Le dynamisme social et culturel du plateau de Millevaches est en grande partie dû aux associations qui, depuis au moins 5 décennies, ont contribué à transformer l'image et une grande partie de la réalité de ce territoire. De zone en voie de désertification qu'il fallait quitter pour « réussir » dans les années 1960 et 1970, il est devenu aujourd'hui une zone attractive, avec un seuil migratoire positif, dont l'image est celle d'un territoire vivant, actif, engagé, militant, même parfois un peu turbulent. Ce qui sans doute va expliquer ce qui va suivre. Un territoire où l'on est très fier d'avoir l'un des rares monuments aux morts, pacifiste, qui proclame « Maudite soit la guerre », où l'opposition à la guerre d'Algérie s'est manifestée par le blocage d'un convoi de jeunes appelés du contingent en 1956, et où, via les travailleurs immigrés de l'époque, les maçons creusois émigrés à Paris, les idées socialistes et communistes se sont installées de manière forte jusqu'à la fin du XXe siècle. Aujourd'hui, dans la continuité de cet héritage revendiqué, y compris par les nouveaux habitants qui se sont implantés ici, on continue à maudire plutôt les coupes rases forestières et les tentatives d'implantations de fermes industrielles ; il arrive qu'on bloque une gendarmerie ou une mairie pour empêcher l'expulsion d'un jeune exilé ; et les idées écologistes autour de la forêt et de la préservation de l'environnement ou de la ressource en eau s'implantent à leur tour. Ce petit panorama forcément réducteur va nous permettre de comprendre ce pour quoi un certain nombre d'associations ont fait l'objet depuis 6-7 ans, et malheureusement de plus en plus, d'un certain nombre de mesures de rétorsion émanant de l'État via les préfectures...
Des associations préfèrent parfois faire le dos rond, éviter de faire des vagues, voire s'autocensurent pour éviter les courroux de l'État. Cette stratégie nous paraît contre-productive et dangereuse. Nous pensons au contraire qu'il faut toujours monter au créneau, se défendre, attaquer si besoin, mais surtout ne baisser ni les bras, ni notre vigilance, ni notre solidarité interassociative.Première réaction : rester solidaires les unes des autres. Au sein du réseau informel Associations-nous, les associations se sont réunies tous les deux mois pour se tenir au courant des attaques qu'elles subissaient et coordonner leurs démarches de défense.Seconde réaction : user de tous les recours juridiques possibles, après avoir épuisé les recours gracieux. La justice administrative est souvent encore la meilleure défense dans notre état de droit... qui pourtant, l'actualité récente nous le rappelle, fait l'objet d'attaques consternantes de la part d'une partie importante du monde politique et médiatique.Troisième levier d'action : la médiatisation. Faire savoir ce qui se passe le plus largement possible et surtout ne pas penser qu'il faut vivre caché pour vivre heureux. Les associations sont des actrices fondamentales de la vie démocratique. Elles doivent publiciser les attaques dont elles sont l'objet.Enfin, devant la situation présente, nous avons réuni 102 associations provenant de 47 départements différents pour saisir le Haut Conseil à la vie associative de la question des entraves aux libertés associatives (voir encadré).Quand les foudres de l'Etat nous tombent dessus, il faut que nous portions un message clair : les valeurs républicaines, c'est souvent davantage nous-mêmes qui les défendons, la démocratie c'est nous-mêmes qui la faisons vivre, et les bâtons qu'on nous met dans les roues, à nous petites associations contestataires ou empêcheuses de tourner en rond, c'est en réalité dans les roues de la démocratie qu'ils sont mis.
Coupes de subventions, ça continue... Pas d'aide à la presse pour IPNSLe « procès de Limoges » sera celui des technologies du numériqueMunicipales : comment passe-t-on du nombre de voix au nombre de sièges ?La démocratie directe pas vraiment prévue par la loiRéagir face aux attaques contre les associationsLe droit de mourir - « Réenchanter la mort » et « se réapproprier les pratiques funéraires », tels sont les objectifs de la SamaïnLe Loup de la discorde. Quelle place pour l’homme et le loup en Montagne limousine ? Le loup en question et la réponse de l’historien, Jean-Marc MoriceauQui va à la chasse, une nouvelle revue nommée « Qui va à la chasse...quand des non-chasseuses amatrices de sciences sociales cherchent à lever des lièvres ». Jean-Claude Champeau, du braconnier au photographe et auteur naturaliste4 communes du Plateau solidaires d’une commune ukainienneLectures, La Creuse, terre de granite et de mystères géologiques, Les Eaux de Mars, Facto, un nouveau média en Limousin et Faire face au fameux « on est chez nous « Au château de Toulondit d’Eymoutiers, la solidarité se joue à tableLa Garance voyageuse, revue entièrement consacrée au monde végétal, de la Corrèze à la LozèreLa chronique d’exils et la chronique internationale : La Gen Z 212 contre le gouvernement de la coupe du monde
- L'art de Pavel Macek qui propose un regard personnel sur les paysages du Plateau (avec une de ses gravures en poster au centre du journal !)- Un long entretien avec la géographe Nassima Hakimi qui a observé les "initiatives disruptives" sur la Montagne limousine- Les résultats d'une enquête sur les jeunes volontaires en service civique qui travaillent dans nos associations- Les bonnes raisons de refuser une légion d'honneur... Antoine Gatet explique son geste.- Les 10 ans d'une revue naturaliste limousine : La Cardère- Une enquête sur un projet d'art contemporain à Cheissoux où il est question d'intelligence artificielle et de subventions réelles- Il y a 70 ans : la mutinerie populaire de La Villedieu- La découverte d'un petit animal bien de chez nous : le loir grisOn croisera également dans ce numéro Jan dau Melhau, une coupe rase évitée, des opposants à la mise en 2x2 voies de la N147 près de Limoges, les Iraniens révoltés, une délégation ukrainienne en visite sur le Plateau, une bibliothèque itinérante, et quelques notes de lectures instructives !Mais s'invite aussi l'actualité avec le retour du projet de porcherie industrielle au Villard, sur la commune de Royère de Vassivière ! On en parle rapidement dans ce numéro, mais pour en savoir plus et suivre l'actualité de ce projet c'est ici : https://nonalaporcheriedulac.substack.com/
- Des cochonneries dont on se passerait bien- Consultation du public : 95,6 % des participants sont contre la porcherie- Porcherie à Royère = baignade interdite à Vassivière- Deux pharmaciens du pôle Millesoins interdits d’exercer- L’hôpital d’Ussel, pilier indispensable pour la santé de notre territoire- À Limoges, le procès du numérique a bien eu lieu- Le Banquet des Maquisards : autopsie d’une polémique- Réflexions post municipales« Etre d’ici », un argument d’ancrage et non de repli dans la bataille des élections municipalesÊtre d'ici ou d'ailleurs...« Chez nous », « radicalité », « clivant » … Et autres mots de la langue du Disneyland préfasciste.Municipales 2026 : Non au « sans étiquettisme » dépolitisant !Propos racistes à Rempnat - On va revoter à Tarnac- L'exode rural est-il tari ?- De la Haute-Corrèze à Paris, de 1945 à 1968- Les révoltés d'Alain Véron- Kouka chez Rebeyrolle- Un artiste, une oeuvre, des activités associatives- Nathanaël Fournier, photographe
La Creuse a depuis juillet 2024 un député d'extrême-droite dont le parcours montre une cohérence politique clairement marquée vers le brun... C'est ce que montre le portrait de Bartolomé Lenoir que nous publions ici. Mais, au-delà du bonhomme, c'est la politique qu'il défend qui, contrairement à ce qu'il tente de faire croire, représente un véritable danger pour le département avec un programme social et économique qu'on peut qualifier de carrément « anti-Creuse ».
Pour dissimuler la catastrophe que serait pour le département l'application du programme de son parti, l'Union des droites pour la République (UDR) d'Éric Ciotti, Bartolomé Lenoir utilise un subterfuge dont usent tous les extrémistes de droite : lancer des fake news et attiser la peur. Vendredi 18 octobre 2024, sur France 3, il annonçait « une initiative forte contre l'extrême gauche en Creuse » affirmant qu’il y avait « dans le sud du département des comportements tout à fait inacceptables. » « Je ne veux pas que la Creuse devienne une ZAD » disait-il, au même niveau intellectuel que Trump et ses immigrés qui « mangent des chats. » Lui-même riche angevin, très parisien et peu creusois, Lenoir sortait « je ne veux pas que des gens qui ne sont pas creusois nous imposent leur culture ». Et de questionner le ministre de l'Intérieur, le 12 novembre, sur la pseudo- «Zad » du Chammet sur la commune de Faux-la-Montagne qui serait, selon lui, la base d'une centaine d'activistes d'ultra-gauche. Dans une pétition lancée quelques jours plus tôt il cumulait mensonges et amalgames pour faire croire que le vrai problème des Creusois résidait dans un site tranquillement habité par quelques personnes où des activités tout ce qu'il y a de plus pacifiques se déroulent depuis un peu plus de cinq ans... Devant de telles élucubrations la mairie de Faux-la-Montagne a du reste porté plainte1, pour « propos mensongers pouvant provoquer des troubles à l'ordre public ». Un comble pour le jeune loup ciottiste qui ne jure que par l'ordre !
Les réactions ne se sont heureusement pas fait attendre et même le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, lui a expliqué que ce qu'il décrivait n'était pas une Zad (il est vrai que le ministre est connaisseur puisqu'il est élu du département où se trouve Notre-Dame-des-Landes...). Nous en publions quelques-unes dont la lettre qu'un certain nombre de maires de Creuse, solidaires de la maire de Faux-la-Montagne, ont rendue publique début décembre.
1 On peut lire ici l'argumentation de la plainte déposée par la maire de Faux : https://urls.fr/9I1yxQ
Lire le dossier : Lenoir est le brun