Le loir gris, avec une longueur allant de 13 à 19 cm (tête et corps) et un poids variant entre 70 et 185 grammes est le plus grand des Gliridés européens. Sa longévité peut atteindre 9 ans mais les adultes à l’état sauvage dépassent rarement les 3 ans. Son pelage dense est de couleur gris argenté à gris-brun sur la face supérieure et les flancs, et blanc sur le ventre. Sa queue touffue, uniformément grise, peut atteindre 15 cm de long. Sa tête arbore un mince liseré noir autour de ses yeux globuleux et ses petites oreilles rondes dépassent nettement de sa fourrure.
Le loir gris se retrouve préférentiellement dans les forêts de feuillus, principalement de chênes et de hêtres, et surtout en lisière. Il peut aussi être présent en bocage, dans les parcs et les vergers s’il trouve de la nourriture et des abris en quantité suffisante. Il se réfugie dans les habitations pour hiberner, mais peut également les coloniser en période estivale. Il peut être retrouvé jusqu’à 2 000 m d’altitude. C’est une espèce arboricole qui ne quitte le couvert des arbres que très rarement.Il est sédentaire et se déplace très peu. Il est strictement nocturne et quitte son abri au crépuscule. Le maximum d’activité se déroule pendant les premières heures de la nuit. Pendant cette période, il reste à proximité de son domaine vital.Très social, il vit en petites unités familiales constituées du mâle polygame avec une ou plusieurs femelles et les petits de l’année. La densité varie entre 1 et 5 individus par hectare.
Ses aliments préférés sont les graines et les fruits secs. D'autres fruits figurent au menu lorsque l'occasion se présente : pommes, prunes, mûres, mirabelles, myrtilles, figues, poires. Il aime aussi les bourgeons et les fleurs, mange également des champignons et écorce volontiers les jeunes pousses. Il ne dédaigne pas les insectes, les crustacés (cloportes) ou certains mollusques et se repaît occasionnellement de petits vertébrés, notamment des jeunes oiseaux qu'il trouve au nid. En automne, les loirs engraissent énormément et stockent un peu de nourriture, constituant ainsi de bonnes réserves énergétiques qui leur permettent d'affronter la longue période d'hibernation.
Selon les conditions climatiques, la sortie d’hibernation intervient en mars ou avril. Cette longue période d'hibernation, généralement d'octobre à avril, est à l'origine de l'expression populaire « dormir comme un loir ». La période de reproduction suit en avril-mai. Le loir construit un nid à 5-6 mètres de hauteur, de construction ovoïde d'une bonne quinzaine de centimètres de diamètre fait de brindilles, mousses, feuilles, herbes sèches avec ouverture latérale. L'intérieur est tapissé de matériel doux : laine, poils, plumes, herbes. Le nid est souvent construit dans un creux d’arbres, une fissure de rocher, un vieux mur, un vieux nid de pie ou d'écureuil ou encore peut se trouver librement dans les branches, à moyenne hauteur. Un même nid peut abriter plusieurs individus. Les nichoirs à petits passereaux ne lui conviennent pas : le diamètre du trou de vol est insuffisant. Les nids d'hibernation sont établis dans le sol, à des profondeurs allant de 15 à 60 cm. Après une trentaine de jours de gestation, la femelle met bas 3, et jusqu'à 7, jeunes nus et aveugles. Il n’y a qu’une seule portée par an, rarement deux. En Limousin, ses principaux prédateurs sont les mammifères carnivores tels que les martres, fouines et renards. Il est capable de faire de l’autotomie caudale1 pour leur échapper.
Le loir est essentiellement nocturne, il s'éveille après la tombée de la nuit pour partir en quête de nourriture. Il se déplace rarement sur le sol, les coussinets de ses pattes sécrétant une substance collante qui lui permet de se déplacer sur des surfaces verticales sans aucune difficulté. Ses moustaches, les vibrisses, l'aident dans ses déplacements nocturnes en lui permettant de détecter d'éventuels obstacles. Il vit en couple ou en petits groupes familiaux sédentaires sur un territoire d'environ 3 à 4 hectares, ce qui, pour un rongeur, est assez considérable. Les populations comprennent environ la moitié d'animaux de moins d'un an, 30 % d'individus ayant de 1 à 2 ans, 15 % de 2 à 3 ans et 5 % au-delà.Le loir adulte utilise trois moyens de communication orale. Il impressionne les autres loirs et les prédateurs en claquant rapidement des dents. Il émet également des brefs sifflements aigus et des cris très perçants et aigus de plusieurs secondes qui servent de cri d'alerte. Ce sont des animaux très faciles à apprivoiser.
En Europe, son aire de répartition s’étend du nord de l’Espagne au sud-ouest du Turkménistan. Elle comprend de nombreuses îles méditerranéennes. Cette répartition coïncide principalement avec la couverture forestière décidue2 d’Europe et des régions adjacentes du Proche-Orient. De plus, l’espèce est également présente en Angleterre où elle a été introduite. Le loir est absent du Danemark ainsi que des grandes plaines d’Allemagne du Nord. Globalement, sa répartition est continue dans l’ouest, le centre et l’est de l’Europe mais elle apparaît en mosaïque dans les régions touchées par la déforestation d’Europe centrale, ainsi que dans la zone de steppe forestière de la Moldavie, d’Ukraine et de Russie.En France, il occupe la majeure partie du territoire. Cependant, il semble plus rare au nord-ouest du territoire, en bordure atlantique. Il est également présent en Corse. En Nouvelle-Aquitaine, il semble peu présent sur le Bassin aquitain. Il est en revanche bien présent sur le reste du territoire et notamment dans les Pyrénées. En Limousin, le loir est présent dans l’ensemble des départements mais semble moins présent dans le nord de la Corrèze et de la Haute-Vienne ainsi que dans l’est et le sud de la Creuse.
Le loir traverse difficilement les espaces ouverts, il se déplace quasiment toujours entre 3 et 5 m au-dessus du sol et se montre ainsi réticent à y descendre. Ce comportement le rend particulièrement sensible à la fragmentation de ses habitats et au réseau routier de plus en plus dense en Limousin. Il est également menacé par la disparition de son habitat naturel, notamment par les coupes rases des forêts de feuillus qui sont remplacées par des forêts de conifères alors qu’elles ne répondent pas à ses exigences écologiques.Le loir, en occupant les habitations et bâtiments, s’expose également à des persécutions humaines, notamment par des pièges et rodenticides3. Les chats domestiques sont aussi de redoutables prédateurs de ce petit mammifère.
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