Neuf personnes venues d'Ukraine, le maire de Khust ainsi que quatre membres de son équipe et quatre personnes de l'association de développement local ATDL étaient de ce voyage. Après une présentation du territoire en mairie de Faux (zoom sur une carte de France pour arriver jusqu'aux communes, en passant par la région, le département, les comcom, le PNR...), Marion Michau, spécialiste en phytoépuration a fait une présentation de cette technique d'assainissement des eaux usées. Après la visite de l'Agence postale communale, de la crèche, du camping et de l'écoquartier, direction le lagunage pour le volet épuration collective. L'après-midi, une visite d'un chantier du PNR permet de découvrir une action de préservation-restauration de prairie et de zone humide.Puis à Hêtre en Forêt, à Nedde, Iris, franco-ukrainienne, nous parle de la lutte qu'elle mène avec son association pour s'opposer à des travaux gigantesques d'aménagement de station de ski en Transcarpatie, travaux qui menacent des forêts primaires et de très anciens écosystèmes. Après toutes ces visites, une réunion technique a lieu sur l'avancement du projet d'adduction et d'épuration d'eau dans le village ukrainien.Vendredi est la journée urbaine du séjour, d'abord à Felletin (promenade dans le marché, visite des ateliers de Court-circuit, repas à Pang) puis à Aubusson (musée de la Tapisserie).Le soir, à Faux, une réunion publique rassemble une centaine de personnes. Deux chants ukrainiens par une chorale du Plateau introduisent la réunion, ce qui n'est pas sans provoquer l'émotion de la délégation qui ne s'y attendait pas. Prises de paroles et témoignages sont suivis de questions.Samedi, visite d'une exploitation agricole à La Villedieu, puis à Tarnac, du Magasin général et du centre Emmaüs avec sa conserverie et son restaurant. L'après-midi à Gentioux a lieu le moment solennel à la mairie, avec signatures et coups de tampons. Les écharpes et drapeaux sont de sortie.
La délégation a été très intéressée par la phytoépuration. Avec l'ONG Experts Solidaires qui accompagne le projet de coopération, est évoqué un possible déplacement de Marion Michau pour mettre en place une première phytoépuration témoin, sur place, avec l'accord enjoué d'une Ukrainienne qui met son terrain à disposition, une espèce de transfert de compétence à destination d'une équipe locale de quatre à cinq personnes qui pourraient ensuite diffuser. On pense au volet filière bois : imaginer des voyages croisés, par exemple avec nos établissements d’enseignement professionnel, école forestière ou Lycée des métiers du bâtiment. On réfléchit à des échanges de correspondances entre les écoles, et plus globalement à un jumelage entre Nijnié et les quatre communes.
Se pose une question d'échelle. Nijnié et les quatre communes du Plateau, globalement c'est la même taille de population. Mais avec Khust, ville de 30 000 habitants, il y a une certaine disproportion. Pourquoi ne pas faire entrer d'autres communes dans le processus d'échange ? C'est à construire !
La visite de la délégation l'a confirmé : nos deux territoires sont, sur beaucoup de points, assez semblables. Mais n'oublions pas que l'élément déclencheur de la signature de ces accords, ainsi que la perspective d'un jumelage, sont le résultat de l'expression d'une solidarité provoquée par l'invasion russe. La guerre comme toile de fond, l'Ukraine, comme un premier rempart. Dans un monde très déstabilisé, où le droit international s'est considérablement rétréci, où les désastres de la prédation et la loi du plus fort rivalisent avec des égos toxiques surdimensionnés, il est plus que souhaitable que se tissent des relations d'entraide réciproque, de respect et de découverte mutuelle, à notre petit niveau. L'accueil, la découverte de l'autre, le respect des différences, les ponts de solidarité, ici ou ailleurs, dans des espaces qui nous sont proches, sont les antidotes, les contre-poisons d'un monde en folie.