À 35 ans, Pauline Rochart, après avoir vécu 10 ans à Paris est retournée vivre dans son coin du Nord de la France. Elle s'est aperçue qu'elle était loin d'être la seule à avoir fait ce parcours : quitter sa campagne, aller faire ses études à Paris, y travailler quelques années... et finalement revenir sur ses pas et se réinstaller là où elle a grandi. Nostalgie de l'enfance ? Ras le bol de la ville ? Retrouver un sens à sa vie ?
Pour répondre à ces questions elle a interrogé de manière empirique des ami.es, des ami.es d'ami.es, et sans jouer à la sociologue, s'est prise au jeu de comprendre ce phénomène du retour que Zia Perthuisot nous montre aussi à travers les photos présentées dans ce numéro d'IPNS.
Pour autant les « retours » analysés par Pauline Rochart montre des gens bien différents (en partie) des retours que nous connaissons ici, plus « militants » ou « bande de potes » que les siens, souvent liés à la naissance d'un premier enfant ou à la possibilité de faire du télé-travail sans changer d'activité professionnelle – bien que ces profils existent aussi chez nous. En tout cas ce sont des gens très différents que ceux décrits par le sociologue Benoît Coquart dans son ouvrage de 2019 Ceux qui restent (et qui concernait le Grand Est de la France). Pauline Rochart explique : « Les individus ont besoin de se sentir appartenir à une communauté, et parfois, cela passe par le fait de se réarrimer à un territoire, par le fait de s'ancrer quelque part. Retrouver un lieu qui nous est familier nous procure un sentiment d'apaisement, voire de sécurité émotionnelle. » Elle donne la parole à la journaliste Valérie Bauhain qui anime le podcast Ciao Paris : « Les gens bougent parce qu'ils veulent se rapprocher de leur coin ou d'un lieu qu'ils affectionnent particulièrement ; mais le déterminant majeur, c'est la nature des liens sociaux qu'ils y entretiennent. Et parfois, il suffit d'une personne avec qui tu nourris un lien de confiance. Les territoires, on a beau les « marketer », les mettre en récit ; ce qui compte c'est qu'ils soient incarnés, humanisés. » Pauline Rochart confirme : « Celles et ceux qui sont revenus s'installer à Limoges, à Dunkerque ou encore dans le Morvan ne l'ont pas fait après avoir croisé une affiche sur la ligne 13 du métro. Ils et elles l'ont fait parce qu'ils avaient des attaches sur le territoire. »