Quatre pays ont dépassé les 12 000 demandes d'asile : l'Afghanistan (13 800), la République démocratique du Congo (13 240), Haïti (12 600) et l'Ukraine (12 310). Les demandes des ressortissants haïtiens et de RDC sont traitées principalement en procédure accélérée. Suivent la Guinée (8 640), la Côte d’Ivoire (7 530) et la Turquie (6 830). L’ensemble de ces sept pays représente plus de la moitié de la demande totale (51,6%).En 2025, l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) a pris 156 590 décisions. Au total, entre l’OFPRA et la CNDA (Cour nationale du droit d'asile), 78 782 personnes (enfants inclus) se sont vu octroyer une protection, un chiffre inédit dans l’histoire et un taux de protection de 52,1% que l’on n’a pas vu depuis 40 ans. Cela concerne des personnes ayant déposé une demande en 2025 mais aussi les années précédentes.Les taux d’accord varient considérablement selon les pays, de même que la répartition entre refugiés et bénéficiaires de protection subsidiaire et ne sont pas corrélés au nombre de ressortissants d’un pays, La Chine, ou plutôt le Tibet (2470 demandeurs), a le plus fort taux d’accord (92,3%), essentiellement pour le statut de réfugiés, de même que la Syrie (79%) et la Palestine (87%). L’Ukraine et Haiti ont un taux de 89%, principalement avec une protection subsidiaire. Environ 150 000 personnes sont toujours en attente de décision.
La loi prévoit que les déboutés reçoivent une OQTF (Obligation de quitter le territoire français).66 428 personnes, enfants inclus, ont été déboutées de l’asile en 2025 (Quand il s’agit de familles, l’OQTF s’adresse aux parents mais concerne aussi les enfants). La France est l'État de l'Union européenne qui délivre le plus d’OQTF, devant l'Allemagne (12 500). L’OQTF est une décision administrative qui peut toucher n’importe quel adulte : il suffit que la préfecture estime que la personne ne remplit pas ou plus les conditions de délivrance d’un titre de séjour, conditions qui se sont durcies avec les dernières lois. Si les OQTF ne sont pas toujours exécutées, être sous OQTF (exécutable pendant 3 ans), n’est pas anodin car les personnes n’ont aucun droit, à part l’AME (aide médicale d’État, que certains voudraient voir annulée) qui ne propose qu’un panier de soins réduit. Ils n’ont pas le droit de travailler, de demander un titre de séjour et sont donc sans papiers. Il est quasi impossible de se loger et ils n’ont bien sûr aucune aide sociale. Être sous OQTF est source d’angoisses et d’insécurité : crainte d’arrestation, d’enfermement en centre de rétention, d’expulsion forcée... Ce sont des situations de grande précarité, d’instabilité, en particulier pour les enfants qui restent scolarisés. Les personnes sont à la merci d’exploiteurs divers et variés. La France fabrique ainsi toute une population précaire qui vit ou plutôt survit dans une zone grise à nos côtés.Actuellement les délivrances d’OQTF augmentent de même que les taux d’expulsions. Cependant les taux de régularisations en particulier par le travail se réduisent. Nous observons ces temps-ci pas mal de cas de personnes demandeuses de régularisation avec des propositions d’embauche y compris pour des d’emplois sur la liste des métiers en tension et qui sont visées par une OQTF au grand dam de leur employeur, comme c'est le cas, en Creuse, pour le jeune Moussa qui a effectué son apprentissage chez Eiffage où il a obtenu son CAP. Depuis le 1er août 2025, il a été embauché en CDI, mais il a reçu une OQTF. Le jeudi 26 février dernier un rassemblement de plus de 200 personnes à l'appel de la CGT a eu lieu devant la préfecture de Guéret pour demander sa régularisation. Son cas n'est malheureusement pas unique.