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FLM, un regard photographique sur le rural

Date
lundi 1 septembre 2025 10:59
Numéro de journal
92
Auteur(s)
Zia Perthuisot
Visite(s)
8 visite(s)

Zia Perthuisot flm 002Entre 2019 et 2025, Zia Perthuisot est montée à Paris pour poursuivre ses études, d’abord en création littéraire puis en photographie. Chaque été, elle revenait sur le Plateau de Millevaches afin de financer ses études, pour retrouver ses proches et le territoire limousin. Entre deux shifts de travail, elle a photographié le Plateau de Millevaches, et notamment la jeunesse rurale. En découle la série photographique « FLM » réalisée en couleur et en noir et blanc, principalement à l’argentique. Ce travail s’accompagne également d’une réflexion théorique autour de la représentation du rural en photographie. Vous trouverez dans les pages de ce numéro les deux volets – théorique et plastique – de cette recherche.

 

De la littérature aux arts visuels

Au tournant des années 2000, la ruralité devient, ou plutôt redevient, un sujet mobilisé dans le champ politique comme artistique. La littérature s’empare du sujet très rapidement : fiction, auto-fiction, autobiographie, poésie, les genres se bousculent pour donner une forme textuelle à la campagne. Alors que Nicolas Matthieu obtient le prix Goncourt 2018 pour son roman Leurs enfants après eux, d’importants textes voient le jour à sa suite, d’auteurs et autrices aux voix singulières et aux histoires peu racontées jusqu’ici. Parmi eux l’ouvrage Comment sortir du monde (1) de Marouane Bakhti, la poésie d’Aurélie Olivier dans Mon corps de ferme (2) ou encore les nombreux textes de l’autrice et éditrice Juliette Rousseau (3).

À côté de cela, les arts visuels semblent prisonniers de concepts arrêtés, hérités d’une figuration picturale où règne une confusion entre « paysannerie » et « rural » qui viendra altérer les représentations de la ruralité jusqu’à aujourd’hui. Si le photographe Raymond Depardon permet un coup de projecteur à partir des années 2000 sur une grande partie du territoire jusqu’ici peu regardé (4), pour autant, il n’existe pas de genre s’attachant à dépeindre une « photographie rurale » au même titre que s’est constituée une photographie urbaine, notamment caractérisée par la photographie de rue.

 

Arts visuels et ruralité

Si la photographie vernaculaire (5) gagne en intérêt ces dernières années, les arts visuels semblent pourtant faire du paysannat une véritable synecdoque du rural. C’est-à-dire : quand on pense à la campagne, c’est le travail de la terre qui est essentiellement mis en avant, et cela jusqu’à effacer nombre des traits des territoires ruraux et de leurs populations.
De surcroît, la figure du paysan est un être moralisant, héritage d’une iconographie médiévale chrétienne revisitée selon les époques et les contextes politiques. Le paysan est tantôt perçu comme archaïque et réactionnaire, tantôt instrumentalisé par les discours agraires du régime de Vichy. Mon travail de recherche, effectué de 2023 à 2025, souhaite donc souligner la nécessité d’une pluralité des regards sur la campagne, notamment depuis son cœur, afin de déjouer le fort urban gaze (6) qui s’y déploie.

Il apparaît donc essentiel aujourd’hui de questionner ces figurations ainsi que les discours qui les construisent et les figent dans un contexte marqué par la résurgence de logiques autoritaires. L’histoire nous rappelle combien le rural a pu être instrumentalisé par les régimes totalitaires, faisant de cette réflexion non seulement une démarche critique mais aussi une forme de vigilance.

 

FLM

Dans « FLM », on découvre le village de Faux-La-Montagne par ses habitants et habitantes mais aussi par ses paysages. La série dévoile un territoire où nombreux sont les jeunes qui s’y installent, qui souhaitent y construire leur vie, parfois à rebours de leurs quotidiens précédents dans les grandes villes, parfois dans la continuité d’un vécu rural tout à fait épanouissant sous beaucoup d’aspects. À l’image du photographe Cédric Calandraud et sa série En Somme, sur sa Charente natale, FLM souligne certes un vécu rural mais également une jeunesse joyeuse, pleine de savoir-faire, de force, de tendresse en dehors des stéréotypes qu’on lui accole, une jeunesse comme suspendue dans l’instant, en proie à ce que décrivait l’autrice Annie Ernaux : « et devant elle, l’immensité du temps à vivre » (7).

 

Zia Perthuisot

1 - Marouane Bakhti, Comment sortir du monde, Les nouvelles éditions du réveil, 2023.
2 - Aurélie Olivier, Mon corps de ferme, Éditions du commun, 2023.
3 - La Vie têtue (2022) et Péquenaude (2024) aux Éditions Cambourakis ou encore Un pays balbutié, Éditions Isabelle Sauvage, 2025.
4 - Rappelons que jusqu’à il y a peu, pour définir le rural, l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE) apportait un regard en négatif : ce qui n’était pas urbain, alors, était rural. On y perçoit évidemment la prédominance d’un territoire sur l’autre venant appuyer une typologie manichéenne rural/urbain où le second prévaut. Ce n’est qu’en 2020 que l'INSEE s’empare à nouveau du sujet pour en proposer une définition nouvelle dorénavant fondée sur la densité de population comme indice de ruralité. Dès lors, « l’espace rural est défini comme l’ensemble des communes peu denses et très peu denses. Avec cette définition, le rural représente 30 775 communes et 33% de la population », [en ligne] : https://www.cnis.fr/wp-content/uploads/2020/08/DPR_2ème-Com-Territoires_Bilan_gt_rural.pdfhttps://www.cnis.fr/wp-content/uploads/2020/08/DPR_2ème-Com-Territoires_Bilan_gt_rural.pdf
5 - La photographie vernaculaire renvoie à un ensemble de photographies d’ordre utilitaire, produites en dehors des instances de légitimation culturelle. Elle est principalement produite et utilisée dans le cadre familial. Voir Vernaculaires : Essais d'histoire de la photographie, Clément Chéroux, 2013.
6 - « On pourrait parler d’urban gaze (ou prisme urbain) pour décrire ce regard citadin (et bourgeois) qui déforme, simplifie et caricature les représentations des territoires ruraux, tout en alimentant un sentiment de supériorité des villes sur les campagnes » dans « Urban gaze : la ruralité soumise au regard médiatique urbain, Emma Conquet », Frustration Magazine, 3 février 2025,
https://frustrationmagazine.fr/urban-gaze/
7 - La honte, Annie Ernaux, Éditions Gallimard, 1997.

 

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IPNS - 23340 Faux-la-Montagne - ISSN 2110-5758 - contact@journal-ipns.org
Journal d'information et de débat du plateau de Millevaches - Publication papier trimestrielle.

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