Pragmatique, le Groupement forestier citoyen et écologique Tardes et Rozeille dont nous avions salué la naissance dans le n°89 d'IPNS, met en avant l'alternative que représente la sylviculture mélangée à couvert continu, dont la connaissance a été le point d'appui pour créer ce groupement.Jean-Jacques et Loïc, deux des cogérants du groupement nous expliquent : « Nous avons appris que nous pouvions produire le bois dont l'homme a réellement besoin tout en respectant l'écosystème forestier dans sa globalité, ce qui est fondamental pour nous. Mais cela n'est pas une évidence dans le contexte d'aujourd'hui car cette sylviculture n'est pas encore très développée en Limousin. Nous adoptons une approche globale de la forêt qui intègre ses dimensions écologique, économique et sociale. »
Le réseau Forêts limousines rassemble de nombreux collectifs qui œuvrent pour la forêt. Un coup d'œil sur leur carte prouve la vitalité des initiatives qui depuis une dizaine d'années se manifestent sur le territoire. Et encore elle ne les recense pas encore toutes !
Regroupant actuellement 24 associés (de nouvelles demandes sont en cours d'examen), le groupement forestier Tardes et Rozeille a été créé à l'automne 2024 sur un territoire allant de Felletin à Crocq et de Magnat-l'Etrange à Saint-Avit-de-Tardes en passant par Saint-Georges-Nigremont et Néoux. Il n'y a évidemment pas de frontières mais le territoire est limité par la nécessité de conserver des liens de proximité entre les membres et les lieux d'intervention. Les associés ont des profils très divers, qu'il s'agisse de l'âge ou de la situation sociale : des jeunes, des retraités, des agriculteurs, des enseignants, des artisans... Il s'agit d'une société civile. Ses membres sont des associés qui souscrivent des parts sociales et non des adhérents qui font des dons, comme dans une association. Le montant de la part sociale a été fixé à 100 euros, ce qui peut paraître modeste mais permet à des personnes sans gros moyens financiers de devenir associés et d'apporter leurs connaissances et leur énergie. Les parts peuvent être revendues, mais le groupement n'a pas vocation à favoriser les placements financiers.
Pour les votes en assemblée générale, les porteurs de 1 à 10 parts disposent d'une voix, de deux de 11 à 20, et de trois à partir de 21 parts. Par ailleurs, personne ne peut posséder plus de 15% du capital. Le groupement est administré par quatre cogérants bénévoles nommés par l'assemblée générale pour trois ans, chargés du fonctionnement quotidien. Ils sont aidés et conseillés par quatre commissions :- Patrimoine forestier : recherche de forêts, estimation de la valeur et de l'intérêt de la parcelle, projets à mettre en œuvre (prélèvement, libre évolution...).- Communication : Loïc et Jean-Jacques, nos interlocuteurs, en sont membres. Ils sont chargés de faire connaître le groupement et de gérer le site internet.- Administration et communication interne : la gestion d'un groupement est assez complexe. Elle nécessite diverses déclarations, la constitution d'archives et la supervision de la gestion.- Comptabilité et finances : chargée de tenir les comptes selon les règles précises imposées par le code du commerce, cette commission doit gérer les relations avec l'administration.Les associés ont la possibilité d'apporter en nature des terrains forestiers. Il faut passer par un notaire, le bien est estimé et rémunéré sous forme de parts. Cette procédure limite le droit de préférence des voisins. Il est également possible pour un associé de vendre une parcelle forestière au groupement. Dans les deux cas, cela permet de connaître rapidement la nature et l'histoire de la parcelle.
Le groupement entend travailler prioritairement avec des entreprises artisanales locales (techniciens forestiers, bûcherons, débardeurs, scieurs...) et prouvera son respect des travailleurs de la forêt en leur réservant une juste rémunération. Il s'oppose ainsi à l'exploitation industrielle de la forêt avec ses grosses machines qu'il faut rentabiliser et qui sont mal adaptées au relief et aux petites surfaces. Le groupement ne possède pas encore de forêt, mais cela va bientôt changer : un achat de parcelle forestière est en cours. Les recherches portent sur des parcelles qui ont un intérêt écologique par la nature de leur boisement, leur situation, la possible continuité avec les parcelles voisines.Le groupement forestier est aussi un lieu de discussion et de formation sur les questions liées à la forêt. Les membres s'enrichissent mutuellement en confrontant leurs connaissances diverses, en rendant compte des formations auxquelles ils ont participé. Ils alimentent leur bagage théorique et pratique par leurs contacts avec d'autres collectifs du même type comme « Nos bois pour demain » à Maisonnisses en Creuse ou « Avenir Forêt » en Corrèze. Parmi les nombreux autres groupes à vocation régionale ou nationale, le Réseau pour les alternatives forestières permet un contact entre les différentes initiatives locales et de recevoir des informations utiles.
- L'art de Pavel Macek qui propose un regard personnel sur les paysages du Plateau (avec une de ses gravures en poster au centre du journal !)- Un long entretien avec la géographe Nassima Hakimi qui a observé les "initiatives disruptives" sur la Montagne limousine- Les résultats d'une enquête sur les jeunes volontaires en service civique qui travaillent dans nos associations- Les bonnes raisons de refuser une légion d'honneur... Antoine Gatet explique son geste.- Les 10 ans d'une revue naturaliste limousine : La Cardère- Une enquête sur un projet d'art contemporain à Cheissoux où il est question d'intelligence artificielle et de subventions réelles- Il y a 70 ans : la mutinerie populaire de La Villedieu- La découverte d'un petit animal bien de chez nous : le loir grisOn croisera également dans ce numéro Jan dau Melhau, une coupe rase évitée, des opposants à la mise en 2x2 voies de la N147 près de Limoges, les Iraniens révoltés, une délégation ukrainienne en visite sur le Plateau, une bibliothèque itinérante, et quelques notes de lectures instructives !Mais s'invite aussi l'actualité avec le retour du projet de porcherie industrielle au Villard, sur la commune de Royère de Vassivière ! On en parle rapidement dans ce numéro, mais pour en savoir plus et suivre l'actualité de ce projet c'est ici : https://nonalaporcheriedulac.substack.com/
Coupes de subventions, ça continue... Pas d'aide à la presse pour IPNSLe « procès de Limoges » sera celui des technologies du numériqueMunicipales : comment passe-t-on du nombre de voix au nombre de sièges ?La démocratie directe pas vraiment prévue par la loiRéagir face aux attaques contre les associationsLe droit de mourir - « Réenchanter la mort » et « se réapproprier les pratiques funéraires », tels sont les objectifs de la SamaïnLe Loup de la discorde. Quelle place pour l’homme et le loup en Montagne limousine ? Le loup en question et la réponse de l’historien, Jean-Marc MoriceauQui va à la chasse, une nouvelle revue nommée « Qui va à la chasse...quand des non-chasseuses amatrices de sciences sociales cherchent à lever des lièvres ». Jean-Claude Champeau, du braconnier au photographe et auteur naturaliste4 communes du Plateau solidaires d’une commune ukainienneLectures, La Creuse, terre de granite et de mystères géologiques, Les Eaux de Mars, Facto, un nouveau média en Limousin et Faire face au fameux « on est chez nous « Au château de Toulondit d’Eymoutiers, la solidarité se joue à tableLa Garance voyageuse, revue entièrement consacrée au monde végétal, de la Corrèze à la LozèreLa chronique d’exils et la chronique internationale : La Gen Z 212 contre le gouvernement de la coupe du monde
Brève n°92 - 09/2025À Royère-de-Vassivière, on lutte contre le racismeUn Collectif anti-fasciste en CreuseQuand l'État bloque l'Emmaüs de la Montagne limousineLe veau limousin dans la démesureFeux d’artificeFLM, un regard photographique sur le ruralUne naissance d'exception sur le plateau de Millevaches20 ans d’un atterrissage collectif dans la ferme du Goutailloux, 20 ans de quoi, 20 ans pourquoi ?Bartolomé Lenoir salit Simone Weil à titre posthumeReliefs, un organisme de formation territorialNaissance du réseau Limousin, Accueil ExilésDeux siècles d'histoire scolaire dans une commune du PlateauMai 68-Mai 81 : Quand le Limousin s’inventait un avenirInvendable n°3 : Merde in FranceCeux qui reviennentBriser la glace aux États-UnisLe blaireau de bibliothèque : La forêt en rayon
La Creuse a depuis juillet 2024 un député d'extrême-droite dont le parcours montre une cohérence politique clairement marquée vers le brun... C'est ce que montre le portrait de Bartolomé Lenoir que nous publions ici. Mais, au-delà du bonhomme, c'est la politique qu'il défend qui, contrairement à ce qu'il tente de faire croire, représente un véritable danger pour le département avec un programme social et économique qu'on peut qualifier de carrément « anti-Creuse ».
Pour dissimuler la catastrophe que serait pour le département l'application du programme de son parti, l'Union des droites pour la République (UDR) d'Éric Ciotti, Bartolomé Lenoir utilise un subterfuge dont usent tous les extrémistes de droite : lancer des fake news et attiser la peur. Vendredi 18 octobre 2024, sur France 3, il annonçait « une initiative forte contre l'extrême gauche en Creuse » affirmant qu’il y avait « dans le sud du département des comportements tout à fait inacceptables. » « Je ne veux pas que la Creuse devienne une ZAD » disait-il, au même niveau intellectuel que Trump et ses immigrés qui « mangent des chats. » Lui-même riche angevin, très parisien et peu creusois, Lenoir sortait « je ne veux pas que des gens qui ne sont pas creusois nous imposent leur culture ». Et de questionner le ministre de l'Intérieur, le 12 novembre, sur la pseudo- «Zad » du Chammet sur la commune de Faux-la-Montagne qui serait, selon lui, la base d'une centaine d'activistes d'ultra-gauche. Dans une pétition lancée quelques jours plus tôt il cumulait mensonges et amalgames pour faire croire que le vrai problème des Creusois résidait dans un site tranquillement habité par quelques personnes où des activités tout ce qu'il y a de plus pacifiques se déroulent depuis un peu plus de cinq ans... Devant de telles élucubrations la mairie de Faux-la-Montagne a du reste porté plainte1, pour « propos mensongers pouvant provoquer des troubles à l'ordre public ». Un comble pour le jeune loup ciottiste qui ne jure que par l'ordre !
Les réactions ne se sont heureusement pas fait attendre et même le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, lui a expliqué que ce qu'il décrivait n'était pas une Zad (il est vrai que le ministre est connaisseur puisqu'il est élu du département où se trouve Notre-Dame-des-Landes...). Nous en publions quelques-unes dont la lettre qu'un certain nombre de maires de Creuse, solidaires de la maire de Faux-la-Montagne, ont rendue publique début décembre.
1 On peut lire ici l'argumentation de la plainte déposée par la maire de Faux : https://urls.fr/9I1yxQ
Lire le dossier : Lenoir est le brun