Ma rencontre avec le loup date du dimanche 24 avril 2022. Je randonnais du côté des rochers de Clamouzat, sur la commune de Faux-la-Montagne, quand je stoppai net. À une vingtaine de mètres, un animal de trois quarts arrière , gris blanc, avec une longue queue, une belle taille et une foulée caractéristique d'un genre canidé, rentrait tranquillement dans un fourré. Mais ce n'était pas un chien... C'était donc un loup ? Je m’arrêtais chez Rosette, à Châtain. Elle me confirmait que la veille, un veau avait été égorgé dans un troupeau voisin et que c'était manifestement l’œuvre d'un loup... J'apprenais, un an plus tard, que mon loup gris blanc venait d'être abattu par un tir de défense à Tarnac.
Moriceau est un historien qui travaille sur des données, des archives, des statistiques, des articles... c'est sa matière première. Son objectif est de rassembler toutes ces informations pour les rendre plus lisibles, plus compréhensibles et transmettre. Le loup dans notre histoire de France l'interroge.Il nous offre un état des lieux fort documenté, récent, avec tableaux de chiffres à l'appui, ou encore un état historique des attaques du loup, selon qu'il est enragé ou simplement prédateur... Il va chercher jusque dans l'antiquité ce qu'on dit de cet animal ou plus exactement, comment cet animal est perçu. Le loup divise aujourd'hui. Entre le désir du retour de sa présence, encadré par une loi européenne ordonnant sa protection, le constat de l'augmentation des prédations, des dégâts commis, statistiques à l’appui, l'auteur pointe la problématique complexe du retour du loup. Il rappelle un héritage qui n'était pas que fantasmatique ; si les troupeaux sont attaqués, les humains l'étaient aussi, bien que très rarement. Ces faits servent moins à nous affoler qu'à nous éviter de tomber dans l’angélisme du gentil toutou et de certaines formes de dénis qui ne font pas avancer le débat.
Le loup est un prédateur particulièrement efficace, opportuniste, malin... Dans notre histoire et jusque dans les années 1950, le loup fut considéré unanimement comme un fléau. Drôle de retournement de situation. Moriceau pointe l'impréparation avec laquelle les pouvoirs publics mais aussi la société dans son ensemble, agriculteurs compris, ont mal pris en compte le phénomène loup, sa progression inattendue, les conséquences sur les élevages par exemple et surtout la variabilité des situations. Aujourd'hui, comme hier, le loup est source de crises et de conflits. Comment avec pragmatisme, et beaucoup de nuances selon les contextes géographiques, améliorer la situation ?J'étais récemment dans l'Aubrac, en Lozère. Le loup y est bien présent et depuis assez longtemps. Sa présence n'est pas ressentie par les agriculteurs comme un problème : zone d'élevage bovin, la vache Aubrac, particulièrement rustique sait se défendre. Le loup se nourrit surtout de cerfs et de chevreuils, que même la chasse n'arrive pas à réguler... Mais quelques dizaines de kilomètres plus loin, sur les Grands Causses où l'élevage ovin domine, ce n'est plus du tout la même situation !Alors, souhaitons que la lecture de ce petit livre qui se lit rapidement et facilement, puisse participer, ici, à trouver les solutions adaptées dans une démarche pacifique et intelligente, si possible !