« Même si j’habite à Prague, je suis de cœur limousin, où j’ai passé quarante ans » nous confie Pavel Macek qui aime particulièrement le plateau de Millevaches. Marié à une institutrice française (fille du grand romancier Emmanuel Roblès) ils s'installent tous les deux en Limousin « par hasard » dit-il. Pavel est ébéniste de formation mais fera la majeure partie de sa carrière en milieu hospitalier. Pourtant, dès les années 1970, il pratique la sculpture et la gravure sur bois en autodidacte. Sans même savoir la nommer au début, il développe de façon empirique la technique du « bois perdu », qui consiste à n'utiliser qu'une seule planche de bois pour l'ensemble des couleurs utilisées pour l'estampe, en retirant de la matière au fur et à mesure et en passant les couleurs (de 4 à 10 selon les œuvres) de la plus claire à la plus foncée. Passionné d'ornithologie, ce citadin d'origine se prend de passion pour la campagne limousine qu'il parcourt de long en large. Au cours de ses périples, il photographie de nombreux paysages qui serviront de modèles à ses estampes. Ainsi, sur une œuvre globale d'environ 650 gravures, plus d'un dixième sont consacrées au Limousin (aux côtés d'autres thèmes comme sa ville natale ou encore les musiciens tsiganes). Il rencontre un grand succès en Limousin et plus largement en France, ainsi qu'à Prague. Ses œuvres sont très courues et un grand nombre d'amateurs et d'acheteurs guettent chacune de ses expositions.
En décembre 2016, alors qu'il s'apprête à quitter le Limousin pour s'installer définitivement en République tchèque, Pavel Macek choisit de donner à la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges la quasi-totalité de son œuvre limousine. Ce don de 70 gravures et 21 matrices (bois gravés), auxquelles s'ajoutent une gravure préalablement achetée par la bibliothèque ainsi que plusieurs de ses livres d'artiste figurant dans les collections depuis plusieurs années, constituent un fonds d'une belle cohérence et d'une grande beauté : le témoignage du passage, dans notre région, d'un artiste qui a su comme peu d'autres comprendre en profondeur et dépeindre fidèlement l'âme et la beauté des paysages limousins. Aussi l'histoire d'amour qui lia Pavel Macek au Limousin est-elle parfaitement représentée par ce fonds, qui s'ouvre avec une gravure de Limoges et qui se clôt par la vue d’un petit bourg du plateau de Millevaches, le coin de Limousin qui le séduisit et le marqua le plus. Les deux gravures que nous publions dans ce numéro sont extraites de ce fonds. IPNS remercie Pavel Macek de l'avoir autorisé à reproduire celles-ci et la Bibliothèque de Limoges de nous avoir fourni ces deux gravures. Nous ne doutons pas que les deux pages centrales de ce numéro d'IPNS risquent vite d'être détachées et qu'elles se retrouveront bientôt sur plus d'un mur de nos lectrices et lecteurs !