La dissolution surprise de l’Assemblée nationale à l’été 2024 et le risque de victoire du RN avaient suscité une large mobilisation populaire, tout particulièrement sur la Montagne limousine avec des assemblées générales (AG) de plusieurs dizaines d’habitantes et d’habitants qui n’ont pas, malheureusement, empêché la victoire de Bartolomé Lenoir élu député de la Creuse. Ce dernier en trahissant avec Ciotti « Les Républicains », son parti, s'est fait élire avec l’aide du Rassemblement national.Durant l’automne les AG se sont poursuivies avec l’idée qu’il fallait rester mobilisés contre l’extrême-droite. Mais les différentes approches des uns et des autres ont fini par épuiser la mécanique locale.Au même moment, l’annonce d’une réunion publique autour de « Némésis » dans le nord du département allait provoquer un sursaut de mobilisation. « Némésis » est un faux nez de l’extrême-droite. Elle prétend être une association féministe mais son but réel est de semer le trouble dans les manifestations féministes et de propager une haine des musulmans supposés tous polygames et violeurs. À l’appel des associations, syndicats et organisations politiques creusoises, une centaine de personnes se sont donc retrouvées à St-Laurent pour trouver la salle vide ! Le RN avait finalement annulé la rencontre. Ce soir-là tout le monde se promettait de poursuivre la mobilisation unitaire.
Et puis les mois filent vite ! Chaque organisation retourne à ses activités. Les provocations de Lenoir à l’Assemblée nationale, la soi-disant ZAD du Chammet qui risquait de transformer toute la Creuse en un territoire peuplé d’éco-terroristes, relancent la nécessité de s’organiser de façon pérenne face aux différentes menaces que l’extrême-droite fait peser. L’Union départementale CGT prend alors l’initiative au printemps d’une réunion unitaire qui lance le Collectif antifa 23, ouvert aux organisations et aux individus. Un manifeste est travaillé (voir encadré) ainsi qu’un règlement intérieur afin que toutes les composantes se sentent à l’aise et en confiance. La volonté de rassembler le plus largement guide les pratiques ce qui permet à des associations comme la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) ou le Théâtre d’or, aux syndicats CGT, FSU et Solidaires, mais aussi aux organisations politiques dans un arc qui va de l’Union communiste libertaire jusqu’au PRG, de travailler ensemble dans le respect des différences.Du matériel commence à sortir : tract pour la manif du 1er mai, présence à un contre-rassemblement le 5 juillet lors de la venue de Chenu, vice-président du RN, descendu de Paris pour adouber Lenoir, autocollants et drapeaux, listes mails et fil « signal » avec un partage du suivi des différentes extrêmes-droites sur les réseaux sociaux et les collages. La chasse raciste de Royère (voir page 3 dans ce numéro) vient hélas, à l’heure où je termine cet article, démontrer la nécessité d’une organisation sérieuse, coordonnée et pérenne pour contrer les propos des officiels comme ce genre d’agression que les propos de Lenoir ne peuvent qu’alimenter.
- L'art de Pavel Macek qui propose un regard personnel sur les paysages du Plateau (avec une de ses gravures en poster au centre du journal !)- Un long entretien avec la géographe Nassima Hakimi qui a observé les "initiatives disruptives" sur la Montagne limousine- Les résultats d'une enquête sur les jeunes volontaires en service civique qui travaillent dans nos associations- Les bonnes raisons de refuser une légion d'honneur... Antoine Gatet explique son geste.- Les 10 ans d'une revue naturaliste limousine : La Cardère- Une enquête sur un projet d'art contemporain à Cheissoux où il est question d'intelligence artificielle et de subventions réelles- Il y a 70 ans : la mutinerie populaire de La Villedieu- La découverte d'un petit animal bien de chez nous : le loir grisOn croisera également dans ce numéro Jan dau Melhau, une coupe rase évitée, des opposants à la mise en 2x2 voies de la N147 près de Limoges, les Iraniens révoltés, une délégation ukrainienne en visite sur le Plateau, une bibliothèque itinérante, et quelques notes de lectures instructives !Mais s'invite aussi l'actualité avec le retour du projet de porcherie industrielle au Villard, sur la commune de Royère de Vassivière ! On en parle rapidement dans ce numéro, mais pour en savoir plus et suivre l'actualité de ce projet c'est ici : https://nonalaporcheriedulac.substack.com/
Coupes de subventions, ça continue... Pas d'aide à la presse pour IPNSLe « procès de Limoges » sera celui des technologies du numériqueMunicipales : comment passe-t-on du nombre de voix au nombre de sièges ?La démocratie directe pas vraiment prévue par la loiRéagir face aux attaques contre les associationsLe droit de mourir - « Réenchanter la mort » et « se réapproprier les pratiques funéraires », tels sont les objectifs de la SamaïnLe Loup de la discorde. Quelle place pour l’homme et le loup en Montagne limousine ? Le loup en question et la réponse de l’historien, Jean-Marc MoriceauQui va à la chasse, une nouvelle revue nommée « Qui va à la chasse...quand des non-chasseuses amatrices de sciences sociales cherchent à lever des lièvres ». Jean-Claude Champeau, du braconnier au photographe et auteur naturaliste4 communes du Plateau solidaires d’une commune ukainienneLectures, La Creuse, terre de granite et de mystères géologiques, Les Eaux de Mars, Facto, un nouveau média en Limousin et Faire face au fameux « on est chez nous « Au château de Toulondit d’Eymoutiers, la solidarité se joue à tableLa Garance voyageuse, revue entièrement consacrée au monde végétal, de la Corrèze à la LozèreLa chronique d’exils et la chronique internationale : La Gen Z 212 contre le gouvernement de la coupe du monde
Un regard photographique sur la jeunesse C'est ce que nous propose en une puis sur 4 pages Zia Perthuisot, jeune photographe qui a grandi dans le coin et qui au cours des années passées a photographié ses copains et copines. Un regard sur le rural bien loin des clichés qui sont souvent véhiculés dans la presse...On trouve aussi dans ce numéro un long compte-rendu des évènements qui se sont déroulés à Royère de Vassivière dans la nuit du 15 août dernier (une agression raciste) et dans les jours suivants (la saine réaction d'une grande partie de la population locale, qui montre que face à de tels comportements, la réprobation est majoritaire).Egalement au sommaire :- Comment le projet d'Emmaüs de la Montagne limousine est actuellement bloqué ... par l'Etat- Un retour (critique) sur l'histoire de la "ferme des Mille veaux" à Saint-Martial le Vieux (23)- La création d'un Collectif antifasciste en Creuse- La naissance de jeunes louveteaux sur le Plateau : une première assez extraordinaire !- Un coup d'oeil rétrospectif sur les 20 ans de la ferme du Goutailloux à Tarnac. Loin de "l'affaire", près du pays...- La présentation de Reliefs, le nouvel organisme de formation au service des habitants et habitantes du plateau de Millevaches- La naissance du réseau Limousin Accueil Exilés- Deux siècles d'histoire scolaire dans une commune de la Montagne limousine (Faux la Montagne)- Une démystification des feux d'artifice : oui c'est beau, mais... c'est polluant !- La présentation de quelques livresEt un tour, via nos chroniques, du côté des Etats-Unis d'Amérique qui résistent à Trump, et, plus près de nous, dans la bibliothèque du lycée forestier de Meymac.
Brève n°91 - 06/2025Face à la pénurieChroniques creusoisesEntraves aux libertésDomestiquer un tissu associatif en domestiquant l’État territorial en Limousin ?Paroles de paysanne « Notre système pastoral est très intéressant d’un point de vue écologique »Champs de bataille, « une division des terres et des êtres »Une coupe rase arrêtée : des espèces protégéesUn nouveau groupement forestier sur le sud de la CreuseNouvelle loi électorale : alignement républicain ou recul de la démocratie de proximité ?Prendre le pouvoir pour le partagerContribuer à rendre la politique aux citoyensLa riche imposture des supérettes automatiques APIMi-algue, mi-champignon, mais que sont donc les lichens ?Eymoutiers 1794 : Quand l’église devint dépôt de salpêtreDe quoi lire …Le blaireau de bibliothèque : La médiathèque de Royère-de-VassivièreEntendez-vous parler du Soudan ?Chroniques d'exils : Histoire d’OQTF (1), d’assignation à résidence et de mobilisations
La Creuse a depuis juillet 2024 un député d'extrême-droite dont le parcours montre une cohérence politique clairement marquée vers le brun... C'est ce que montre le portrait de Bartolomé Lenoir que nous publions ici. Mais, au-delà du bonhomme, c'est la politique qu'il défend qui, contrairement à ce qu'il tente de faire croire, représente un véritable danger pour le département avec un programme social et économique qu'on peut qualifier de carrément « anti-Creuse ».
Pour dissimuler la catastrophe que serait pour le département l'application du programme de son parti, l'Union des droites pour la République (UDR) d'Éric Ciotti, Bartolomé Lenoir utilise un subterfuge dont usent tous les extrémistes de droite : lancer des fake news et attiser la peur. Vendredi 18 octobre 2024, sur France 3, il annonçait « une initiative forte contre l'extrême gauche en Creuse » affirmant qu’il y avait « dans le sud du département des comportements tout à fait inacceptables. » « Je ne veux pas que la Creuse devienne une ZAD » disait-il, au même niveau intellectuel que Trump et ses immigrés qui « mangent des chats. » Lui-même riche angevin, très parisien et peu creusois, Lenoir sortait « je ne veux pas que des gens qui ne sont pas creusois nous imposent leur culture ». Et de questionner le ministre de l'Intérieur, le 12 novembre, sur la pseudo- «Zad » du Chammet sur la commune de Faux-la-Montagne qui serait, selon lui, la base d'une centaine d'activistes d'ultra-gauche. Dans une pétition lancée quelques jours plus tôt il cumulait mensonges et amalgames pour faire croire que le vrai problème des Creusois résidait dans un site tranquillement habité par quelques personnes où des activités tout ce qu'il y a de plus pacifiques se déroulent depuis un peu plus de cinq ans... Devant de telles élucubrations la mairie de Faux-la-Montagne a du reste porté plainte1, pour « propos mensongers pouvant provoquer des troubles à l'ordre public ». Un comble pour le jeune loup ciottiste qui ne jure que par l'ordre !
Les réactions ne se sont heureusement pas fait attendre et même le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, lui a expliqué que ce qu'il décrivait n'était pas une Zad (il est vrai que le ministre est connaisseur puisqu'il est élu du département où se trouve Notre-Dame-des-Landes...). Nous en publions quelques-unes dont la lettre qu'un certain nombre de maires de Creuse, solidaires de la maire de Faux-la-Montagne, ont rendue publique début décembre.
1 On peut lire ici l'argumentation de la plainte déposée par la maire de Faux : https://urls.fr/9I1yxQ
Lire le dossier : Lenoir est le brun
Si vous êtes un homme peu porté sur le développement personnel, il y a peu de chance qu’on vous ait proposé d’intégrer un mandala d’abondance. Mais si vous êtes une femme sensible à la spiritualité et aux médecines non conventionnelles, vous avez probablement déjà été approchée par une amie pour intégrer l’un de ces groupes. Tantôt appelés Tisseuses de rêves, Alchimistes ou encore Jacateque, ils se présentent comme des cercles de dons, permettant à leurs membres de réunir l’argent nécessaire pour « réaliser leur rêve ». Tentant ?