veloDans le n° 12 d’IPNS, j’avais tenté d’expliquer la place remarquable occupée par le cyclisme dans la culture populaire du Limousin durant tout le XXé siècle. 

Cette place se traduisait par le nombre incalculable de compétitions cyclistes organisées généralement à l’occasion des fêtes dans les bourgs ruraux ou dans les quartiers urbains, par l’engouement pour ce sport des jeunes ouvriers ou paysans économisant sou par sou pour se payer leur premier vélo de course, par l’affluence énorme aux réunions du vélodrome de Limoges ou aux arrivées des grandes courses et par l’importance accordée au cyclisme dans les pages sportives des quotidiens, à la radio et à la télévision régionale.

Des champions emblématiques comme André Raynaud, champion du monde de demi-fond (épreuve sur piste derrière entraîneur motocycliste) en 1936, souvent associé au creusois Dayen, Raymond Poulidor (inutile de le présenter) ou Luc Leblanc (champion du monde sur route en 1993), et des épreuves phares comme Paris-Limoges, le Tour du Limousin, le Tour de la Corrèze et les multiples critériums réunissant les professionnels et les régionaux, ont constamment entretenu l’intérêt des Limousins pour le cyclisme.

Il nous a semblé qu’il pourrait être plaisant, par une démarche pointilliste de type abécédaire, de progresser dans la connaissance et la compréhension des multiples facettes du cyclisme en Limousin. Les notices ne viseront pas à l’exhaustivité et leur choix sera essentiellement subjectif.

 

alaphilippeAlaphilippe François 

 

Non, il ne s’agit pas de Julien, ce jeune Montluçonnais qui vient de s’illustrer sur les routes du Tour de France et des jeux olympiques en faisant montre d’un remarquable talent d’attaquant.

 

François Alaphilippe, né en 1941, a d’abord été, de 1957 à 1962 un des meilleurs coureurs limousins. Avec son compère de l’UV Limousine Alain Desplat, ils dominent les compétitions régionales, comme des classiques amateurs parisiennes (très cotées à cette époque) ou le championnat de France OSSU. (puis ASSU, scolaires et universitaires) sur route (troizième en 1960 et demi-finaliste en 1961). En 1962, il arrête la compétition pour se consacrer, avec succès, à ses études de droit. Il gravit tous les échelons universitaires. Agrégé il est professeur de droit privé à la faculté de droit de Limoges, dont il deviendra doyen et auprès de laquelle il fondera en 1977, avec Karaquillo, le Centre de droit et d’économie du sport.

 

Mais cest en qualité de dirigeant qu’il aura la plus grande réussite : président de la Fédération française de cyclisme de 1989 à 1993, il sera aussi secrétaire général du Centre national olympique et sportif français de 1993 à 2001 et membre du tribunal arbitral du sport, une instance internationale dont on a beaucoup parlé à l’occasion de l’affaire Platini-Blatter en football ou lors des derniers jeux olymiques.

 

Jean-François Pressicaud