communication

  • Ambiance apaisée à Eymoutiers

    L’unique liste « Eymoutiers, une passion commune », conduite par Mélanie Plazanet, a remportée les élections dimanche. Retour sur la campagne et le projet de ces élus.

     

    municipales 2020 eymoutiersC’est une campagne électorale calme, où la principale action des candidats a été de passer chez tous les habitants du bourg et des hameaux pour leur donner le programme. Ce qui a le plus intéressé les gens, si l’on en croit le retour d’une élue, c’était de savoir qui est qui. Trombinoscope en main, chacun y allait de son commentaire : « Lui, c’est mon voisin », « Ah mais c’est la petite unetelle » etc. Bref, comme souvent, les électeurs et les électrices semblaient s’intéresser davantage aux personnes qu’aux programmes. Il est vrai qu’il n’y avait qu’une seule liste donc pas de programme à choisir, et la moitié de nouvelles têtes. Parmi elles, Laurent Delefosse, Elise Levet, François Delcoy, Richard Gora ou encore Emmanuelle Bachellerie. Une équipe d’une grande mixité, tant générationnelle, de 23 à 70 ans, que de parcours professionnel, en vrac : institutrice, éducateur, secrétaires de mairie, infirmière, médecin, chef de chœur, économiste, graphiste, charpentier, animatrice petite enfance, étudiant... « Je suis contente de voir des élus qui ont de la bouteille et d’autres qui débutent, des gens du cru et des néo-ruraux ensemble », se réjouit une habitante, tandis qu’une autre se demande si la mayonnaise va prendre entre toutes ces personnes différentes.

     

    Une seule liste, un programme prometteur

    Une seule liste, on peut considérer ça comme le signe d’une commune où le vivre-ensemble se passe bien. D’ailleurs, ce qui rassemble ces élus n’est pas leur vision politique – on est sur du « divers gauche » – mais leur engagement dans la vie de la cité. « Eymoutiers, une passion commune » est bien trouvé, car effectivement, tous ces élus participent au dynamisme de la commune, au-delà de leur mandat, par leur métier, leur(s) activité(s) bénévole(s) : université populaire, clubs sportifs, cinéma, associations de solidarité… Mais certains électeurs déplorent l’absence d’autres listes « pour faire vivre la démocratie ». D’autant que Mélanie Plazanet est déjà maire depuis cet été, Daniel Perducat ayant souhaité passer la main en cours de mandat pour préparer la transition. Une opération qui a semblé opaque à beaucoup d’habitants, mais finalement plutôt positive et, en définitive, attendue. Côté programme, « C’est prometteur ! », « Ambitieux », « Ils veulent contenter tout le monde » : un programme effectivement très riche. Certaines propositions, plutôt vagues, devront être traduites en actions : valoriser la ressource municipale en eau et promouvoir les systèmes de récupération d’eau pluviale sur les bâtiments communaux, intégrer plus de végétal dans le bourg, valoriser les circuits courts, soutenir les entreprises, PME, commerçants et artisans… Mais certaines propositions sont déjà très concrètes et intéressantes : inventorier les biens sans maître et les logements insalubres, rénover le camping, réfléchir à la création d’un lieu pour les pratiques du skateboard, du BMX et de l’escalade, acquérir du matériel de sonorisation pour les événements festifs ou encore accueillir les nouveaux arrivants lors d’un pot de bienvenue.

     

    Continuité politique

    Globalement, la nouvelle équipe souhaite poursuivre le travail de l’ancienne, dirigée par Daniel Perducat et Jean-Pierre Faye. Ce duo a joué un rôle fondamental dans le dynamisme et l’attractivité d’Eymoutiers. On lui doit de nombreux équipements et le développement ou maintien des services (école, collège, cinéma, maison médicale, bibliothèque, musée, halle des sports, eau en régie municipale, etc.). L’ancienne équipe a également beaucoup travaillé sur le patrimoine bâti, les questions sociales ou le numérique. Côté écologie, un grand pas a été franchi avec la mise en place d’une nouvelle chaufferie pour les bâtiments publics, alimentée par le bois des forêts communales, et le démarrage d’un Plan climat. La nouvelle équipe s’inscrit dans la continuité. Elle souhaite en outre s’emparer du vaste chantier des bâtiments vacants, notamment ceux qui sont propriétés de la mairie, et agir pour le climat, à travers des propositions autour de la mobilité douce et des énergies renouvelables. 

     

    Méthode renouvelée

    Certains habitants estiment toutefois que tout cela est « trop timoré ». D’autres auraient aimé une réunion publique avant les élections, comme cette habitante qui se demande pourquoi un éco-quartier ou comment réduire le trafic des camions, une autre est inquiète à propos du projet éolien. Mais rien à voir avec l’ambiance conflictuelle d’il y a six ans où deux camps s’affrontaient, s’accusant de tous les maux, alors même que les deux programmes, de gauche écologiste, étaient proches sur le fond, mais bien différents sur les modes de gouvernance. Les uns défendaient la légitimité du pouvoir des élus tandis que les autres rêvaient auto-gestion et concertation. Sur ce point, Mélanie Plazanet souhaite se démarquer de ses prédécesseurs. Convaincue des vertus du collectif – elle a travaillé un temps avec les Motivé.e.s à Toulouse –, elle voudrait mettre en place une gouvernance participative. La présence au conseil municipal de personnes issues de pratiques coopératives comme Philippe Simon, retraité d’Ambiance bois, ou Juliana Jimenez, ancienne d’Oxalis, place cette perspective sous de bons augures.

     

    Volonté de dialogue

    Mais quelle forme va prendre cette nouvelle gouvernance ? Le programme évoque une meilleure information, de nouveaux outils de communication, des réunions publiques et des commissions citoyennes. Comme dans toutes les communes marquées par une volonté de participation, il y aura certainement des ajustements à faire, des choses à tester. Les commissions citoyennes ont parfois du mal à vivre, alors que les réunions publiques semblent plébiscitées. Certains habitants proposent la tenue de réunions citoyennes en amont des conseils municipaux, pour exprimer leurs opinions avant la prise de décisions ou proposer des points à aborder. Des collégiennes aimeraient s’investir dans un conseil municipal des jeunes. Bref, il y a une volonté de dialogue des deux côtés, mais tout est encore à inventer. Sur les 1 472 inscrits aux listes électorales (sur 2 046 habitants), la moitié s’est déplacée pour voter dimanche 15 mars 2020 (dont 16 votes blancs et 87 nuls). Maintenant, on a hâte que ce « renouveau dans la continuité » commence !

     

    Emmanuelle Mayer
  • Après le temps des forêts, la filière-forêt-bois esquive le temps du débat

    Le documentaire Le temps des forêts de François-Xavier Drouet est sorti dans les salles le 12 septembre 2018, rassemblant plusieurs dizaines de milliers de spectateurs. Ce film interroge les transformations du monde forestier et de la filière bois, qui tendent de plus en plus à épouser le modèle agricole intensif productiviste. François-Xavier Drouet nous propose un retour sur les réactions que son film a suscitées, dans les salles et en dehors.

     

    J’avais deux objectifs en réalisant ce film : sensibiliser le grand public aux enjeux de la gestion forestière d’une part, susciter un débat au sein de la filière forêt-bois d’autre part. Le premier objectif est plus ou moins atteint : le film a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de spectateurs et a reçu un large écho dans les médias nationaux. Près de 300 projections débats ont été organisées, devant des publics très variés, en zones urbaines comme au cœur de régions forestières. Des liens se sont tissés et plusieurs initiatives locales sont nées suite à ces rencontres.

     

    film le temps des foret

     

    Levée de boucliers

    Pour ce qui est de créer un débat chez les professionnels, c’est plus mitigé… Quelques jours avant sa sortie, le film a fait l’objet d’une levée de boucliers d’une partie de la filière. La Fédération Nationale du Bois (FNB) a publié un communiqué en réaction, dénonçant un film “à charge“ et “négatif “, sans prendre le temps de répondre aux questions posées par le film. Ce court texte a circulé en interne chez ses adhérents et sur les réseaux sociaux, avec même des appels au boycott du film de la part d’industriels piqués au vif. La coopérative Alliance Forêt Bois a elle carrément demandé à mon producteur d’être retiré du montage. Ces réactions ont malheureusement dissuadé bon nombre de professionnels de voir le film, craignant de se voir clouer au pilori… Une enseignante d’école forestière m’a ainsi confié s’être rendue à reculons à la projection. Elle est pourtant revenue sur son a priori au terme de la projection, reconnaissant que le film posait plus de questions qu’il n’apportait de jugements définitifs.

     

    Les hommes et femmes qui composent la filière-bois forêt forment un monde bien plus complexe et contradictoire que ne le laissent penser ceux qui les représentent.

     

    La réaction la plus épidermique est venue de l’interprofession France-Bois-Forêt1, pour qui “les 440 000 professionnels de la filière, qui œuvrent, chaque jour, en forêt et au sein des entreprises de la filière sont blessés par certains raccourcis qui laisseraient à penser que nous faisons mal notre travail“. Ce texte fait semblant d’ignorer que les critiques portées à l’industrialisation de la forêt sont formulées dans mon film... par des professionnels eux-mêmes ! 

    En prétendant s’exprimer au nom de tous pour susciter un esprit de corps, les instances de la filière cachent les fractures en son sein, qui sont profondes. Comme me l’a écrit un gestionnaire : “Je pense qu'on est beaucoup de forestiers à être plus blessés par le sort qu'on réserve à nos forêts et par les compromis que ce monde fou nous demande de faire, que par le film... Si les ténors de la filière voulaient bien voir ça en face on s'occuperait enfin des vraies blessures“. J’ai ainsi reçu de très nombreux témoignages de soutien au terme des projections de la part de professionnels, du bûcheron jusqu’au scieur, même si tous n’épousent pas le point du vue du film dans sa totalité. Plusieurs salariés de coopératives forestières sont même venus me voir  pour me dire le bien qu’ils pensaient du film, malgré les avis de leur hiérarchie. Celle-ci a-t-elle conscience de tels décalages ?

     

    le temps 4Communication de crise

    Autre instance prétendant parler au nom de tout le monde, Fransylva, se revendiquant comme le “Syndicat des propriétaires du Limousin“, bien qu’il ne réunisse qu’à peine 6 % d’entre eux. Dans un communiqué savoureux, il justifie toutes les dérives présentées dans le film. L’utilisation des produits phytosanitaires en forêt ? “Nécessaire“. L’explosion du bois-énergie ? “Une saine valorisation“. La monoculture du douglas ? “Une bonne réponse“. L’exportation de grumes en Chine ? “Valorisante“. Quant aux effets négatifs de la mécanisation, on y lit que les nouvelles machines exercent moins de pression au cm² qu'un sabot de cheval ou même un pied humain… Cet argument rituellement seriné par la filière, basé sur une approche très partielle de l’impact sur le sol, a été démenti par plusieurs études2 … et par le bon sens. 

    Cette rengaine est pourtant reprise par l’Office national des forêts, qui a publié en interne des “éléments de langage“ à destination de ses cadres et porte-parole, dans le cas où ils seraient interpellés au sujet du documentaire. Malmené dans le film par la voix de ses agents de terrain, l’établissement s’y livre à une véritable opération de communication de crise ! Le cas des dizaines de suicides de forestiers suite aux incessantes restructurations qui secouent l’office y sont ramenés à des “drames personnels“ et “intimes“, qu’il est irresponsable “d’instrumentaliser“. Ni responsables, ni coupables donc.

     

    Langue de bois

    On l’aura compris, ces réactions officielles de la filière tiennent plus de la “langue de bois“ que du débat raisonné. Qu’en a-t-il été des discussions en salles de cinéma? Elles ont souvent été très riches et révélé des positions plus nuancées que ces exercices de communication. Les séquences ayant fait le plus réagir les professionnels sont sans doute celles montrant les dégâts sur les sols de travaux forestiers. Je montre par exemple un entrepreneur de travaux forestiers travaillant par temps de pluie, provoquant des torrents de boue sur une parcelle très pentue. On m’a plusieurs fois reproché de ne montrer que “les 1 % qui travaillent mal“ et de jeter l’opprobre sur les autres. Cette posture est révélatrice. Plutôt que d’interroger le système qui conduit à ces dérives, comme j’ai tâché de le faire, on jette la responsabilité à quelques errements individuels pour s’épargner la remise en question collective. Heureusement, de nombreux acteurs admettent que si le film est un regard, et ce qu’il montre de la réalité est forcément partiel, les faits qu’il dénonce sont difficilement contestables et doivent interroger. Dans bien des cas, les discussions furent très animées entre forestiers, se prolongeant parfois sur près de deux heures ! Beaucoup ont profité de l’espace public de la salle de cinéma pour faire entendre une parole qui dépasse rarement les discussions d’après chantier à la cantine. 

     

    Ouvrir une brèche

    Comment expliquer cette omerta qui pèse sur ce secteur ? C’est un monde où il est mal vu d’exprimer sa sensibilité, et surtout de s’exprimer publiquement sur la filière quand on en fait partie, comme s’il ne fallait pas trahir le “secret de famille“. C’est un monde très masculin, où on joue des muscles, où l’on conduit des grosses machines. Un monde très segmenté, où chacun est indépendant, isolé au fond de sa forêt, de sa bagnole ou derrière son ordinateur. Un monde sans tradition de mobilisation collective, sauf peut-être chez les fonctionnaires de l’Office nationale des forêts, bien que la culture militaire au sein de l’établissement et le devoir de réserve auquel sont soumis les agents assermentés n’incite pas à la prise de parole.

    Les hommes et femmes qui composent la filière-bois forêt forment un monde bien plus complexe et contradictoire que ne le laissent penser ceux qui les représentent. En réalisant ce film, j’ai souhaité ouvrir une brèche pour tous ceux qui questionnent le modèle productiviste en forêt. A eux de ne pas se laisser voler la parole par ceux qui prétendent parler en leur nom.

     

    François-Xavier Drouet

    1 - http://www.fnbois.com/wp-content/uploads/2018/09/180919_FBF_Communiqu%C3%A9-de-presse.pdf
    2 - http://cecd.be/images/pdf/CompactionPression.pdf


    Une série à suivre sur Télé Millevaches

    En attendant la sortie du DVD au printemps, des compléments au film sont disponibles gratuitement sur le site de Télé Millevaches. On y retrouve plusieurs portraits de forestiers filmés dans le cadre du tournage du long-métrage mais coupés au montage. Intitulée Le temps des forestiers, cette série va s’étoffer dans les semaines à venir. 
    http://telemillevaches.net/videos/le-temps-des-forestiers
  • Association “Le monde allant vers...”

    le monde allant versL'histoire commence dans l'Oise à Beauvais. Depuis plus de vingt ans, une recyclerie employant dix sept personnes, mène un travail de fond sur la récupération des déchets, leur valorisation et leur réemploi. Dans l'équipe, Olivia et Yvon souhaitent essaimer des recycleries de ce genre ailleurs en France.

    Ils rencontrent Juliette, Lucie et Guillaume, nouveaux installés à Peyrat-le-Château, qui, de leur côté, réfléchissaient à la création d'un café restaurant "culturel".

    De cette rencontre est né un projet commun : une "ressourcerie culturelle", dont la première formalisation a été en novembre dernier la création de l'association Le Monde allant vers…

    Pourquoi une "ressourcerie" ? "Nous avons choisi ce terme plutôt que "recyclerie" car l'idée qu'un déchet puisse devenir une ressource, nous paraît essentielle. C'est du reste le terme employé au Québec pour ce type de structure". Mille déchets, mille ressources, en quelque sorte…

    En collectant les encombrants, en triant les déchets, en réparant les vieux objets et en les remettant dans le circuit économique grâce à la création d'un magasin, la ressourcerie travaille donc en amont des traditionnelles déchetteries que nous connaissons. Par ailleurs, un travail de sensibilisation à la gestion des déchets et à une consommation plus responsable (avec des animations dans les écoles par exemple) fera également partie des missions de la future ressourcerie. C'est bien connu : les déchets les plus faciles à gérer sont… ceux que l'on ne produit pas !

    Le lieu imaginé par l'équipe du Monde allant vers se veut aussi espace de rencontre, d'échange, d'expression et de création. On pourra y manger avec un restaurant biologique, s'y divertir avec des spectacles, s'y former avec des ateliers, etc. Des contacts nombreux sont actuellement en cours, en particulier pour trouver le lieu le plus adapté à la mise en place du projet (sans doute dans la région de Vassivière).

     

    Association "le monde allant vers..." - 2 avenue Foch - 87120 Eymoutiers : 05 55 69 65 28 - https://www.lemondeallantvers.org 

    Télé Millevaches fête son 100ème N°

    On oublierait presque que ça fait bientôt dix sept ans que Télé Millevaches a vu le jour. 

    Créée en avril 1986, l’association a imaginé informer la population de la Montagne Limousine à travers un journal vidéo d’environ une demi-heure. Au départ "le journal du plateau" était  diffusé dans une dizaine de communes. C’était le bon temps de la Télé Brouette où un animateur de l’association se déplaçait dans la salle des fêtes ou le café du village pour montrer la cassette du mois aux habitants.
    A partir de 1993, de la Télé Brouette le journal vidéo s'est transformé en magazine, diffusé alors par voie postale. Ce sont ainsi les 121 communes du périmètre du futur parc naturel de Millevaches ainsi qu’Ussel, Egletons, Aubusson et Bourganeuf qui vont être concernées par une diffusion mensuelle d’un magazine d’une heure environ.
    En janvier 2003, Télé Millevaches fête son 100ème magazine du plateau. Pour ce numéro un peu particulier, elle a choisi de retrouver des proches de Télé Millevaches : fondateurs, élus, bénévoles, relais de diffusion, anciens salariés de l’association, spectateurs...

    Vous retrouverez donc dans ce magazine des reportages qui ont marqué ceux à qui Télé Millevaches a choisi de laisser la parole.
    Prochain rendez-vous aux environs de... 2013 pour le 200ème magazine, mais d’ici là...

  • Aux origines de Télé Millevaches : un curé agitateur

    Il y a 20 ans naissait Télé Millevaches. Un anniversaire que l'association fêtera dignement les 29 et 30 septembre prochains. Un livre sortira à cette occasion qui racontera l'histoire de cette télévision locale dont la notoriété a largement dépassé les limites de notre petit plateau. Nous en publions ici un extrait qui présente la figure de Charles Rousseau. Prêtre à Peyrelevade de 1983 jusqu'à sa mort en 1988, il fut à l'origine de deux associations qui demeurent aujourd'hui parmi les plus actives et dynamiques de notre territoire : Les Plateaux Limousins et Télé Millevaches. Regard sur la "préhistoire" de la petite télé du plateau.

     

    fete tele millevachesCharles Rousseau n'est pas un curé comme les autres. Le plateau a touché là un énergumène qui au sein même de son église fait figure de marginal et qui ne correspond pas à l'image passée et vaguement décolorée que bigotes ou Parisiens en vacances attendent du curé de campagne. A peine installé à Peyrelevade, Charles prend ses distances et refuse par exemple de procéder à la traditionnelle "bénédiction des chiens" de la Saint Hubert à la Chapelle du Rat. "D'accord pour la messe, mais pas pour jouer du goupillon avec les chiens !" proclame-t-il catégorique aux originaires du pays, un peu déçus de ne plus y retrouver lors de leurs retours estivaux le charme désuet de cette geste folklorique. Leurs plaintes arriveront jusqu'à l'oreille complaisante d'une ethnologue1 qui communiera dans la réprobation : "Les prêtres de la Mission de France veulent confier à la politique le rôle d'entraîneur de la société rurale (…) Ils répudient tout apparat et bannissent le faste. Ils ont même supprimé les aubes (…) Ils sont plus tentés de travailler de leurs mains que de secourir les agonisants (…) Ils se sont efforcés de vider la religion de la dimension du sacré et des esprits" et elle ne cache pas son aigreur en parlant d' "un clergé qui ne comprend pas ses ouailles" ou de "l'attitude restrictive des "animateurs liturgiques" qui fait maugréer quelques paroissiens : "Monsieur le Curé, vous êtes moins croyant que nous !"

     

    C'est que le plateau a changé et qu'il n'est plus le reliquaire statique d'une ruralité de toujours que le citadin ou l'ethnologue épisodiquement de retour au pays aimeraient retrouver chloroformée entre souvenirs d'enfance et schémas anthropologiques. Le plateau a changé, et surtout il doit continuer à changer, c'est-à-dire, dans l'esprit volontariste du "curé de Peyrelevade", chercher ses nouvelles vocations dans un monde mouvementé qui le cantonnera dans un rôle ou des fonctions non choisies s'il ne prend pas lui-même en main son devenir. C'est là sa profession de foi dans le territoire, une profession de foi qu'il partage avec de jeunes élus issus ou proches de la mouvance néorurale comme Bernard Coutaud, maire de Peyrelevade, François Chatoux, maire de Faux la Montagne ou Pierre Desrozier, maire de Gentioux. Les trois jeunes maires se connaissent, s'apprécient. Deux d'entre eux adhérent à un Parti Socialiste qui, à l'époque, pouvait encore faire rêver (le troisième les suivra quelques années plus tard) et décident de s'unir au sein d'une intercommunalité qui leur paraît la seule issue pour le développement de leurs communes respectives. Un sociologue2 de la même génération précise : "Sur le plateau, au centre du Limousin, à Faux la Montagne, Peyrelevade et Gentioux, François Chatoux, Bernard Coutaud et Pierre Desrozier mettent en oeuvre certaines des idées formulées pendant les années soixante-dix. Celles-ci avaient constitué la figure utopique de la recherche d'alternatives à la crise des outils de régulation macro-économique et macro-sociale. A l'épreuve du réel, il s'avère qu'une partie des solutions à cette crise passe par des voies locales" C'est aussi ce que pense et veut faire Charles Rousseau. Au sein de son église, il explique, répète, démontre, proclame que les chrétiens ne peuvent plus vivre leur foi - ni les curés leur sacerdoce - comme ils l'ont vécu depuis bientôt 2000 ans. Aux catholiques du plateau, éparpillés et disséminés, il propose de nouvelles formes d'engagement et, dans la logique des prêtres de la Mission de France, il insiste particulièrement sur l'ouverture au monde, aux gens et au pays dans lequel ils vivent. En aucun cas il ne s'imagine enfermé dans sa sacristie.

    En 1974 il crée avec quelques autres membres de la communauté chrétienne l'association "Les Plateaux Limousins", acquiert une maison et une petite grange au Villard, sur la commune de Royère de Vassivière, et entreprend d'y créer un lieu de rencontre et d'échanges. La petite équipe y construit des gîtes, y organise des débats et y lance la première des "fêtes des Plateaux" qui, de 1978 à 1986, deviendront chaque dernier week-end de septembre, le rendez-vous obligé de tous ceux qui se reconnaissent acteurs de la vie du pays.

    Charles Rousseau n'a pas oublié ses anciennes leçons de sociologie et de statistique. Il les ressort à l'occasion de la fête des Plateaux qui se décline chaque année sur un thème différent : l'agriculture, la forêt, les énergies, la vie associative, etc. Pendant l'hiver, le curé explore bibliothèques, revues, archives et administrations pour dresser le panorama argumenté et illustré du thème de l'année. Il transforme le tout en exposition qui sert ensuite de support aux débats organisés dans le cadre festif du rendez-vous de septembre. Entre flonflons et grillades, musique et jeux pour enfants, dans une ambiance hybride de kermesse et d'université d'été, on débat de ce qu'est et de ce que sera le plateau de Millevaches.

    C'est Charles Rousseau qui lancera le premier le slogan "Mille sources, mille ressources". C'est lui qui montrera, chiffres à l'appui, le dynamisme associatif du territoire. C'est lui qui pointera le risque de réduire le plateau au seul rôle de fournisseur de matières premières lorsqu'il centre la fête de 1983 sur les entreprises de transformation. C'est lui encore qui sent venir l'ère des "nouvelles technologies de l'information" lorsqu'il organise sur le thème de la communication la fête de 1986 (l'année même de la création de Télé Millevaches).

     

    Etudiant l'implantation au XIXème siècle des lignes de chemin de fer en Limousin, il a été frappé des réactions contradictoires des communes et s'est aperçu que la région aurait alors bien pu passer à côté de cette innovation technologique majeure. Il voit pointer un risque similaire avec ces nouveaux outils en "ique" dont on dit qu'ils seront à la révolution informatique du XXème siècle finissant, ce que les trains furent à la révolution industrielle. Il veut attirer l'attention de ses concitoyens sur ce nouvel enjeu et, du ton légèrement prophétique qu'il lui prenait parfois d'affecter, il n'hésite pas à appeler à la mobilisation populaire :

    "Des fêtes comme ça, apparemment, ce sont des fêtes pour rien. Ce sont des fêtes gratuites en quelque sorte, puisqu'elles ne sont pas payantes et qu'on ne peut pas dire que ce sont des fêtes rentables ! Alors on peut nous dire : c'est de l'argent fichu par les fenêtres ! A quoi bon ? Et bien nous, ce n'est pas du tout comme ça que nous voyons les choses.

    Qu'une information sur les atouts de l'avenir se passe dans un contexte comme celui-ci, où l'on n'est pas chacun chez soi mais où on est ensemble dans une fête qui est quand même une fête d'espérance, nous paraît être un facteur tout à fait important pour un processus de développement.

    Ce n'est pas le tout d'avoir des programmes, ce n'est pas le tout d'avoir des gens qui font des projets, il faut qu'il y ait un peuple qui se lève, il faut qu'il y ait une conscience commune qui se fasse et de ce point de vue, la fête des Plateaux, elle a contribué à cela" Charles Rousseau a alors 63 ans. Se sait-il déjà atteint du cancer qui l'emportera deux ans plus tard ? Sent-il s'effriter le dynamisme de son association après douze ans d'actifs défrichements ? Ou pense-t-il toucher aux limites d'une fête dont l'envergure commence à dépasser les forces du noyau actif des Plateaux Limousins ? Il cherche à passer le flambeau à des bras plus solides, et l'initiative perdurera en effet quelques années sous la houlette du Bureau d'accueil de la Montagne limousine (une structure rassemblant des élus qui sera à l'origine de la relance du projet de parc naturel régional dans les années suivantes).

    Mais Charles Rousseau pense aussi qu'un rendez-vous annuel reste insuffisant pour qu'un territoire s'interroge sur les enjeux de son avenir. Il voudrait créer un outil plus performant, qui intervienne de façon régulière et plus fréquente dans le débat public, un outil qui soit accessible au plus grand nombre, qui puisse demeurer facteur de vulgarisation, de débat et de prise de parole. Bref, inventer une "fête des Plateaux" qui s'étale sur toute l'année en touchant une population plus large et qui, sous d'autres formes, poursuive l'agitation citoyenne et territoriale qu'il animait depuis huit ans avec ses fêtes.

     

    logo tele millevachesIl a entendu parler de ces toutes premières équipes qui en différents endroits de France ont commencé à utiliser les nouveaux outils de communication sur leurs territoires. Il a quelque lien avec Paul Houée (un autre curé agitateur) qui dans le pays de Mené, en Bretagne, développe des projets faisant appel à l'informatique ou à la télématique. Il a repéré quelques expériences pionnières du côté de la Franche-Comté (Télé Saugeais) ou des Alpes (avec l'association d'animation du Beaufortain) qui se sont saisies de la vidéo comme support de communication locale. Il y perçoit la conjonction d'une démarche politique, d'une appropriation citoyenne de moyens techniques et d'une approche résolument moderniste des évolutions du monde rural. Il sait que ce dernier n'est plus ce qu'il était il y a seulement vingt ans et qu'il ne sera plus, dans vingt ans, ce qu'il est encore aujourd'hui. Il veut poursuivre le pari, pris en 1974 avec la création des Plateaux Limousins, que ces évolutions peuvent être maîtrisées, choisies et décidées par les populations qu'elles concernent. C'est dans ce contexte que l'idée de réaliser sur le plateau un "journal vidéo" lui vient à l'esprit. Ainsi naîtra en 1986 Télé Millevaches.

     

    Michel Lulek

    Ce texte est extrait du livre "Télé Millevaches, la télévision qui se mêle de ceux qui la regardent" à paraître en septembre 2006 pour les vingt ans de Télé Millevaches aux éditions REPAS.
    1 Anne Stamm L'échange et l'honneur, une société rurale en Haute-Corrèze, Société d'ethnologie du Limousin et de la Marche, Limoges 1983.
    2 Pierre Maclouf et Xavier Lambours Figures du Limousin, page 96. Ed. Herscher/Lucien Souny, Limoges, 1986.

  • Brève n°77 - 12/2021

    breve ipns 77

  • Chroniques creusoises

    Le Creusois et Lenoir

     

    VassiviereJulien Dupoux s'est laissé allé à regarder sa télé le 2 mai 2025. Oh quelle surprise ! Son député était le héros du jour – un rien ridicule – de France 5 !

     

    «Putain, on est le 2 mai, je rentre de l’apéro de chez mon voisin qui vient de semer ses patates, normal puisque le lilas est en fleurs, je me pose, ou plutôt, j’accroche mon linge et je me pose, je me fais un plat de pâtes à la carbonara, un faux comme on a toujours fait : crème fraîche lardons, oignons (beaucoup) avec des herbes qui sortent du genre marjolaine et ciboulette, je me débouche une bouteille de rouge de l’Hérault bio mais tout à fait passable, et cela n’explique absolument pas ce qui va suivre, la preuve j’ai encore la lucidité pour rédiger cette griffe dans la foulée... Je m’envoie ma poêle de pâtes dans le salon tout seul peinard et j’allume la télé en même temps, il paraît que c’est pas bien pour la digestion mais je vous ai dit je suis tout seul alors ça m’occupe, je zappe un peu, le truc le moins pourri que je trouve c’est C à vous (je crois que ça s’écrit comme ça, en abrégé, comme sur les portables), sur la Cinq, l’invité c’est Polnareff, j’aime pas trop, ni les paroles, ni la musique (trop électro), ni vraiment ce que le type raconte, c’est pas bien je sais, y’a un musée à Montluçon sur sa gueule, bref je regarde ça, c’est toujours moins pire qu’un politique, je m’enfile mes pâtes, hyper-bonnes, c’est des tagliatelles que j’ai achetées sur le marché d’Auzances à une nana de Villosanges (oui, on serait en Amérique ce serait la classe, mais on n’y est pas) dans son épicerie camion ambulante, bio en plus, donc normalement je m’empoisonne pas.

    Franchement je les sens encore dans le bide ces tagliatelles comme quoi y’a peut-être un truc après la mort, je m’enfile des demi verres de rouge Corbières en mêle temps, avec la bouffe il passe mieux, des demis, parce que le fond de verre c’est chiant à siffler alors je remplis à moitié, je m’en fous je suis tout seul, personne me regarde, et là, un moment dans l’émission, c’est l’heure du comique, y’en a dans toutes les émissions maintenant, et il fait une revue de presse de la télé avec des commentaires, Chameroy, il s’appelle, ça me saoule un peu cet entre-soi, la télé qui parle de la télé, je me dis c’est naze, le comique il peut rien inventer et là… paf, ça tombe sur la Creuse ! Si, si, il se fout de la gueule de notre député, Lenoir, avec un prénom de bourge que je préfère pas orthographier dans le rouge de Corbières, le mec, Lenoir, il est filmé, ça doit être une capture de France 3 Limousin, qui d’autre ? mais peut-être pas, j’ai pas fait gaffe, enfin Lenoir, il est au volant de sa bagnole (et rien que ça, franchement, c’est peut-être une info), et il croise comme il se doit dans la cambrousse un petit tracteur, mais un vieux, sans cabine, un qui fait bien bouseux, comme les vieux, et là, si, si, si, on le voit qui dit « beau camion » ! Je vous jure ! Beau camion ! Le mec, notre député (il est RN, adoubé par Le Pen, je crois, et peut-être même par la droite normale), député de la Creuse, il ne sait même pas reconnaître un tracteur ! Ou alors il a tenté de faire de l’humour, mais ça n'en a pas l’air du tout, et en plus ce n’est pas drôle. Là, je me dis, déjà, Chameroy, ce n’est pas tant de la merde que ça, sa revue de presse, ça dit un peu des choses, et puis je me demande si la chaîne, à la base, qui a filmé Lenoir en train de dire ça, elle s’est foutue de sa gueule ou s’ils sont trop supporters de l’extrême droite, ou trop dans l’absence de commentaire pour ça… parce que quand même, c’est gros.

    lenoir2lenoir1

    Enfin, voilà, je voulais juste dire ça, je me reprendrais bien un dernier verre de rouge, il m’en reste encore une bonne moitié (ce n’est pas du top, je vous l’ai annoncé) alors je vous laisse le soin de mener vos investigations sur la question. A plus. »

     

    Julien Dupoux

     


     

    Porcherie or not porcherie ?

     

    VassiviereUn durcissement de la procédure d’instruction bienvenu !

    Alors que les habitant.e.s de la commune de Royère-de-Vassivière apprenaient en début d’année 2024 le projet d’installation d’un atelier porcin au Villard, une demande d’enregistrement1 a été déposée en février dernier seulement auprès des services de la préfecture. À la suite de quoi, visiblement sensible à la fragilité des milieux concernés, la préfecture a pris la décision un mois plus tard de faire basculer le dossier dans le cadre d’une instruction selon les règles de l’autorisation environnementale avec réalisation d’une étude d’impact. Parmi les différents points d’inquiétude soulevés par le projet au sein de l’arrêté préfectoral figurent notamment sa proximité avec des captages d’eau potable, le risque de pollution des petits cours d’eau et de zones humides, l’inscription du projet au milieu de zones naturelles protégées (Natura 2000, ZNIEFF de type 1 et 2) et le risque de contamination des eaux en cas de lessivage des sols induisant un risque d’augmentation des quantités de phosphore et d’azote propice au développement de cyanobactéries (ce qui pourrait compromettre la baignade et impacter l’activité touristique). À l’heure qu’il est, nous ne savons rien de la réponse des porteurs de projet vis-à-vis de ce basculement de procédure et s’ils ont fait appel ou non à un cabinet d’étude.

     

    Un panneau tagué et une lettre de menace adressée au maire…

    Un projet clivant ? Les panneaux qui indiquaient le Villard en venant de Royère ont récemment et finalement été enlevés. Depuis le printemps précédent, bien que difficilement, on ne lisait plus que “F**k la porcherie” et “LARD” de toute façon…
    Dans un esprit et une volonté de dialogue et de transparence, le collectif Non à la porcherie du Lac qui s’était créé au printemps 2024 avait convié au mois de septembre dernier, l’ensemble des élus des communes avoisinantes et du Syndicat du lac afin de mettre en commun à la fois informations, questions et inquiétudes inhérentes à la réalisation de ce projet. C’est à cette occasion que le maire de Royère-de-Vassivière,
    M. Rabeteau, accompagné de quatre autres élus de la commune, avait lu à l’assemblée en présence, une lettre de menace concernant le soutien de la mairie au projet, et signé par un mystérieux “Collectif du pays”. A la suite de cela, ce sont trois personnes du collectif Non à la porcherie du Lac qui ont été convoquées ce début d’année pour répondre à quelques questions sur ce sujet mais qui semblaient surtout viser la collecte plus générale de renseignements…
    L’idée d’une autre rencontre avait fait l’unanimité entre les maires de Royère, Gentioux, Faux-la-Montagne et autres élus présents ce jour-là, une nouvelle réunion pourrait avoir lieu avant l’été. Interrogée par un habitant il y a quelques jours seulement, la coopérative porcine Cirhyo semblait ne pas savoir où en était le dossier, y aurait-il des freins à un endroit ou un autre, un doute planerait-il chez les porteurs de projet ?

    Si vous souhaitez des nouvelles du projet, ne vous privez surtout pas d’interroger vos mairies, en particulier celle de Royère !

     

    1 - dans le cadre de la réglementation des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE)
    https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F33414
  • Chroniques d'exils : Sans complexes

    « Avons-nous la maturité pour poser à plat la question de l’immigration pour éviter à un seul parti (le RN) de mal en parler ? » Castaner (Marseille 17/09/2019)   

     

    Sur fond d'islamophobie : hydre islamiste (Macron), traque des signaux faibles de radicalisation tel le refus des petits garçons de donner la main aux petites filles, le voile islamique non souhaitable (Blanquer,), la pratique régulière et ostentatoire de la prière  (Castaner), etc., le gouvernement s'en prend à nouveau aux personnes demandeuses d'asile. Pour ce faire il a organisé à l'assemblée un débat sur l’immigration, après son échec à l’inclure dans le grand débat concomitant au mouvement des gilets jaunes.

     immigration

    Mal en parler c'est bien le cas. On ne peut que s'étonner des multiples erreurs et imprécisions qui ont marqué ce débat :

    « [...]124 000 personnes ont demandé le statut de réfugié en France sur 180 000 à l’échelle de l’Europe, vous êtes d’accord pour dire que ce n’est pas logique. […] Ça veut dire que quelqu’un qui demande le droit d’asile veut venir en France. » Castaner (Marseille 17/09/2019) Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Intérieur a reconnu en fin de journée une « confusion » sur les chiffres évoqués, 180 000 correspondant en réalité « au nombre d’entrées irrégulières dans l’Union en 2018 ». D’après les statistiques annuelles d’Eurostat, 580 800 personnes ont demandé l’asile en UE en 2018, plaçant la France en deuxième position en matière d’accueil (19 %) derrière l’Allemagne (27,9 %).

    Les documents fournis aux députés contenaient des erreurs et inexactitudes sur les chiffres comparés du nombre de demandes d'asile et des montants d'indemnités versées aux demandeurs d'asile en Europe, tendant à inférer que les personnes demandeuses d'asile en France sont les mieux loties d'Europe. On attendrait mieux des diplômées du ministère de l'Intérieur que ces comparaisons de données disparates1.

    Après la migration économique, voici la migration sanitaire qui cible les citoyennes de pays précis, soupçon qui a débuté par une fake news apparemment issue du conseil des ministre affirmant que les femmes géorgiennes viennent se faire refaire les seins sur nos deniers2... ni la CMU, et encore moins l'AME, ne prennent en charge les soins esthétiques !

    Ce discours confus qui mélange CMU et AME, sur fond de soupçon de fraude généralisée qui, alors que le débat ne devait pas donner lieu à vote, risque d'aboutir à de nouvelles restriction des droits des étrangers demandeuses d'asile avec une attente de trois mois avant une prise en charge par la CMU, au mépris de tous les engagements des gouvernements précédents, de la santé publique et des personnes concernées. S'y ajoute une méconnaissance des textes en vigueur puisque le délais de carence pour l'AME est déjà de trois mois. Si Mr Macron est humaniste en paroles, dans les faits, sa politique envers les immigrés est la plus efficace mais aussi la moins humaine que notre pays, jadis terre d'asile, ait jamais pratiquée.

    Depuis la loi de 2018, les personnes de pays d'origine sûre ne sont pas protégées de l'expulsion quand, déboutées de l'OFPRA, elles font un recours à la CNDA. Ce fut récemment le cas d’une femme et de ses trois enfants. Après le rejet de l'OFPRA, elle a reçu un arrêté d'expulsion confirmé du tribunal administratif. Quelques jours plus tard, son recours à la CNDA a été accepté et elle a obtenu le statut de réfugiée de 10 ans. Expulsée et réfugiée ? De quoi devenir folle !  

     

    1 https://www.liberation.fr/checknews/ 
    2 https://www.liberation.fr/checknews/ 

     

    Effectivement, il accueille quelques dizaines de migrants sauvés des eaux et dit être attaché au droit d'asile. Ce double discours est parfaitement décrit dans le livre 1984 de G. Orwell sous le terme de « noir blanc » : la capacité de dire et surtout de croire que le noir est blanc. Dans le roman d’Orwell, on retrouve la surveillance généralisée, la reconstruction du passé et la désignation d'un ennemi extérieur. À quand le quart d’heure de la haine ?

    laxiste

    Cimade Eymoutiers : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - 06 41 45 66 17 
    MAS Eymoutiers : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - 06 78 73 53 04  
    Cimade Peyrelevade : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - 07 78 54 28 74 
    MAS Peyrelevade : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 
  • Contestation autour d’un pylône pour la 4G

    portableHélène Faivre, vice-présidente du conseil départemental de la Creuse, chargée du numérique pour le département, a été interpellée par un groupe d’habitants de La Pradelle, sur la commune de Saint-Maixant : « La municipalité nous a informé de l’implantation d’un pylône 4G Bouygues/SFR à 300 m au-dessus de notre village.

    Les informations fournies par Bouygues étant particulièrement sibyllines, nous aimerions comprendre ce qui motive cette implantation et surtout le choix de ce site. Le document indique que c’est en application du New Deal Mobile [accord conclu en janvier 2018 entre les opérateurs de téléphonie et l’État pour l’implantation de la 4G], cependant notre village n’est pas une zone blanche et cet équipement ne figure pas dans les zones concernées par le New Deal pour la suppression des zones blanches. SFR dispose d’une antenne à moins de 1,7 km.

    Des antennes Free et Orange seraient par ailleurs en projet. » En conséquence, les habitants demandent le choix d’un autre emplacement. L’élue creusoise a indiqué que la question était du ressort de la préfecture puisque c’est avec elle que les opérateurs ont contracté. L’épisode reflète bien le fossé qui existe entre les habitants d’un territoire et ses « aménageurs ».

  • Info Limousin est là !

    logo info limousin"Encore un site sur le Limousin !" : voilà ce que d'aucuns nous ont déjà dit.

    Alors, comment justifier la création du site Internet info-limousin.com ? Qu'a-t-il de différent, de nouveau ?

    Ce projet porté par 4 personnes réunies en association loi 1901 basée à Eymoutiers en Haute-Vienne, elle a pour vocation la promotion et la valorisation du Limousin par la gestion de l'information événementielle sur internet.

    Ce projet est né de plusieurs constats : le tissu associatif est fort en Limousin, l'ADSL arrive dans la région et beaucoup de sites sont déjà présents. Cependant, les pages agenda sont souvent vides ou obsolètes et les informations en langues étrangères inexistantes.

    Millecultures.net nous présente comme un portail multi-activité, nous, nous définissons comme un outil pratique, un agenda de l'événementiel sur tout le Limousin.

    Ce site se veut ;

    • simple : une seule page, comportant l'information, composée d'un titre, d'un descriptif court (3 lignes maxi.), et des coordonnées téléphoniques, mail et Internet du responsable ;
    • rapide : avec le listing des événements du jour (tri sur 3 jours, 7 jours, 30 jours, dans la région, les départements, les villes et pourquoi pas les Communautés de Communes) ;
    • pratique : avec des symboles pour chaque catégorie d’activité, une distinction entre un événement permanent et un événement ponctuel, la valorisation d'un événement par une bannière en haut de page ;
    • accueillant : les informations sont traduites à ce jour en anglais, l'habillage est agréable et change à chaque connexion ;
    • technologique : la programmation XML permet la location de l'information, la syndication RSS, l'accès WAP... ;
    • gratuit : toute information publique est mise en ligne rapidement, et des bannières sont crées pour la valoriser.

    Nous ne trions pas l'information par thème, car nous considérons que toute information a sa chance d'être lue, et ce mélange permet la découverte.

    Nous séparons les événements longs (plus de 4 jours) pour donner plus de présence aux informations ponctuelles.

    Nous souhaitons trouver dans ce site aussi bien un concours de pétanque, un stage de théâtre, une randonnée pédestre, une collecte de sang, un concert dans un bar, une visite de village, un ramassage d'objets encombrants, un festival musical…

    Ce site est complémentaire de la base d'information LEI visible sur www.tourismelimousin.com  : une collaboration avec les gestionnaires de cette base est envisagée courant septembre 2005. Actuellement, nous recherchons un financement pour le fonctionnement de ce site auprès de l'Europe, de la région, des départements, des communes. Nous envisageons également un fonctionnement partiel en autofinancement, en proposant la gestion des pages agendas sur les sites existants (mairies, offices de tourisme, communautés de commune,associations…) : par un simple code inséré dans une page agenda, nous affichons l'information triée d'une ville en français et anglais, en respectant les couleurs du site et l'utilisation de notre bande passante pour l'affichage.

    A ce jour, après 2 mois d'activité, plus de 2500 visiteurs (dont 1130 visites significatives) sont passés par le site www.info-limousin.com.

    Allez voir notre projet, utilisez-le, et dites-nous ce que vous en pensez, votre avis nous intéresse !

     

    yannick darlington bernard, eymoutiers

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    Site agenda : https://www.agenda-dynamique.com
    Site association : https://www.asso.info-limousin.com
    Sur Google Play : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.agenda_info&hl=fr

  • Info Limousin, il n’y a pas que des pommes en Limousin

    logo info limousin titre asso 2019L’association info limousin est basée en Haute-Vienne (Eymoutiers), elle diffuse des informations venant des 3 départements de la région.

    L’association se présente comme un service d’intérêt général, sans but lucratif, dans une volonté de mutualiser les initiatives locales pour favoriser une meilleure communication avec l’outil internet.

    L’association travaille dans la connaissance du territoire en relayant toute information événementielle publique sur internet, et la reconnaissance des acteurs en permettant une diffusion sur les supports de communication des collectivités.

    L’association intervient dans tous les secteurs d’activité : tourisme, social, culture, éducation, sport, environnement, communication,…

     

    2 objectifs :

    • tout acteur contrôle sa diffusion sur internet,
    • les informations existantes sur la région circulent et s’affichent là où on les attend.

     

    En une année, l’activité de l’association est telle que le bénévolat a atteint ses limites. Nous arrivons à une situation qu’un grand nombre d’associations connaissent : soit continuer comme cela et mourir après l’usure des bonnes volontés, ou générer une activité économique, créer de l’emploi et pérenniser l’outil.

     

    Nous envisageons 4 types de rentrées financières :

     

    Adhésion

    • une adhésion de soutien : 15€ par an
    • une adhésion active : 25€ par an, remise d’un accès individuel à la base de données pour saisir soi-même ses infos (saisie, modification, suppression).
    • une adhésion interactive : 50€ par an, remise d’un accès individuel à la base de données pour saisir ses infos, ainsi qu’un code permettant à ces infos de s’afficher sur le site internet de l’adhérent.

     

    Gestion de la page agenda sur un site internet d’une collectivité

    Pour voir un exemple, consultez le site d’une commune pilote : https://www.mairie-eymoutiers.fr/infos-pratiques/agenda/, toute info concernant Eymoutiers dans l’agenda https://agenda-dynamique.com, s’affiche automatiquement sur l’agenda de ce site (la collectivité nous met en relation avec les acteurs locaux).

    • sur une commune <5000h : 15€ par mois, soit 180€ par an
    • sur une commune >5000h à <10 000h : 25€ par mois, soit 300€ par an
    • sur une commune >10 000h à <20 000h : 35€ par mois soit 420€ par an
    • sur une commune >20 000h : 45€ par mois soit 540€ par an

     

    Hébergement

    20€ pour 1 an (+ adhésion) sans abus d’espace disque, l’hébergement se fait selon certains critères en adéquation avec l’éthique de l’association.

     

    Régie publicitaire

    Création et affichage de bannières dites ‘publicitaires’ (commerce) sur l’agenda (https://agenda-dynamique.com) : 0,01€ l’affichage. Affichage aléatoire avec d’autres bannières. le nombre d’affichage varie selon la durée / la fréquentation de l’agenda / le nombre de bannières présentes.

     

    association info limousin

     

    Statistiques de l’agenda (visiteurs uniques cumulés / visites significatives /pages vues)

    septembre 2006 : 2 106 • 1 004 • 6 248
    août 2006 : 2 168 • 1 147 • 8 104
    juillet 2006 : 2 121 • 1 115 • 7 898
    juin 2006 : 1 634 • 764 • 4 966
    mai 2006 : 1 626 • 815 • 4 780
    avril 2006 : 1 646 • 780 • 4 530
    mars 2006 : 1 836 • 850 • 5 110
    février 2006 : 1 140 • 523 • 3 241
    janvier 2006 : 1 099 • 564 • 3 662
    décembre 2005 : 1 647 • 721 • 4 327
    novembre 2005 : 1 748 • 766 • 4 923
    octobre 2005 : 1 425 • 652 • 4 115
    septembre 2005 : 1 118 • 510 • 3 714
    août 2005 : 1 607 • 705 • 5 682
    juillet 2005 : 889 • 432 • 3 617

    Informations entrées dans la base depuis le 1er juillet 2005 : 9 663 pour 53 026 dates, communes et hameaux présents dans la base : 756

    Vous trouvez notre projet pertinent ? Adhérez à l’association info limousin !

     

    email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 
    site agenda agenda : https://agenda-dynamique.com
    site de l’association : https://www.asso.info-limousin.com
    page adhésion : https://www.asso.info-limousin.com/association/adhesion
    application android : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.agenda_info


    Association info limousin - 15, bld Victor Hugo - 87120 Eymoutiers - 09 77 84 02 55
  • LPO contre Chasseurs : 1 à 0.

    affiche chasseLe combat écologiste est souvent porteur de déceptions, mais il arrive parfois, et heureusement, qu’il y ait aussi de bonnes nouvelles. Au nombre de ces dernières va figurer en bonne place le jugement du 12 février 2021 du tribunal judiciaire de Paris, qui condamne la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) pour parasitisme à l’égard de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), à 5 000 € au titre de préjudice moral et à 5 000 € de frais de justice.

     

    En 2018, la FNC avait lancé une grande campagne de publicité, notamment dans le métro, affirmant que « les chasseurs sont les premiers écologistes de France ». Ses affiches s’inspiraient fortement des visuels de la charte graphique de la LPO : les chasseurs devenaient ainsi les défenseurs des petits oiseaux !

    blaireau biereLe tribunal ne s’y est pas trompé : « Il découle de cette imitation visuelle très nette, une volonté d’induire un rapprochement évident dans l’esprit du grand public avec les campagnes de communication de la LPO, dans un but d’appropriation des valeurs qu’elle défend, voire de pied de nez à cette association écologiste. »

    La FNC, peu de temps avant le prononcé du jugement, avait récidivé en envoyant une luxueuse brochure de propagande à tous les élus municipaux des communes rurales : « La chasse, cœur de la biodiversité » ! Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO, a d’ores et déjà déclaré que la LPO ne « restera sans réagir devant cette nouvelle brochure qui copie allégrement les écrits et les visuels de la LPO. »

     

    Une majorité du public français ne se laisse pas abuser par cette propagande arrogante et mensongère. Non, les chasseurs ne défendent pas la vie, ils donnent la mort : massacre de 600 000 renards par an, élevage en cage de millions de faisans et de perdrix abattus en masse dès les premiers jours de l’ouverture de la chasse, déterrage de blaireaux, chasse à la glu, sans compter les accidents de chasse avec victimes humaines... Bien que se présentant comme défenseurs de la nature et garants de la biodiversité, les chasseurs sont avant tout des prédateurs. Leur prétendu rôle de régulation n’est qu’une escroquerie de plus.

     

    Jean-François Pressicaud 

     

  • Ma télé Multimédi@ va-t-elle disparaitre ?

    Ou comment détruire plus de 6 ans de travail associatif.

     

    Ma tele Multimedia logoC'est la question que se posent depuis quelques semaines les responsables de l'association Ma télé Multimédi@ (Felletin), et c'est loin d'être un effet d'annonce !

    Lorsque des emplois sont en jeu, que nous sommes en recherche de solutions, il n'est pas facile de juger du moment opportun pour informer. Aujourd'hui, il est temps que chacun sache que c'est avant tout 5 emplois qui sont menacés.

    Créée en octobre 1997, Ma télé Multimédi@ s'est attachée à développer le pôle audiovisuel autour de la télévision locale - Ma télé -, puis le Point Public Multimédia (PPM) ouvert en 1999. L'ensemble de ces actions est une réponse aux attentes des habitants en terme de sensibilisation et d'accompagnement aux Technologies de l'information et de la Communication. Le succès rencontré par les activités ne peut être remis en cause, et chacun peut apprécier le professionnalisme et la qualité des services mis à disposition.

    L'équipe de 5 permanents, qui assure l'accueil et l'animation de la structure, apporte un dynamisme local fort au travers de ses engagements au service du public et des acteurs locaux. Son action en réseau avec les autres PPM, ou structures régionales telles que Télé Millevaches démontrent l'esprit de mutualisation construit au fil du temps. Son rayonnement dépasse largement les frontières de Felletin, avec une reconnaissance régionale et nationale autant par les labels, les partenariats et les interventions lors de colloques pour l'exemplarité de sa démarche. Pourtant aujourd'hui, Ma télé Multimédi@ est en danger et pourrait disparaître dans les semaines qui viennent.

    Pourquoi ? Déjà, parce qu'une association fonctionne généralement et principalement grâce à des fonds publics qui soutiennent des projets. Ces projets sont possibles dans le cadre de partenariats, d'engagements mutuels, qui aboutissent à des montages financiers permettant une mise en œuvre opérationnelle. C'est le cas de toute association, mais quand tout le monde n'a pas forcément conscience qu'une association avec des salariés a les mêmes obligations qu'une entreprise, la situation se complique... Ensuite, parce que pour qu'une association agisse sur un territoire, il est nécessaire que ses partenaires la comprennent, et qu'une confiance mutuelle s'installe. Cela n'a pas été le cas dans le dossier de la Médiathèque Intercommunale implantée à Felletin. C'est l'élément déclencheur qui depuis quelques semaines fait vaciller Ma télé Multimédi@.

    Ma tele MultimediaProjet communal, il est devenu intercommunal avec la création de la Communauté de Communes Aubusson-Felletin. Au fil du dossier, l'association s'est impliquée dans les réflexions qui ont été menées, des approches constructives et précises de fonctionnement et d'organisation ont été faites. Ma télé Multimédi@ a ainsi proposé de mettre au service de ce projet, la dynamique, l'ensemble des compétences, des moyens techniques et financiers de l'association. Malheureusement, Ma télé Multimédi@ n'a pas été entendue, et le souhait de la commune de Felletin d'ouvrir à tout prix un équipement dont le fonctionnement n'est pas défini, a pris le dessus, ne pouvant aller de pair avec une réflexion sereine sur les rôles et missions de chacun. La création d'un service public de la culture et du multimédia dans le sud de la Creuse associant l'ensemble des acteurs déjà impliqués (associations communales, PPM, écoles... ) est un objectif vers lequel toutes les énergies devraient se concentrer, et nous considérons qu'actuellement ce n'est pas le cas. Intégrer le PPM dans un bâtiment sans connaître les conditions de fonctionnement et de financement ne parait pas raisonnable. Ma télé Multimédi@ est actuellement victime d'un contexte très difficile, cultivé au fil du temps par quelques acteurs de ce dossier, qui ont durant plus de 2 ans toujours repoussé à demain l'étude des vraies questions. Notre situation est aussi due à l'absence d'engagement de la Communauté de Communes qui doit pourtant gérer ce dossier, afin d'aboutir à la prise en charge des équipements culturels de la communauté - les médiathèques implantées à Aubusson et Felletin étant les premières du réseau. C'est pourquoi sans engagement, sur les projets ou les finances, et sans perspectives vu le contexte, il est difficile pour Ma télé Multimédi@ d'envisager un avenir.

    Comme un château de cartes, le panel d'activités développé peut s'écrouler rapidement. En effet, il ne suffit pas d'affirmer que c'est bien, il faut aussi avoir conscience des enjeux, des financements nécessaires, de l'intérêt pour le territoire et ses habitants. Tout ceci ne se décrète pas mais fait l'objet d'échanges qui permettent d'avancer ensemble. Que ce soit pour le PPM ou pour la télévision locale, l'association ne peut continuer à vivoter au grès des volontés de quelques uns, sans que soient prises en compte les réalités d'une telle activité. Cela pose plus généralement la question du rôle d'une association sur le territoire: quel rôle? Ses obligations d'employeur sont-elles prises en compte? Reconnaît-on les professionnels salariés? N'est-elle pas qu'un alibi qui arrange un temps? N'abuse t-on pas des bénévoles? Quelles complémentarités avec les collectivités et les élus ?

    Ma télé Multimédi@ n'est pas immortelle, ni même irremplaçable, pour autant il est grand temps que chacun prenne conscience des risques actuels, et du fo rmidable gâchis que sa disparition pourrait entraîner. Cinq emplois qui disparaissent, ce sont des jeunes qui risquent de quitter le territoire, qui n'apporteront plus leur enthousiasme dans la vie locale, qui en tentant d'agir pour le désenclavement, deviennent victimes de leur dynamisme. L'arrêt définitif des activités pourrait intervenir rapidement. En effet, les responsables de Ma télé Multimédi@ ne souhaitent nullement attendre une situation dramatique qui consisterait à piéger le personnel. Dans tous les cas, l'association saura rendre des comptes, notamment à la population. Ma télé Multimédi@ est née, elle a grandi parfois difficilement, mais elle saura aussi disparaître dignement si cela est nécessaire. Ses responsables et son équipe d'animation font bloc dans cette situation difficile, avec le souci de défendre l'esprit qu'a su créer Ma télé Multimédi@ depuis son origine.

     

    David Daroussin
  • Notes provisoires sur le mouvement des gilets jaunes

    zig et puce 1“On met un pognon dingue dans les minima sociaux et les gens sont quand même pauvres“ Emmanuel Macron, juin 2018

    “Travail, famille, pâtes, riz“. Anonyme du 21ème siècle

     

    Rescapés d'une époque lointaine, où la “violence“ politique ne s'arrêtait pas au mobilier urbain et aux vitrines des banques, Zig et Puce se sont penchés sur le mouvement dit des “gilets jaunes“. Le jaune vif du gilet aux vertus radio-luminescentes que rien ne destinait à devenir un tel fétiche, surpassera désormais en notoriété d’autres produits qui lui disputent sa couleur, du banal surligneur au très intrusif “compteur Linky“.

     

    Aucun Etat au cours de l’histoire n’a pu sérieusement prétendre qu'il levait l'impôt au nom d'une légitimité qui ne soit pas elle-même hautement discutable. Mais l'Etat français d'aujourd'hui, alors qu’il s’avoue dans l'incapacité de faire payer les GAFA et autres hyper-puissances financières, ne s’embarrasse pas de phrases, serait-ce de pure forme, quand il s’agit de justifier et d’encaisser l'impôt. Qu'y a-t-il d'étonnant à ce qu'un tel Etat, qui pèse désormais si peu dans la marche des événements, se trouve en mauvaise posture quand il voudrait continuer, tranquillement, à taxer sa population captive et compenser sur le dos des plus faibles les pertes abyssales qu’il subit par ailleurs. 

    S’il y a un mérite qu'il faut concéder à l'extravagant locataire de l'Elysée, c’est d’avoir, à force d'impudence, récolté ce à quoi tous ses prédécesseurs avaient bon an mal an su échapper. Macron-le-Petit, comme l’aurait nommé Victor Hugo, le nain qui se prend pour Jupiter, le “puceau de la pensée“ dit Emmanuel Todd, est parvenu en un temps record à concentrer assez de griefs sur sa personne, au point de jeter dans la rue - hormis bien sûr sa propre classe sociale - la seule frange de population qui n’y allait jamais. Celle-là même qui semblait tout pouvoir subir sans jamais réagir, les “invisibles“, l’inoffensive “majorité silencieuse“ bâillonnée par les dettes et l’emploi devenu rare, celle que personne ne pensait voir se soulever un jour.

     

    Ce qui s’annonce comme une simple protestation contre la taxe de trop, tourne à l'insurrection.

     

    Quatre mois se sont écoulés depuis qu’entre les murs de l'Elysée, le jaune commença à hanter les cauchemars du président et de ses conseillers. Quatre mois que l’establishment de politiques et de journalistes employés à mettre en scène l’adhésion résignée des foules, se mit à afficher des airs de sauve-qui-peut, tentant d'échapper à l'évidence de ce qu'il tenait pour impensable. Qui ne se souvient des sorties hystériques de tel flic syndicaliste, de tel ancien ministre, de telle vedette du showbiz qui perdant leur sang froid appelaient à faire donner l'armée, à tirer dans le tas. Lesquels, estimant le gros de l’assaut passé, pensant avoir retrouvé l’initiative, se mirent à rivaliser de petites calomnies et de coups bas. La basse vengeance est l’apanage des gens de pouvoir qui, après s'être sentis perdus, peuvent se croire tirés d’affaire. 

    Ce qui s’annonce comme une simple protestation contre la taxe de trop, tourne à l'insurrection. Le racket sur le carburant est d’autant plus insupportable qu’il s’autorise de l’urgence écologique.

     

    gilets jaunes

     

    L'événement déroute ; il fait tâche dans le paysage idéologique ordinaire. Dans quelle case le ranger ? Facho, pas facho ? Dans le petit monde militant, on hésite, on fait les blasés. Risquer par imprudence d’apporter sa bénédiction à la 'bête immonde' ? On choisit l’anathème, on dénigre. A tout hasard, on lance 'poujadisme !', 'populisme !', 'complotisme !' et autres 'racisme', 'antisémitisme', 'homophobie', etc. ; inoxydables 'valeurs' de la bien-pensance libérale. Les écolos sont furieux à l'idée que le gouvernement pourrait céder devant des brutes diésélistes. Après tout la “taxe carbone“, c’est quand même leur grande idée. Les centrales syndicales - à l'exception de Sud-Solidaire - préfèrent jouer “la grande muette“, oublient pour l’occasion des décennies de gesticulations rituelles en faveur du sacro-saint “pouvoir d'achat“.

    Un tsunami de mécontents déferle sur les ronds-points, investit les villes moyennes, monte chaque samedi sur Paris. De mémoire de Parisiens, c’est du jamais-vu. Voilà que les émeutiers passent leurs nerfs sur les beaux quartiers ! Une fois n’est pas coutume, les nantis de la rive droite se voient noyés dans les gaz de leur propre police.

    Dans l'histoire, on cherche en vain l'équivalent. Ce qui sonne d’abord comme une jacquerie, prend vite des airs de 89. Les outrages ça suffit ! Comme dans les manuels d'histoire, le petit peuple se met à rêver de “révolution“. Il entend laver l'offense : “Macron démission !“. Il veut la tête du golden-boy. Les ronds-points s'ornent de cercueils à l'effigie de ce chouchou des tabloïdes, de la banque et du CAC40. Chez les gouvernants, on sait la situation critique. Au plus fort de l'assaut, l'intégrité de l'édifice ne repose plus que sur la police. Et comme c’est rarement le cas, les forces de police se trouvent confrontées sociologiquement à des semblables : le beau-frère, le cousin, les voisins, leurs propres enfants, et même leur propre épouse comme le souligne un syndicat de police plutôt minoritaire. Pendant les trois, quatre premières semaines, l'issue restera incertaine.

    D’instinct, les gilets jaunes se tiennent à grande distance des partis et syndicats, auxquels ils empruntent toutefois un certain style revendicatif. Les partis dits 'antisystèmes', habitués à surfer sur le mécontentement populaire et le ressentiment envers les nantis, peinent à prendre pied dans la place. Les gilets s’obstinent à mettre tous les appareils politiques dans le même sac, ils récusent toute forme de représentation. On se voudrait 'apolitique', égalitaire, cultivant l’horizontalité avec un formalisme quasi-dogmatique. La moindre velléité d’organisation partisane, les prétentions au moindre leadership, sont immédiatement étouffées dans l’œuf. Même s’il est évident que les réseaux sociaux reviennent à fabriquer des leaders de fait ; les “figures“ du mouvement, adoubées à coup de “like“ et de “followers“.

    De même que l'on vomit la politique, on maudit les médias et leurs journalistes, qui éprouvent le plus grand mal à se faire accepter sur le terrain. Une situation qui poussera l’éditorialiste du Monde, dans un accès de panique et de confusion mentale, à titrer l’une de ses chroniques “Crise sociale : halte au lynchage“, cautionnant par avance sur le mode 'la démocratie en péril !', la liquidation brutale du mouvement.

    Tandis que le milieu politico-médiatico-culturel s'apprête à célébrer par quelque cérémonie creuse le cinquantième anniversaire de 1968, la France redevient le théâtre d’un soulèvement social qui, enfin, mérite sans discussion le qualificatif de sauvage. On n’avait rien connu de tel depuis un demi-siècle : un mouvement maître de sa temporalité, qui ne cherche pas à se greffer sur un calendrier syndical, qui s'avère habile à économiser ses forces, à s'organiser pour durer ; bref, tout ce que ne sait pas faire l’activisme militant.

     

    Chaque semaine apporte son lot d’interpellations et surtout de mutilations délibérées infligées de préférence à des manifestants inoffensifs.

     

    Parmi ces militants de toujours - évidemment revêtus du gilet ! - certains n'ont pas manqué de lancer un de leurs appels rituels à la “grève générale illimitée“. Ceux-là peinent à réaliser qu’un capitalisme des transactions a supplanté le vieux capitalisme industriel. Que serait la portée d'une telle grève si elle devait avoir lieu ? Eviter de s'égarer dans une grève condamnée à échouer pour y laisser le peu d'argent qu'on n'a plus, c'est à l'évidence faire preuve d'une clairvoyance stratégique élémentaire. 

    Un autre trait de génie à faire mourir d’envie une armée de “communicants“, c’est d’avoir choisi le gilet comme emblème du mouvement. Un symbole échappant à toute connotation politique, un banal vêtement pour les situations de détresse, terriblement voyant et obligatoire dans chaque véhicule.

    Il n’est pas besoin d’avoir été scénariste à la Metro-Goldwyn-Meyer pour imaginer l’affolement qui s’empara de l'état major présidentiel à partir du 1er décembre. Durant les trois premières semaines, les gilets jaunes ont eu partout l’initiative, le choix des lieux et des modes d’action. Les plus grosses pointures en gestion des crises, les cadors de la stratégie contre-insurrectionnelle, accourent des quatre coins du monde pour offrir leurs services aux collègues malmenés.

    Par un renversement sémantique dont les journalistes sont coutumiers, ce qui à longueur de temps est qualifié de “crise des gilets jaunes“ est évidemment une crise de l’Etat. Qui parvient à prétendre que cette monstruosité impériale qu’est l’Arc de Triomphe, est un emblème immuable des “valeurs républicaines“, peut soutenir avec le même cynisme que l’antisionisme revient à s’en prendre indistinctement à l’ensemble des juifs. La guerre sociale est une guerre sémantique, autant qu’une guerre de terrain.

    Entre le 1er et le 8 décembre, le ministre de l'intérieur annonce que des énergumènes vont monter sur Paris “dans l'intention de tuer“ ; ce faisant, il couvre par avance, tout en les encourageant, les bavures de la police. Chaque semaine apporte son lot d’interpellations et surtout de mutilations délibérées infligées de préférence à des manifestants inoffensifs.

    De sorte que semaine après semaine, le mouvement se voit poussé sur la défensive. L'emblème du gilet devient un talon d’Achille. N’importe qui peut l’endosser, lui faire dire ou faire n'importe quoi : flics, mouchards, provocateurs, récupérateurs et manipulateurs en tous genres. Inlassablement, les manifestants dits “légitimes“ sont invités à se démarquer des “casseurs“, les voilà à présent qui protestent de leur “pacifisme“. Ce qui au départ est une explosion de colère, se voit pressé de formuler des “revendications“, invité à regagner les clous du “dialogue social“ ; et des “citoyens“ irréprochables finissent par pleurnicher sur la “surdité du gouvernement“.

    On entend couramment la thèse selon laquelle le phénomène des “gilets jaunes“ serait un produit des “réseaux sociaux“, une chimère communautaire sortie du cyber-monde. Soit ! Dans ce cas, il faudra aussi leur reconnaître une capacité remarquable à passer du virtuel dans le réel ; quand, par exemple, sur les ronds-points, ils font l'expérience d'affinités collectives on ne peut plus concrètes.

    Réalités locales obligent, il n’est pas possible de conclure sans dire quelques mots du Plateau. Il aura fallu attendre la première semaine de décembre pour que se manifeste un début d'intérêt pour les gilets, suivi un peu plus tard de cet amer constat : entre les sophistications du milieu local et les gilets, la mayonnaise a du mal à prendre. Dans d'autres régions, on fait la même observation. L’attention portée avec tant d’insistance sur les singularités locales, réelles ou supposées, au prix d’accommodements qu'il est préférable d’ignorer, dégénère en myopie politique.

    Mais question marketing territorial le pire est à venir, on va changer d'échelle. Les geeks de “L'affaire du siècle“, armés de deux millions de followers ont jeté leur dévolu sur Pigerolles. La “défense du climat“ certes, mais façon blokbuster :

    “Ces derniers jours, le bruit courait en Creuse que se préparait "un nouveau Larzac 2003". C'est-à-dire un "meeting-fiesta" avec une jauge à 200.000 personnes. (…) À la ferme Émergence Bio de Pigerolles, Jouany Chatoux confirme la rumeur, avant de la tempérer (…). L'agriculteur de Pigerolles se sent prêt à accueillir sur sa ferme “l'un de ces événements, pouvant rassembler de 50.000 à 60.000 personnes“. (La Montagne du 11 fév. 2019)

    Pourquoi les start-up du bio-climat, les promoteurs de méga-teufs citoyennes, la joueraient-ils petits-bras ?

     

    Zig et Puce
  • PNR : cris et chuchotements...

    Les Parcs naturels régionaux fêtent cette année leurs quarante ans. Pour l’occasion la Fédération des parcs a adopté un nouveau slogan, qui, comme tout les slogans, résonne parfois à contre-temps : “Une autre vie s’invente ici”. Si effectivement “une autre vie” s’invente sur le plateau de Millevaches, ce n’est sûrement pas au parc qu’on le doit. Dirigé par deux vieux routiers de la politique politicienne limousine (le communiste Christian Audouin et l’UMP Georges Pérol), le degré d’inventivité, d’innovation et de créativité du PNR de Millevaches est proche de zéro...

     

    pnr millevaches papiDepuis sa création il y a presque trois ans, on ne peut pas dire que le Parc naturel régional ait réussi à trouver une place reconnue et légitimée par l’ensemble des élus et habitants du Plateau. Paradoxe d’un outil qui rassemble pourtant l’ensemble des collectivités territoriales concernées (communes, départements et région) mais qui, sur bien des points, est contesté par des élus qui siègent dans son comité syndical et même dans son bureau.

    Cette contestation, ces récriminations, ces rancœurs demeuraient jusqu’à il y a peu, dans une certaine confidentialité : tout le monde en parlait mais le plus souvent dans le cadre d’échanges informels ou de conversations privées, sans que cela ne débouche sur un véritable débat public. Une lettre ouverte a rompu avec ces discussions plus ou moins souterraines en posant clairement la question. Une manière directe de mettre les pieds dans le plat.

    Ce texte, que nous reproduisons ici, a été signé par environ 160 personnes, dont des maires et des représentants associatifs. Il ne l’a pas été par beaucoup d’autres qui, ne s’y reconnaissant pas totalement, trouvant le moment ou le procédé inopportun, ont préféré s’abstenir tout en indiquant en off que la lettre pose néanmoins les bonnes questions.

    A nos yeux, et c’est une des raisons pour laquelle IPNS en est signataire, elle a le mérite de sortir la question du parc du domaine des bruits et des rumeurs dans lequel jusqu’alors elle restait confinée. Depuis plusieurs mois, on ne pouvait guère rencontrer un élu et parler avec lui du parc, sans entendre des reproches ou des manifestations d’insatisfaction. Que quelques associations se rencontrent et c’était le plus souvent pour jaser sur l’impossible communication avec une directrice (heureusement enfin partie !) par laquelle tout semblait devoir être contrôlé, pour râler contre des courriers ou des dossiers restés sans réponse, pour s’étonner de décisions qui semblaient bien éloignées des préoccupations du terrain ou pour blaguer, désabusés, sur les petits potins du parc : “Tu ne connais pas la dernière ?”

    Il faut bien admettre que ce genre de chuchotements n’est guère propice à faire avancer les choses ou à provoquer le débat nécessaire que réclame la situation. Quand une structure de développement qui intervient sur autant de domaines et qui est devenue sur le Plateau un passage institutionnel quasi obligé en est là, on ne peut plus se contenter de ruminer dans son coin.

    Dans ce contexte la lettre pétition apparaît donc comme un cri en direction du PNR - en souhaitant qu’elle ne se réduise pas à un cri dans le désert.

     

    A vrai dire, malgré le refus du Parc de réagir à cette initiative sur France Bleu Creuse et dans nos colonnes (voir page suivante), la lettre a tout de même touché ses destinataires. Le président du Conseil Régional a même piqué une grosse colère en découvrant le texte. De son côté, le président du parc, Christian Audouin, y répondait indirectement en ouvrant l’éditorial de la dernière lettre du parc distribuée dans toutes les boîtes aux lettres du Plateau, par cette phrase : “Il faudrait être animé de préoccupations malsaines ou tenté par le ridicule pour prétendre que le PNR ne produit pas de résultats positifs !” Malheureusement ce n’est pas avec ce genre d’autosatisfecit qu’on peut répondre aux détracteurs du PNR qui, lisant la suite de cet éditorial triomphaliste, trouveront au contraire matière à préciser leurs griefs et leurs interrogations.

    Ainsi, lorsque Christian Audouin explique : “Jamais la Montagne limousine n’avait eu accès à autant de leviers sociaux, économiques et financiers pour son développement. La conjonction entre l’OPAH, la DCT, Leader +, notamment, sous marque PNR et à une telle échelle inter-départementale, constitue une configuration unique en France”. Ceux qui ont suivi au cours des dernières années ce qui s’est passé sur le Plateau savent qu’une OPAH au moins aussi ambitieuse que l’actuelle a déjà eu lieu il y a quelques années – sans parc – et que le programme Leader + (après quelques ratés au démarrage sous l’actuelle direction PNR – cf. IPNS n°12) fait suite à deux programmes du même genre conduits de 1991 à 1999 – sans parc.

    Le président du parc poursuit, tout aussi satisfait : “Le financement national du grand projet touristique “retrouvance” au titre des “pôles d’excellence rurale” vient renforcer avec éclat ce constat”. De quoi s’agit-il ? De la mise en place d’un circuit de randonnée doté de cinq structures d’hébergement haut de gamme avec un accompagnement professionnel (Voir encadré ci-dessus). La Montagne du 2 janvier 2006 nous apprend que dans ce type de séjours “les randonneurs bénéficient d’un maximum de confort : ils sont délestés de leurs bagages qui sont transportés d’une étape à l’autre ; ils sont guidés par un accompagnateur moyenne montagne lors des randonnées pédestres ; les repas, midi et soir, sont pris en charge”. Ce genre de produit touristique qui sera commercialisé par l’ONF “est très prisé par les touristes d’Europe du Nord ou Grande-Bretagne d’un certain niveau de vie et très respectueux de l’environnement” – les bobos du Nord de l’Europe, quoi !

     

    Le discours du parc tel qu’il ressort de cet éditorial est révélateur des question posées dans la lettre ouverte comme parmi d’assez nombreux élus (Voir l’entretien avec Philippe Breuil page 5). Les réponses données par le parc se traduisent en programmes et en enveloppes financières sans qu’on mesure vraiment si une réflexion approfondie en amont y a conduit ou si ce sont les opportunités budgétaires ou les appels d’offres qui décident avant tout. Si l’ONF n’avait pas eu son dossier “retrouvance” clef en main, le PNR aurait-il donné la priorité à un projet de ce genre ?

    Par ailleurs, s’est-on, pour rester sur cet exemple, posé la question du type de tourisme que nous souhaitons développer sur le Plateau ? A-t-on réellement choisi de viser le riche Danois ou le cadre supérieur anglais... ou s’est-on laissé conduire par l’air du temps qui indique si bien où est l’argent ? On pourrait se poser la même question pour la plupart des programmes en se demandant où se trouve la spécificité parc, ce qui ferait de ces programmes autre chose que les procédures administratives qu’on retrouve un peu partout en France, dans des parcs comme dans des territoires qui n’en sont pas. Où est donc la patte du parc ?

     

    Ces questions ne sont pas les seules et l’on pourrait citer d’autres sujets qui laissent dubitatifs. La communication du PNR par exemple, confuse et mal organisée, aussi froide dans la présentation de ses programmes que son papier est glacé. Après des “lettres” épisodiques sur grand format et papier journal, un “journal” du parc débarque parmi d’autres publications labelisées PNR (le n°1 d’un Lien énergie paru il y a un an et pour l’instant sans suite ou le n°1 d’une Lettre du patrimoine parue vers la même époque et toute aussi orpheline...).

    Ces questionnements méritent mieux que les réponses dilatoires que le parc, frileusement réfugié dans sa bonne conscience outragée, persiste à donner. Ce n’est pas aider dans son travail la vingtaine de techniciens du parc (une équipe “à votre service” dit le journal du PNR d’août 2006) de plus en plus souvent confrontés à l’incompréhension ou à la réprobation. La réponse de Christian Audouin à notre demande de réaction, ou celle qu’il a finalement accordée à Télé Millevaches après s’y être dans un premier temps refusé, montre bien que le débat n’est pas franchement engagé.

    Nous souhaitons cependant ne pas en rester là et c’est pourquoi nous avons demandé à Jacques Longchambon, responsable associatif à Crocq, et à Philippe Breuil, conseiller général de La Courtine, de nous faire part de leurs analyses et jugements.

     

    Retrouvance, ruines et isolement...

    Dans le cadre du Pôle d’excellence rurale, le site de la ferme des Grands Bois à Croze a été retenu comme hébergement “haut de gamme”.
    Après un tout récent débroussaillage des lieux, ce choix suscite quelque perplexité. Hormis le puits traditionnel, tout le reste du bâti n’est que ruine. Il faut développer une forte dose d’imagination pour y “découvrir le patrimoine vernaculaire”. Certes le site est remarquable parmi “la beauté au naturel des paysages du PNR”. Mais il est totalement à l’écart du moindre circuit de randonnée tracé et balisé par les “savoir-faire” des acteurs du tourisme de nature et de randonnée tout au long de l’année sur le Millevaches. Un partenariat en concertation avec ces acteurs locaux aurait certainement mieux guidé la technologie “clé en main” de l’Office National des Forêts.
  • Tags et graffitis, rage et rififi

    Suite à l'article paru dans notre dernier numéro à propos des tags (Ras-le-tag !), Michel Bernard nous rappelle le sens de ce genre de prise de parole.
    N’en déplaise à certains, ce mode d’expression fait partie de notre culture, d’une expression populaire qui s’exprime depuis des lustres.

     

    tag bottesTags et graffitis

    En France, le tag est apparu en même temps que les graffitis dans les années 1970. Il n’a pas eu un réel succès sauf pour les jeunes qui allaient en bandes taguer les métros. Le tag a sa culture propre. Chaque tagueur a un pseudonyme et une signature (blaze) qu'il utilise pour revendiquer des œuvres ambitieuses mais aussi (plus couramment, car c'est plus facile) pour signaler sa présence dans un lieu et se faire connaître, transformant la ville en une sorte de jeu de piste et de stratégie géant. Il s'agit de la forme de graffiti qui déclenche le plus de controverses, notamment du fait de l'ampleur du phénomène mais aussi, sans doute, du fait qu'il est l'expression d'une culture bien définie.

    Les graffitis existent depuis des époques reculées, et certains exemples remontent à la Grèce antique et à l'Empire romain. Le graffiti urbain se développe souvent dans un contexte de tensions politiques : pendant les révolutions, sous l'occupation. Vers la fin des années 1960, du fait notamment de la disponibilité d'aérosols de peintures “émaillées“ (originellement destinées à la peinture d'automobiles), une partie des graffitis a gagné une vocation esthétique. Dans la foulée de mai 1968, les messages politiques de la rue parisienne gagnent en poésie et en qualité graphique et font souvent preuve d’humour absurde ou d’un sens de la formule plutôt étudié : “Désobéir d’abord : alors écris sur les murs (Loi du 10 Mai 1968)“.

     

    Un cri muet

    Chômage, nouvelle pauvreté, problèmes des banlieues, délinquance, montée du racisme, la société fonctionne à deux vitesses avec le monde des nantis et celui des exclus. Dans un monde sans espoir, le désespoir contenu dans les tags semble être une réponse à la violence sociale. Devant l’absence d’idéologie, il ne reste plus aux jeunes qu’à crier et à s’afficher pour dire qu’ils existent aussi, à côté du monde des nantis. Les tags sont des cris, mais à la différence d’un cri ils sont permanents et muets. Le pouvoir est détenu par ceux qui détiennent les moyens de communication, publicité et télévision. La communication fonctionne souvent en sens unique, des décideurs vers le public. Il ne s’agit pas de proposer quelque chose à voir mais forcer le public à voir. En couvrant l’espace urbain les tagueurs se situent sur le même terrain, ils s’approprient une marque du pouvoir en forçant le public à les voir, ils veulent imposer leur marque. Alors, qu’il n’en déplaise aux esprits chagrins qui s’émeuvent sur l’emploi judicieux de tel ou tel graffiti, sur les quelques endroits inappropriés… c’est l’essence même du graffiti !

     

    Michel Bernard