Issu de reportages des auteurices dans différentes régions de France, le livre fait se succéder plusieurs chapitres : fermes partagées, fermes solidaires, fermes pirates, fermes sociales. Autant d’exemples comme des déclinaisons possibles pour sortir du modèle agro-industriel qui a fait disparaître le monde paysan, appauvri et isolé les travailleureuses, détruit la vie des sols, de la faune et de la flore, détérioré la qualité de l’alimentation. Si l’image dominante de l’agriculteurice figure aujourd’hui un cadre familial et souvent isolé, les fermes présentées ici ont toutes un point commun : on travaille, on produit, on nourrit, oui mais en collectif.
Coopératives, associations, Scop (Société coopérative de production), Scic (Société coopérative d'intérêt collectif), Gaec (Groupement agricole d'exploitation en commun), les formes possibles de s’associer sont diverses. Ami.es, collègues, camarades, conjoint.es, parents, les liens entre les un.es et les autres sont divers aussi. Il s’agir de défaire les préjugés sur le monde agricole et sur le collectif, on peut s’associer sans tout partager, on peut « retourner à la terre » sans « vivre en communauté », on peut être autonome sur son atelier de production sans tout gérer tout seul, on peut aimer son métier et en vivre sans y consacrer l’entièreté de son temps, on peut cultiver la terre sans hériter ni s’endetter. Un nouveau monde paysan s’invente, peut-être se retrouve, fondé sur le partage, l’entraide et la diversité.
Il ne s’agit pas seulement de s’organiser autrement mais aussi d’arracher la production agricole au système industriel. On travaille sans pesticides, on ne nourrit pas les filières de l’agroalimentaire, on privilégie les circuits courts, on nourrit nos voisins et voisines, les habitant.es du territoire, on fait des ponts entre ville et campagne. On lance un marché à la ferme, et c’est l’occasion de buvettes, de fêtes, de rencontres. Là où une ferme faisait difficilement vivre un exploitant hyper contraint par le système industriel et souvent isolé socialement, une installation collective permet à plusieurs personnes de vivre et de diversifier les ateliers. C’est l’effet boule de neige, une ferme collective ça nourrit aussi le tissu social local.
Outre la quinzaine de collectifs agricoles rencontrés, l’ouvrage présente un annuaire des organismes, associations et réseaux investis sur le sujet, et une « fermothèque » d’une vingtaine d’autres exemples de lieux, « une invitation à partir à la rencontre de ces alternatives souvent méconnues et à les rendre visibles et accessibles à tous ». Un ouvrage pour toutes celles et ceux qui recherchent des inspirations, sensibles et pratiques à la fois, pour se lancer dans l’aventure agricole et collective.