La famille Fraisse avait créé à Aubusson une fonderie performante qui a rapporté beaucoup d’argent au cours des décennies passées. Bien sûr, sans que les salariés, aujourd’hui une trentaine, ne profitent vraiment d’améliorations particulières, et sans investir non plus dans la modernisation du site et du parc machine qui a beaucoup et mal vieilli, ni dans la sécurité des travailleurs – c’est dangereux une fonderie ! Bref, tout pour les actionnaires !La CGT, implantée récemment dans l’entreprise, avait toutes les raisons de s’inquiéter pour l’avenir et les emplois. Dans une situation compliquée pour les fonderies dans notre pays, l’obstination du délégué CGT avait tout de même permis d’obtenir des vêtements et des travaux de sécurité, ainsi qu’une meilleure prise en charge de la mutuelle par l’entreprise.Et c’est juste avant Noël que le Comité social et économique (CSE) est informé de la mise en vente de l’entreprise par la famille Fraisse. Grosse frayeur ! Y aura-t-il un repreneur pour cette usine ? N’étant pas naïfs, nous devinions aisément que les négociations de vente avaient commencé bien avant l’annonce officielle aux salariés… Mais la direction refusait toutes précisions, créant un fort malaise parmi les travailleurs du site.
Fin janvier 2026 (comme quoi les choses étaient bien négociées de longue date), la réponse tombe : Fraisse est racheté par un groupe de cinq à six petites unités de production dans la fonderie, le groupe Carlesimo. Ce jeune groupe industriel venait de racheter une usine à Montluçon où des licenciements ont été opérés ainsi que la fermeture pure et simple d’une filiale en Picardie… De quoi s’inquiéter encore !Cependant, la cohérence industrielle du groupe, basé sur des petites productions à l’abri de la concurrence (chinoise principalement) permet d’être optimiste. Surtout que Carlesimo annonce au CSE reconduire à l’identique les contrats de travail. La CGT a posé des questions précises pour l’avenir et attend des réponses : quels investissements pour moderniser et sécuriser les ateliers ? Quels clients nouveaux ? Quelles synergies avec les autres sociétés du groupe ? Sur ce dernier point, les signaux sont moyens : deux fours, qui ne servaient plus vraiment, partent à Montluçon. Mais un commercial est embauché ce qui permet tout de même d’espérer une relance du vieux site aubussonnais.