cela crée sur l'eau, une pellicule d'une surface de 10 000 m2.
 
 
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