En 2022, pourtant, notre subvention provenant du Fonds de soutien aux médias d'information sociale de proximité (FSMISP) d'un montant de 3 500 € avait été bloquée au niveau de la préfecture de région. La DRAC s'en étonnait alors et nous avait dit : « On va procéder autrement, comme cette subvention provient d'un fonds national, on va vous la verser directement depuis le ministère sans passer par le circuit habituel de la préfecture de région... »En 2023, changement de stratégie de la part des services de l'Etat : notre dossier n'est tout bonnement pas présenté à la commission nationale du fonds de soutien à la presse de proximité, comme les dossiers de deux autres associations limousines (le journal La Trousse corrézienne et Télé Millevaches). De fait, en novembre 2023 la liste des quelques 130 médias soutenus par ce fonds en France est publiée sans ces trois associations ! Devant cette irrégularité manifeste dans la procédure, nous nous apprêtions à saisir la justice et lancions une petite campagne médiatique (avec des articles dans Libération et Streetpress) lorsque, quelques jours avant Noël, la publication d'une « décision » de dernière minute nous octroie in extremis la subvention... Nous avons raconté tout cela en détails dans IPNS n°85 et 86.
Nouveau changement de stratégie ensuite. Puisqu'on n'a pas réussi à priver de subvention ces médias en 2023, on va procéder à la découpe : en 2024 La Trousse corrézienne se voit opposer un refus « au regard de la fragilité du modèle de diversification des ressources et [de] l'impossibilité de développer un modèle économique soutenable dans la durée. » Et en 2025, c'est au tour d'IPNS de se voir refuser cette aide, pour les mêmes raisons : équilibre économique précaire (on lui reproche « un budget tout juste à l'équilibre »...) et absence de plan de développement du média (plan présenté dans la demande de l'année précédente, mais que le Fonds n'avait alors pas souhaité accompagner...). Des critères qui pourtant n'apparaissent pas dans le cahier des charges 2025 auquel se réfère l'administration. En effet, seuls trois critères, auxquels notre journal répond parfaitement, apparaissent dans ce cahier des charges : le traitement éditorial de l'information, la production d'une information de proximité, sociale et citoyenne et l'insertion dans un territoire.
L'administration nous rassure : « Nous avons essayé de faire au mieux avec tous les éléments et crédits dont nous disposions (...) et en-dehors de toute implication préfectorale que vous supposez. » Disons que, compte-tenu du faisceau d'indices dont nous disposons et des précédents touchant d'autres associations de notre territoire (mais aussi ailleurs en France), il nous est difficile d'en être tout à fait convaincus... Et c'est bien pour cela, que nous nous sommes associés avec 101 autres associations pour déposer le 24 octobre dernier une saisine du Haut Conseil à la vie associative pour lui demander de rendre un avis sur les entraves de plus en plus nombreuses qui visent les associations dont les actions ou les membres ne semblent pas être appréciés par les pouvoirs publics (lire page 6 de ce numéro).
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