L’association La Garance voyageuse est née du désir d’une petite équipe, jeune, sincère dans ses convictions et dynamique. Dans le monde en pleine mutation des années 1980, elle est apparue à point nommé pour pallier un manque : au moment où s’affirmaient les grands questionnements écologiques, il y avait peu de sensibilité exprimée par le grand public vis-à-vis du monde végétal. Quelques voix commençaient à se faire entendre à la radio ou la télévision, comme celle de Jean-Marie Pelt. Des revues scientifiques, des revues naturalistes, plutôt animalières, alimentaient alors notre quotidien. La revue La Hulotte a été un peu le modèle à suivre et notre inspiratrice. Amoureux des plantes, passionnés du végétal, il nous fallait créer un média qui soit proche de nos préoccupations et au service de nos intentions. Faire connaître, étudier et protéger, telles étaient nos raisons d’être : cela allait devenir notre devise, et la vulgarisation serait un étendard souvent brandi.
C’est en 1988, autour du lycée forestier de Meymac, que débute l’histoire de l’association La Garance voyageuse. Dans ce lycée agricole, les premières formations d’éducation à l’environnement sont créées avec des BPN (Bac professionnel « Protection de la Nature »). Une équipe d’amis, filles et garçons, décide de faire partager sa passion pour les plantes et la nature à travers une association, éditrice d’une revue trimestrielle de vulgarisation, informant sur la richesse du monde végétal afin de mieux le protéger. Les textes sont tapés sur une machine à écrire, la mise en page est réalisée avec « colle et ciseaux » et beaucoup de « blanc » pour masquer les bavures et collages. Les titres et les sous-titres sont faits avec des Letraset (lettres «décalcomanies patiemment juxtaposées) et les premiers numéros sont imprimés en deux couleurs sur une machine offset du lycée avec un agrafage à la main lors de longues soirées assez festives ! L’indulgence patiente des premiers abonnés enthousiastes a permis de ne pas se décourager ! Le premier président, objecteur de conscience, en service civil au Parc national des Cévennes, allait alors l’implanter durablement dans cette région. C'est ainsi que la Garance voyagea de la Corrèze à la Lozère où elle réside toujours.
La jeunesse et la fougue firent bourgeonner le projet avec des animations scolaires, des sorties botaniques, des stages (musique verte, flore forestière...), des spectacles, etc. Le comité de relecture compte une douzaine de bénévoles, dont une large majorité de scientifiques) et quelque 650 personnes ont contribué à La Garance voyageuse. Auteurs, illustrateurs, administrateurs, objecteurs, animateurs, rédacteurs, relecteurs, salariés, stagiaires, bénévoles, une heure, un jour, un mois, un an, une vie… et ce n’est pas fini !